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Planète Tourisme, Mathis Stock in Sciences Humaines, Juin-juillet-août 2008

Présentation de l’auteur :

Mathis Stock est titulaire d’une thèse, préparée sous la direction de Rémy Knafou, portant sur « Mobilités géographiques et pratiques des lieux. Étude théorico-empirique à travers deux lieux touristiques anciennement constitués : Brighton & Hove et Garmisch-Partenkirchen ». Depuis, il est membre de l’équipe Mobilités, Itinéraires, Territoires, où de nombreux travaux sur le tourisme ont été menés. Ses travaux de recherche portent sur les situations de mobilité géographique et particulièrement celles qui se déroulent dans les lieux touristiques.

Introduction :

Grâce à la mondialisation et notamment aux rapprochements qui s’opèrent avec la diffusion des technologies modernes (Internet, transport aérien, téléphone), l’unification des modes de consommations occidentaux à tel point que l’on parle de village planétaire ou village global. Ainsi, Mathis Stock étudie le cas du tourisme qui « contribue à interconnecter le monde ».

Pour autant, ce phénomène doit faire face aux phénomènes identitaires qui s’expriment dans de nombreuses régions du monde, c’est l’altérité. Assiste-on à une uniformisation touristique ? L’acculturation, qui résulte des contacts prolongés entre des sociétés de culture différente, va-t-elle donner naissance à un tourisme universel ou mondialisé ?

Plan général et articulation des idées :

1-      État des lieux : le tourisme dans la mondialisation

Un tourisme mondialisant

Le tourisme a toujours été présent continuellement dans les différentes phases de mondialisations par exemple : les lieux touristiques dans les colonies pour la deuxième mondialisation « phase des colonisations », l’Europe continentale (Suisse, Méditerranée, Italie) une destination prépondérante pour États-uniens et Européens dans la troisième « mise en place d’un espace mondial des échanges », ou encore la popularisation des lieux touristiques dans la cinquième « généralisation de l’échelle mondiale pour tout échange ». Le tourisme mondialisé façonne désormais le monde.

Une internationalisation du tourisme

On compte en 2005, on dénombre 800 millions de touristes internationaux.  Par conséquent, dans le domaine économique, 830 milliards ont été dépensés en 2005, dont 130 millions dans les transports aériens. De plus, on passe de 25 millions de touristes « internationaux » en 1950 à 800 millions en 2005.

Le changement de nature du tourisme

1)      De nombreux lieux touristiques sont créés dans le monde. C’est une « extension de l’espace touristique ».

2)      Dans le domaine économique, le choix touristique se fait désormais à partir d’un « tableau de bord mondial »

3)      Ceci est possible par « global tourism system » qui « consiste en une multiplicité d’acteurs engagés dans la production et la consommation du tourisme [entreprises hôtelières, aériennes par exemple] Il se compose de différents dispositifs de gouvernance, du commerce, de la finance, de marketing »

 

2-      La maîtrise de l’altérité, un élément essentiel

L’écoumène touristique mondial

Dès lors, on constate une « démultiplication de lieux fondateurs » c’est-à-dire l’amplification de lieux symboliques spécifiques, due à  l’émergence d’un écoumène touristique,  autrement dit « l’ensemble des lieux utilisés à des fins touristiques ». Il semble que cela est le résultat d’une transmission dynamique spatiale de « modèles identifiables » par des institutions telles que les entreprises, les organisations intergouvernementales, l’office de tourisme, etc. Plusieurs villes illustrent ce phénomène : Chamonix pour l’invention de la montagne en 1780, Atlantic City et Arcachon en 1860 pour la station balnéaire, Waikiki en 1900 pour le bronzage et le bain-chaud…

Conditions de cette émergence de ces lieux

Celle-ci est rendue possible grâce à la maitrise des distances. Dès les années 1830, l’émergence du chemin de fer a facilité les déplacements en Europe, Angleterre, et États-Unis. Plus tard, le développement de la technologie des transports aériens, ferroviaires et maritimes réduit le temps et donc le prix du trajet (avant 1930, il fallait sept jours entre les États-Unis et l’Europe, ou encore trois semaines en bateau entre l’Europe et l’Asie). Les Hubs and Spokes y contribuent également : c’est l’organisation polarisée des transports, « le principe est de concentrer les transports les plus performants sur des nœuds  en nombre réduit, et de desservir des zones secondaires en rayonnant autour de ces nœuds. ». De plus, la maîtrise des distances prend en compte la logistique (convoi, logement, activités) qui parvient à une bonne gestion du trajet touristique.

