Populations et Sociétés, N°408, janvier 2005. 4 pages.

Populations et Sociétés, N°443, mars 2008. 4 pages.

 

 

Les deux articles publiés dans Population et Sociétés  posent la question de l’évolution de la population mondiale, tant au niveau de ses mœurs que de sa démographie.

Le premier article publié en janvier 2005 évoque les scénarios de croissance de la population envisagé par les chercheurs de l’ONU, alors que l’article publié en mars 2008 s’attarde plus sur l’évolution des comportements relatifs aux naissances, aux unions civiles (pacs ou mariage) et enfin à l’allongement de la durée de vie en France.

François Héran est démographe. Normalien, agrégé de philosophie, il dirige actuellement l’Institut national d’études démographiques (INED).

Gilles Piron est également chercheur de l’INED.

Tous deux ont réagi aux différents faits d’actualité démographiques que furent les publications en 2005,  et en 2008 des dernières statistiques démographiques.

Dans son article François Héran, retrace et explique les prévisions d’évolution de la population mondiale faites par les chercheurs de l’ONU. Il met en exergue la difficulté que représente la projection à long terme dans ce domaine qui dépend de beaucoup trop de facteurs politiques, sociaux, économiques mais aussi climatiques malheureusement imprévisibles. Ainsi l’ensemble des chiffres avancés peut instantanément être ébranlé  par l’ensemble des facteurs énumérés ci-dessus.

Trois grands scénarios se dessinent dans la première partie.

– Soit le taux de fécondité par femme ne baisse pas après 2075 et reste alors au-dessus du seuil de renouvellement, ce qui laisse présager d’une phase d’augmentation importante de la population.

– Soit d’ici 2060 le taux de fécondité reste  sous le seuil de renouvellement et une diminution progressive du nombre d’êtres humains sur terre est engagée.

– Soit, un scénario de stabilisation de la population à 9 milliards d’humains, d’ici 2175.

A travers ces données l’ONU établit la possibilité d’un maintien prolongé du taux de fécondité en dessous du seuil de renouvellement, ce qui prend en compte les conséquences liées à la transition démographique « imposée » par la seconde révolution industrielle. Cependant cette dernière hypothèse ne pourra se faire sans une intervention des politiques, tant au nord qu’au sud, car les populations ont véritablement besoin d’une aide pour maîtriser les naissances.  

On pourrait se demander quelle est l’utilité et l’intérêt de ses prévisions sur 300 années. Il s’agit surtout de comprendre et de mesurer quel est l’impact d’actes individuels à l’échelle de la planète conclut l’auteur.

Plus récemment, Gilles Pison présente les dernières évaluations ayant trait à la population française en 2007. Ainsi il mesure une augmentation de 0,5% du nombre d’habitants, chiffre qui s’inscrit dans la progression des six années précédentes –celle-ci étant due pour 80% à un excédent de naissances et pour 20% à l’immigration.

Par ailleurs il note une légère régression (- 0,2) du taux de fécondité par femme et surtout un vieillissement de l’âge moyen auquel les femmes enfantent.

Cependant la fécondité des femmes continue d’augmenter au-dessus de 30 ans ce qui vérifie la tendance générale du vieillissement des mères.

Nonobstant,  il accrédite la thèse d’une hausse continue de l’espérance de vie qui se constate de nos jours dans les pays industrialisés et surtout en France, en rappelant que celle-ci est la marque de la seconde révolution industrielle.

Il s’attarde ensuite sur l’augmentation du nombre d’unions civiles, et notamment du PACS qui progresse  sensiblement depuis son lancement en 1999.  Y aurait-il une modification des mœurs ou tout simplement, une évolution du mariage vers une simple union fiscale ?

Enfin l’auteur précise qu’il y a une proportion beaucoup plus importante d’enfants nés hors mariage qui sont reconnus maintenant par leurs pères.

François Héran et Gilles Pisson, cherchent tous deux à commenter des statistiques. La prospective est une science qu’on pourrait qualifier d’incertaine, car elle sous-entend un maintien des facteurs envisagés pour la période étudiée. Tout n’est que supposition et à prendre en tant que tel. 

Dès lors, comment envisager les prévisions démographiques émises pour les années à venir ?

Faut-il sur la base de ces prévisions adopter des politiques de contrôles ou d’incitation aux naissances ?

Là est la véritable question.

