Un monde de villes. The Paris Globalist. Volume 1. Janvier-Février 2011.

Voici une revue que vous ne trouverez pas en kiosque. The Paris Globalist est une publication de Global21, un réseau de spécialistes des affaires internationales (www.global21online.org), qui regroupe sur les cinq continents dix universités dont Sciences Po Paris. Ce réseau existe depuis 2005. Il est né à l’université de Yale. Douze revues issues de ce réseau sont éditées. Tirée à 3000 exemplaires, The Paris Globalist est destinée à être distribuée aux élèves de Sciences Po mais aussi à des spécialistes des relations internationales, à des universitaires et à d’autres praticiens. Elle est disponible sur le site de la Fondation des Sciences Politiques.

Le numéro 1 de l’année 2011 du Paris Globalist est consacré à la thématique de la ville. Cette revue d’une quarantaine de pages est publiée grâce à des donations et au partenariat conclu avec l’association française pour les Nations Unies. Elle regroupe les contributions d’étudiants de master en sécurité internationale, en affaires publiques ou en sciences politiques, inscrits à l’IEP mais aussi dans les autres universités du réseau. On y trouve donc des articles en langue française ou en anglais.

Les articles sont courts mais bien documentés (notes de bas de page). Les thématiques abordées sortent des sentiers battus.

–          De la politique fiction avec l’article de Florian Dautil qui imagine que Bruxelles, suite à la sécession de la Flandre (qui a conduit à l’implosion de la Belgique), devient un district européen. Il passe à la moulinette cette hypothèse et montre que si, sur le papier, c’est possible dans les faits, c’est impossible en raison des réalités politiques et économiques de ce territoire.

–          Des sujets plus attendus sans pour autant être banalisés : comme cet article de Emmanuel Dagron qui pose la question de nourrir les citadins du Sud (un sujet qui évoque quelque chose aux candidats au capes d’HG 2011, n’est-ce pas ? ) ou bien encore celui d’Adeline Guerra sur le terrorisme dans les villes globales.

–          Des approches originales : la ville au féminin par Camille Laporte, les villes chinoises investies par des Africains (Romain Carlevan).

–          Et des interviews de personnalités plus ou moins connues : dans ce numéro, Bernard Pignerol (délégué général aux relations internationales de la ville de Paris), mais aussi Michèle Pierre-Louis, ancienne première ministre en Haïti.

The Paris Globalist est plus qu’un journal d’école (même d’une grande école). La mise en réseau des écoles est signe de richesses tant au niveau des contributions que des sujets abordés. La consultation des thématiques exploitées les années précédentes est alléchante : la religion dans les relations internationales mais aussi les diasporas, les gouvernements militaires, l’Inde et son irrésistible émergence.

Ces thématiques intéresseront les professeurs du secondaire pour l’enseignement des programmes de géographie. C’est une manière de découvrir des nouvelles approches et surtout de lire de l’anglais ! Les articles (en français comme en anglais) sont courts et accessibles. A noter, toutefois, l’absence de légende aux photographies qui illustrent les articles. Autant les références des sources sont particulièrement bien indiquées, autant les titres n’y figurent pas. Pas moyens donc d’en faire la moindre utilisation !

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

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11 mars à 20H30 se tiendra à l’institut d’enseignement supérieur de l’Yonne (rue Victor Guichard, à Sens) une conférence – débat donnée par Michel Goussot, maître de conférences à l’IEP Paris sur la thématique :

Les Etats légitimes sont-ils encore les seuls acteurs de l’espace mondial ?

Organisée par le Cercle Condorcet, la conférence est gratuite.

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source : http://i22.servimg.com/u/f22/09/02/87/97/object10.jpg

Les ENS, les écoles de management et les IEP travaillent à une  » banque d’épreuves littéraires  » pour les khâgneux

Il y a une vie après un échec à Normale Sup. Pour que ce soit bien clair, les acteurs de la filière littéraire préparent une petite révolution. Les écoles normales supérieures (ENS de la rue d’Ulm à Paris et ENS Lyon), les deux principales  » banques communes d’épreuves  » des écoles de management (BCE et Ecricome) et six instituts d’études politiques régionaux (Aix, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg, Toulouse) discutent actuellement de la création d’une  » banque d’épreuves littéraires  » (BEL).