Mise en tourisme du monde et maîtrise de l’altérité

Par ailleurs, il faut maîtriser l’altérité c’est-à-dire ce qui est autre, où le « je » et le « nous » de l’identité nationale se confronte à un monde interculturel. Alors comment maitriser cette altérité ? il faut considérer un « continuum entre une gestion entière du processus par le touriste et une prise en charge totale par un service dédié ». De là, va se développer fortement le tourisme de masse appelé aussi « postfordiste ». Les Antilles, l’Asie du SE, le pourtour méditerranéen devient accessible pour tous à condition d’une bonne gestion des prestations (logements, activités, loisirs, restauration…). Finalement, le tourisme peut être le moment de la confrontation avec l’Autre au moyen de déplacements et activités qui sortent du quotidien. Ainsi le tourisme permet alors de produire des conditions qui sont aptes à négocier l’altérité voire à atténuer la violence possible du contact avec l’autre.

D’autre part, ce monde des touristes est divisée en trois : le monde comme « aire de jeux » (surf, golf, ski, parcs d’attraction…) ; le monde comme «culturellement différenciée » (vestiges romains, mayas, khmers, art…) ; le monde comme «aire de repos » (plage, bien être…)

Pratiques et création d’autres lieux touristiques

Certaines régions du monde se focalisent sur un seul type d’intérêt pour attirer les touristes (vin, golf, château…) mais les événements sportifs suscitent une mobilité importante à l’échelle mondiale  (JO, ou bien les marathons de Paris, New York, Sydney reçoivent 20 000 à 100 000 personnes venant du monde entier, mais aussi les spectateurs se déplacent pour assister à ces événements). De même, on note le développement du « tourisme sportif » soit le hobby (pêche, surf…) ainsi que les événements culturels et artistiques créant des déplacements importants d’acteurs, artistes mais aussi spectateurs et autres personnels.

3-      La compétition mondiale des Global Tourist Resort

Compétition et lieux touristiques mondiaux

Les lieux touristiques se livrent à une compétition mondiale. Le touriste n’a que l’embarras du choix devant cette « maitrise de l’accessibilité » pour la logistique, les lieux, les intérêts de chacun. Aussi, le lieu touristique est une « synthèse entre endroit et espace dont la caractéristique est d’être pratiqué par des touristes » : il y a entre autres Zermatt, Saint-Moritz, Chamonix, Cannes, Bali,  St Tropez… ce sont des global tourist resorts (stations touristiques, renommée mondiale, les touristes viennent principalement de l’archipel mégalopolitain mondial).

Il y a aussi les global tourist spots (surf, golf, pêche, plongée…) qui sont des lieux d’intérêt basés sur une activité reconnue à laquelle l’environnement importe, et en fait une caractéristique propice au développement de cette activité (c’est le cas des villes comme Hawaii, Tahiti, Biarritz…)

Par ailleurs, les villes mondiales tiennent une place importante dans le tourisme de par leur puissance et leur domination dans les activités (Paris, Londres, New York, Rome). Des villes mondialisées s’appuient également sur le tourisme, c’est le cas de Dubaï, Shanghai, Venise, Miami. De ce fait, apparaît une culture commune entre ces différents espaces touristiques.

4-      Vers une convergence des pratiques ?

Assiste-t-on à l’émergence d’une culture touristique mondiale grâce à la mondialisation, c’est-à-dire « des touristes dont les préférences sont convergentes et partagées mondialement » ? Donc en dépit de l’altérité, de la culture de l’autre, il existerait une culture commune entre les touristes du monde à savoir des « pratiques semblables ».

–          On constate le développement des gated communities c’est-à-dire un ensemble immobilier privé clôturé, ayant également un garde de sécurité, mais la suburbia des métropoles mondiales, les lofts, les modes de transports (transports publics pour citadins, et voiture pour périurbains) montrent cette acculturation (cette façon d’assimiler une culture différente)

–          Mais également avec la diffusion de la pratique de la glisse sur neige. De nos jours, les stations de ski sont nombreuses dans les différents pays  et sur tous les continents. La plage et la baignade sont aussi des pratiques touristiques.