Ces interrogations ne correspondent-elles pas à des peurs plus profondément ancrées, aux relations si difficiles entre le nombre de personnes et leurs besoins correspondants.

Au fond ces prévisions n’existent-elles pas du simple intérêt qui trouvent d’éventuels investisseurs ?

Doit-on y voir une communication profonde entre les politiques et les scientifiques ou alors de simples études demandées pour obtenir bonne conscience en se disant, nous avons envisagez le problème. Car au final, qui est amené(ée) à consulter les résultats ? Les universitaires, et ne sont-ils pas une infime minorité de la population qui évolue dans des cercles très fermés ? Certes la presse et le développement d’internet permettent à tout un chacun intéressé de pouvoir s’informer. Mais n’y a-t-il pas déjà un contrôle du média en lui-même fait par le journaliste, par les contraintes de la ligne éditorialiste. Les informations qui nous parviennent ne sont que le dixième, mâché et remâché d’études très approfondies mais si difficiles à appréhender. Injecter une simple notion d’intérêt pour la question au sein même des interrogations soulevées.

Mon propos ne tend pas à renier l’évidence de ses prévisions et les phénomènes d’accroissement de la population prévue pour les 20 années à venir, mais en simplifiant une étude, n’allons-nous pas uniquement retenir un message qui peut faire peur ?

N’est-ce pas aussi anticiper sur d’éventuelles comportements démographiques, faire en sorte de restreindre les populations à la base en les effrayant. Ne peut-on pas voir ainsi dans cette lecture annonciatrice une manière analogue employée par les gens de religion pour prévenir tout actes, comme l’était la crainte de l’enfer par les chrétiens qui ne respectaient pas les lois.

Les échelles d’études sont tellement importantes et les données de base si peu fiables pour plus de la moitié des pays de la planète où les services administratifs pouvant effectuer des recensements clairs ne sont pas en place.

Dès lors, un constat des phénomènes observables, comme celle faite par Gilles Pisson, n’est pas plus prudente qu’une programmation à long terme des comportements démographiques.

Marguerite Delalonde

 

 

 

 

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PREMIER SEMESTRE

 

 

2 septembre

 

1

9 septembre

 

2

16 septembre

 

POPULATION, RESEAUX ET MOBILITES

3

23 septembre

J. Lévy. La carte, enjeu contemporain. La Documentation Photographique, N°8036. 2003. 16 pages.

http://sciences-po.macrocosme.net/lectures/LevyCarteEnjeu.pdf

 

4

30 septembre

Populations et Sociétés, N°408, janvier 2005. 4 pages.

Populations et Sociétés, N°443, mars 2008. 4 pages.

fichier disponible en pdf sur le site de l’INED

 

5

7 octobre

Raffaele Poli. Migrations de footballeurs et mondialisation : du système-monde aux réseaux sociaux. Mappemonde, N°88. Avril 2007. 12 pages.

http://mappemonde.mgm.fr/num16/articles/art07401.html

 

6

14 octobre

Olivier Dollfus, « Le Monde en ses réseaux« , in R. Brunet (dir.), Géographie Universelle, t.1, « Mondes Nouveaux », Paris, Hachette/Reclus, 1990, p. 402-415.

 

7

21 octobre

 

 

 

28 octobre

 

 

4 novembre

 

 

11 novembre

 

8

18 novembre

 

 

9

25 novembre

Armand Frémont. Aimez-vous la géographie ? Flammarion, 2001. p 77 à 90. Ouvrage disponible au CDI du lycée

 

10

2 décembre

Olivier Dollfus, « Le monde dans ses lieux », in La mondialisation, Paris, PFNSP, 1997, p. 21-36.

 

11

9 décembre

http://www.mgm.fr/PUB/Mappemonde/Mappe489R.html

Sylvie ADAM, Yves GUERMOND. Des hexagones dans l’Hexagone. 4 pages. Mappemonde, 1989.

Marie-Claire ROBIC. Sur les formes de l’Hexagone. 6 pages. Mappemonde, 1989.

 

12

16 décembre

 

 

23 décembre

 

 

30 décembre

 

13

6 janvier

 

 

14

13 janvier

Guy Di Méo. Les métropoles des pays développés, in Bailly, Ferras, Pumain. Encyclopédie de la géographie, 1992. P 697-712.

 

15

20 janvier

Pierre Veltz. La grande transition. La France dans le monde qui vient. Seuil, 2008. Page 12 à 22.

 

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