Pierre Veltz La France dans le monde qui vient. La grande transition 2008 (extraits)

Pierre Veltz, quoique ingénieur de formation est actuellement chercheur en sciences sociales. Ses thèmes de prédilection sont les mutations industrielles et la géographie économique ou la part joué par le territoire dans les évolutions économiques. Il enseigne actuellement à Sciences-Po et est membre du conseil d’administration de l’ENS.

Il a la particularité d’aller à l’encontre des opinions habituelles, notamment sur le sujet des délocalisations et de ce qu’il appelle « l’hyperindustrialisation ». Selon lui, en effet, la France, loin d’être une société postindustrielle, est entrée dans une société postnationale, une société « hyperindustrielle » dans laquelle secteur tertiaire et industrie s’épaulent se complètent et se renforcent mutuellement. Dans son livre La grande transition paru en 2008, il analyse la place que la France est en passe d’acquérir dans le monde qui vient et propose des solutions aux problèmes qu’elle rencontre dans sa confrontation avec la mondialisation, solutions s’appuyant en partie sur de nouveaux rapports entretenus avec le territoire. Ce faisant, il se prononce pour une revalorisation des territoires comme lieux de la productivité et de la tradition, proposant notamment une solidarité plus grande entre diverses régions soumises à une métropole.

Dans son livre, Pierre Veltz annonce qu’il ne s’agit pas tant pour lui de considérer les retombées géographiques et territoriales des mutations affectant la France que de déterminer en quoi le territoire a sa part dans ces mêmes mutations des données économiques, sociales et culturelles. Il fait ainsi la distinction entre territoire participant de la mondialisation et territoires plus renfermés sur eux mêmes, territoires productifs, s’adonnant souvent à la haute technologie, et territoires en déclin, affectés par des délocalisations et n’ayant pas l’énergie et les moyens nécessaires pour faire face à ces évènements. Le territoire apparait aussi dans les données économiques et sociales puisqu’avec leur plus ou moins grande mobilité, certaines personnes capables de se déplacer seront plus avantagées par rapport à d’autres plus statiques. La capacité à gérer de façon personnelle le territoire va ainsi les aider dans leur recherche d’un travail mais également va modifier sensiblement la perception que les autres auront de leur statut social. Pierre Veltz distingue 3 axes majeurs dans les mutations en cours affectant la France:

-les mutations technologiques n’affectant pas encore de manière significative le territoire

-les mutations de l’espace économique avec le processus de mondialisation rendant les divers territoires interdépendants en même temps que singulièrement isolés pour affronter une crise. La dépendance des territoires vis à vis d’une multitude de données et autres territoires rend très difficile de prévoir les retombées locales de telle décision, événement ou crise et d’adopter l’attitude la plus propice en conséquence pour échapper ou même tout simplement réagir aux crises.

-enfin les mutations des modes de vie, voyant apparaitre concepts d’individualisation et de mobilité, destituant ainsi en apparence le territoire de son ancien rôle fédérateur et générateur de solidarités.

Ces trois types de mutations affectent le territoire en le fragmentant et renforçant l’incertitude quant à son avenir. Le territoire semble perdre la confiance des habitants, car trop soumis à diverses fluctuations, accueillant trop de personnes venus pour quelques années qui vont s’empresser de repartir, déstabilisant ainsi les populations locales pour lesquelles le territoire ne sera plus symbole de tradition, d’appartenance à une même communauté. Cependant contre toute attente, le territoire, malgré la mondialisation, continue d’être synonyme pour la plupart, de stabilité et union institutionnelle et culturelle.

L’idée de Pierre Veltz est que mondialisation et territoire peuvent agir ensemble pour valoriser une France en passe d’être dépassée parce que pas assez compétitive et attractive. Les stratégies locales seraient en partie la réponse aux problèmes causés par la mondialisation et à la perte de vitesse de la France.

Pour cela, il faudrait développer des plans communs entre régions, renforçant leur solidarité et surtout mieux fédérer territoire et métropoles auxquelles les régions se doivent d’être soumises. L’ « économie d’archipel » doit être relayée par un territoire jouant sur ses atouts pour attirer des flux nationaux ou internationaux, territoires venant étayer ces landes de terre relaient les archipels les uns aux autres.

Cependant ces solutions, sans doute d’actualité lors de la parution du livre en mars 2008, sont peut être quelque peu dépassées dans un contexte de crise. Les territoires ne devraient en effet pas trop compter sur une aide de l’état actuellement pour se redéfinir de manière a pouvoir soutenir efficacement la France dans la course mondiale au profit, les capitaux étant réservés à bloquer la crise. Les capitaux nationaux représentent en effet une bonne part des flux que Pierre Veltz appelle de ses vœux. D’un autre côté, avec la crise actuelle, les mauvais effets de la mondialisation, désormais économiques et non plus seulement culturels, politiques, diplomatiques ou identitaires, étant ressentis par la quasi totalité des français, devraient amener les états à s’interroger sur leur rôle face à la mondialisation et pourrait peut être conduire à la redéfinition du rôle des régions comme lieux fédérateurs et productifs.

Jeanne Balédent

Un compte-rendu du livre sur le site Les Clionautes

Le site de Pierre Veltz

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PREMIER SEMESTRE

 

 

2 septembre

 

1

9 septembre

 

2

16 septembre

 

POPULATION, RESEAUX ET MOBILITES

3

23 septembre

J. Lévy. La carte, enjeu contemporain. La Documentation Photographique, N°8036. 2003. 16 pages.

http://sciences-po.macrocosme.net/lectures/LevyCarteEnjeu.pdf

 

4

30 septembre

Populations et Sociétés, N°408, janvier 2005. 4 pages.

Populations et Sociétés, N°443, mars 2008. 4 pages.

fichier disponible en pdf sur le site de l’INED

 

5

7 octobre

Raffaele Poli. Migrations de footballeurs et mondialisation : du système-monde aux réseaux sociaux. Mappemonde, N°88. Avril 2007. 12 pages.

http://mappemonde.mgm.fr/num16/articles/art07401.html

 

6

14 octobre

Olivier Dollfus, « Le Monde en ses réseaux« , in R. Brunet (dir.), Géographie Universelle, t.1, « Mondes Nouveaux », Paris, Hachette/Reclus, 1990, p. 402-415.

 

7

21 octobre

 

 

 

28 octobre

 

 

4 novembre

 

 

11 novembre

 

8

18 novembre

 

 

9

25 novembre

Armand Frémont. Aimez-vous la géographie ? Flammarion, 2001. p 77 à 90. Ouvrage disponible au CDI du lycée

 

10

2 décembre

Olivier Dollfus, « Le monde dans ses lieux », in La mondialisation, Paris, PFNSP, 1997, p. 21-36.

 

11

9 décembre

http://www.mgm.fr/PUB/Mappemonde/Mappe489R.html

Sylvie ADAM, Yves GUERMOND. Des hexagones dans l’Hexagone. 4 pages. Mappemonde, 1989.

Marie-Claire ROBIC. Sur les formes de l’Hexagone. 6 pages. Mappemonde, 1989.

 

12

16 décembre

 

 

23 décembre

 

 

30 décembre

 

13

6 janvier

 

 

14

13 janvier

Guy Di Méo. Les métropoles des pays développés, in Bailly, Ferras, Pumain. Encyclopédie de la géographie, 1992. P 697-712.

 

15

20 janvier

Pierre Veltz. La grande transition. La France dans le monde qui vient. Seuil, 2008. Page 12 à 22.

 

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