A la suite du sujet sur lequel vous avez réfléchi mardi dernier, je vous soumet ici le travail réalisé par Charlotte, HK / BL. Son plan détaillé n’est pas parfait mais elle a le mérite d’avoir parfaitement compris l’enjeu du sujet.

Je vous invite, par ailleurs, à demander à Augustin B. ou à Aurélia P leur copie. Ils proposent un traitement du sujet sensiblement différent mais intéressant aussi dans leurs approches. Ce qui compte dans une copie (y compris un plan détaillé comme ici) c’est de bien définir les termes du sujet afin de bien cerner les limites du sujet et ses enjeux. Ensuite, il faut utiliser un maximun de vocabulaire et de concepts géographiques mais sans cette étape intermédiaire, cela ne sert à rien.

Vous pouvez, avec profit, lire la réflexion de 2 élèves de l’ENS LSH sur le sujet.

Avec les deux révolutions industrielles et l’exode rural qu’elles ont provoqué, l’espace urbain en France s’est transformé et la ville a gagné en importance, au détriment des campagnes. Ainsi les deux espaces semblent interagir selon un système de vases communicants ; l’espace urbain puisant voire absorbant l’influence du rural par la polarisation.

Ces interactions entre ville et campagne nous empêchent de considérer les deux espaces comme absolument distincts, séparés l’un de l’autre.

Pourtant, les deux réalités existent bien et se définissent même en opposition de l’une par rapport à l’autre. La question de la pertinence de la dichotomie ville-campagne est donc légitime.

Comment penser l’espace français dans les rapports qui unissent l’urbain et le rural, la ville et la campagne ?

Pour mieux comprendre ces rapports, il convient d’abord de définir les deux espaces et d’étudier leurs liens avant de voir se dessiner une conception de l’espace français dans leur mise en relation par la notion de polarité qui nous permet d’articuler réseau et aire d’influence urbaine.

•I.                    L’impossibilité de définir la campagne de façon positive sans recourir à la notion de ville fait surgir l’ambigüité des rapports entre espace urbain et espace rural : notions à la fois distinctes et interdépendantes.

 

1. Comment définir la campagne de façon affirmative?

 

  • Agence immobilière: «calme, tranquillité, silence, nature». Mais, «à proximité de gares, routes, etc…» (accès voies de communication: AXE) àà proximité de la ville.

La campagne serait un espace séparé de la ville mais connecté à la ville via les axes de communications. Les éléments d’une définition encore vague qui met déjà au jour la difficulté de définir précisément et de façon positive l’espace rural, difficulté aussi de le définir par lui-même sans avoir recours à la notion de ville.

  • La campagne semble avant tout se définir par opposition de la ville (de façon négative). Il faut donc, pour mieux rendre compte de ce que recouvre le terme «campagne», définir la ville

 

2. Une première définition de la ville

 

  • La ville comme ce qui rassemble la population. Critère démographique – objectif: 2000 personnes ou en terme de densité. Anciens critères de définition de la ville et campagne: peu d’habitants.
  • Mais alors comment considérer le cas des cités dortoirs? rendu possible par cet accès au réseau de communication, créé par le phénomène des mobilités: déplacements pendulaires.
  • Il faut donner une autre définition de la ville plus pertinente.

 

•II.                  Une définition plus poussée de la ville fait apparaître l’existence d’espaces intermédiaires qui viennent nuancer la dichotomie ville – campagne

 

1. La difficulté de définir la ville rend nécessaire l’établissement d’une typologie des espaces incluant espaces intermédiaires entre ville et campagne

 

  • Définition de la ville:

– Le critère démographique demeure

– Mais la ville, c’est un mode de vie rendu possible par la concentration

o Des emplois, des activités professionnelles, socio-culturelles

o Des pouvoirs (politiques, économiques, administratifs… à pouvoir de décision)

o Des services nombreux et de qualité (santé, éducation, loisirs)

Une définition de la ville par son dynamisme et son attractivité (aire d’influence)

Cette attractivité crée un phénomène de polarisation des espaces périphériques. à où s’arrête la ville ? difficulté de répondre à cette question qui tient à la difficulté de définir la ville de façon précise, selon des critères objectifs. Il faut alors considérer l’espace selon une typologie hiérarchisée.

 

  • 2. Une typologie de l’espace qui nuance la dichotomie ville – campagne
La ville :
  • – ville de rang 1,
  • – ville de rang 2,
  • – ville de rang 3

 

CENTRE URBAIN
Sa banlieue
  • – espace périurbain
  • – couronne urbaine
PERIPHERIES
La campagne
  • – couronne urbaine
  • – espace déconnecté du réseau à l’écart (effet tunnel) pas d’existence de liens, d’accès aux axes
PERIPHERIES  MARGES

 

Apparition d’espaces intermédiaires entre villes et campagne qui se constituent comme lien entre rural et urbain : hors du pôle urbain (métropole) à proprement parlé, mais relié à lui par des axes, connexion au réseau et donc au mode de vie urbain.

Fin de la typologie de l’espace français selon la dichotomie ville – campagne mais vision tripartite : centre, périphérie et marges

•III.                Une conception de l’espace français qui opère la synthèse entre espaces rural et urbain : réalités bien distinctes mais non disjointes

  • 1. Toile, maillage avec toutes les composantes du réseau:
  • – Pôle: la ville, le centre urbain polarisant
  • – Axes: routes, chemin de fer, transports, communication
  • – Flux: échange, commerce entre deux villes – circulation en tout genre (hommes, marchandises)

 

  • 2. Densification du réseau autour de la grande ville (principal pôle) et éclaircissement du maillage lorsque l’on s’éloigne.

 

  • 3. Logique tentaculaire de densification et d’expansion du réseau suivant la polarisation

En France, Paris métropole nationale. Macrocéphalie du réseau urbain.

Conclusion :

La dichotomie ville – campagne, même si elle n’a pas perdu toute sa pertinence doit être nuancée et affinée par une analyse plus poussée de l’espace français : typologie hiérarchisée faisant apparaître des espaces intermédiaires s’intégrant au réseau urbain.

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