–          Enfin, se développent les « communautés d’intérêt » qui définissent « des lieux emblématiques par une pratique donnée ». « C’est à travers le partage des mêmes gestes techniques, émotions, lieux, qu’une culture commune peut émerger ». A partir de là, se développe le tourisme culturel, un moyen par lequel un voyageur visera l’élargissement de son horizon intellectuel.

 

5-      Réflexion personnelle

Nous disions auparavant que des villes mondialisées se basaient sur le tourisme pour leur développement et la ville de Dubaï en faisait partie. Je choisis d’évoquer le cas de cette ville en raison de l’actualité : Dubaï est, aujourd’hui, au bord de la faillite.

Le tourisme est le secteur économique le plus révélateur de la capacité d’ouverture de Dubaï. On retrouve dans ce cas les notions de lieu touristique, de global tourist resorts, global tourist spots et d’une convergence des pratiques dans la mesure où cette ville n’est qu’un produit touristique fabriqué de toute pièce.

En effet, Dubaï, contrairement à ses pays voisins, s’est engagé dans une promotion touristique effrénée. Elle s’est fondée sur des atouts réels (la mer, le soleil, le shopping, la qualité du parc hôtelier, le désert), mais c’est une véritable création artificielle. Le soleil et les eaux brûlantes du Golfe ne sont utilisables que durant la saison hivernale, tandis que le désert est parcouru d’autoroutes et de lignes à haute tension. Un décor bling-bling a été créé pour les besoins de touristes en quête d’un dépaysement sans danger, dans un cadre de détente et de confort.  L’émirat a réussi cette performance en allant chercher une clientèle qui ne pouvait pas se diriger spontanément vers cette destination inconnue. Avec les offices de tourisme et différentes entreprises, les congrès, les festivals, les événements sportifs et culturels de publicité internationale, Dubaï a bénéficié d’une promotion permanente de son territoire. Finalement, on retrouve alors cette notion de l’altérité bien maitrisée avec cette bonne gestion du processus et en même temps cette tentative d’atténuer le choc des cultures, « atténuer l’altérité, voilà la clé de la réussite » écrit Stock.

Aujourd’hui, privé de pétrole, l’émirat qui a bâti sa fortune en moins de dix ans, en misant sur l’immobilier, la finance, et le tourisme de luxe se tient dans une position forte inconfortable. Ces trois secteurs aujourd’hui sont en plein désastre économique. Les dettes de Dubaï représentent 70% de son PIB. Avec 80 milliards de dollars de dettes, Dubaï semble au bord de la faillite.

CHANDET Ellie, HK AL

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 Se tient du 19 Novembre au 22 Novembre un forum au programme très alléchant. L’actualité politique américaine y sera forcément évoquée puisque migrations, intégrations sont au coeur du sujet.

Voici un digest de cette manifestation organisée à l’initiative du conseil général du Val de Marne :

En 2005, ils étaient près de 200 millions à avoir quitté leur pays pour un ailleurs.

Mais que savons-nous de la réalité des migrations internationales ? Des raisons qui poussent les individus à partir de leur pays de naissance ? De leurs parcours et leurs vies entre ici et là-bas ? Quelles informations avons-nous à propos des effets des migrations sur les économies ? Sur l’histoire des peuples ? Sur l’environnement ?

Quelques exemples de sujets de :

 

 

Débats

Des mots et des hommes : peut-on changer les représentations sur les migrants ?

Et si il n’y avait plus de frontières ?

Forums et des présentations de livres

Le sol et le sang : les théories de l’invasion par Hervé Le Bras

L’Union Européenne : un pôle migratoire malgré elle par Yann Richard

Qui a peur de la télévision en couleurs ? par Isabelle Rigoni

Migrations d’hier et d’aujourd’hui par Bruno Goldman

Histoires croisées des épidémies et des déplacements humains par Roger Gay

Ateliers idées reçues :

accueillir des immigrés, c’est accueillir la misère du monde

La France est un pays d’immigration massive.

Ils nous prennent notre travail.

Des projections

« Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin : les mères » de Yamina Benguigui

« Little Senegal » de Rachid Bouchareb

 

 

Des stands

A l’eau, la Terre : les réfugiés du climat

Je est un autre

Migrations et diasporas : la mobilité dans le monde en réseaux

 

Le programme complet à cette adresse :

http://www.asts.asso.fr/contenu/fjoint/1000/783_Programme_FORUM_Migrations_091008.pdf

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