L’idée est de permettre aux élèves de deuxième année des classes préparatoires littéraires (les  » khâgneux « ) qui ont échoué au concours d’entrée à Normale Sup de garder le bénéfice de leurs écrits pour intégrer une école de management ou un institut d’études politiques (IEP). L’objectif final reste bien entendu de favoriser leur insertion professionnelle.

L’accès aux prestigieuses ENS est en effet très sélectif. Ulm et Lyon n’ont qu’à peine 250 places à offrir aux 5 000 khâgneux. Le taux de réussite y est donc de 5 %.

Le Monde, 15/05/2010

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Source : dzmix.com

L’invention du monde : une géographie de la mondialisation,  Chapitre 6 : Il monde è mobile. Presses de Sciences Po, 2008.

Jacques Lévy a dirigé cet ouvrage de recherche publié par science po Les presses et mettant en évidence les phénomènes de la mondialisation, les flux, les mobilités qui s’opèrent dans un monde globalisé. Il est un géographe français réputé, notamment spécialisé dans la géographie politique, membre de la rédaction d’EspaceTemps, professeur à l’IEP de Paris. Dans le cadre de ses recherches sur la géographie politique, il s’est intéressé au phénomène de mondialisation et son influence sur les politiques étatiques et comment les populations au sein des pays se meuvent et sont mobiles.

L’auteur de ce chapitre est Mathis Stock.

Introduction :

Ce livre a pour projet de définir une géographie de la mondialisation, projet en somme toute difficile mais auquel s’attache Lévy qui théorise très bien les flux, les mobilités multiples au sein d’un monde mondialisé. Les mouvements sont en effets permanents. La mobilité, elle, c’est l’ « ensemble des manifestations liées au mouvement de réalités sociales dans l’espace. » Mais la mobilité va au-delà des seuls flux ou déplacements. Les acteurs de cette mobilité en sont le centre : à la fois décideurs et exécuteurs. C’est la grande question de l’ « habiter » notamment avec le tourisme, c’est-à-dire la manière de faire avec de l’espace, comme condition de possibilité de déplacements.  Dans un monde capitaliste le déplacement trouve toute sa place, son épanouissement, c’est-à-dire un enchevêtrement de flux, un « mode d’organisation de société ».  Tout espace amène à une mobilité. Mais comment cette mobilité se manifeste-elle ? Quelle est-t-elle ? Et, comment le tourisme illustre le rôle de la mondialisation dans notre façon de nous déplacer ?

  1. La mobilité constitutive du monde mondialisé.

 

1. Le monde des circulations.

Dans un premier temps il s’agit de définir les différents types de circulation avec des mouvements de plus en plus nombreux et de plus en plus importants (3 milliards de passagers, 3 milliards de touristes dont 800 millions internationaux, 100 millions de migrants, 2 millions d’étudiants, 200 millions de déplacements (sportifs, culturels, etc.  …) et il existe aussi les expatriés.

2. Le continuum des circulations

Mais les déplacements définitifs et circulations temporaires (de plus en plus courantes) sont à différencier. Aujourd’hui le migrant est émigrant/immigrant.

A/les approches transnationalistes : On peut voir des migrations à l’intérieur d’un état : on parle alors de « Constellation postnationale » qui permet des « identités transnationales », ainsi que l’émergence du Monde comme aire pertinente (multiples pratiques) et aussi un monde de multiples circulations et de liens « postmigratoires ». Lien avec le pays d’origine : les transmigrants. Les touristes sont également un élément important de ces éléments transnationaux.

B/le code géographique des mobilités : Il est nécessaire de distinguer circulation et migration=Mobility transition. Typologie des transports qui en découle : quotidien/non quotidien, choix/obligation, familier/étranger, proche/loin, non exotique/exotique. La mobilité  c’est donc le continuum entre déplacements et séjours éphémères, la différence réside dans le « retour » ou non à la maison, un déplacement peut être temporaire, définitif, court ou long.

 

  1. Le tourisme : processus mondialisant

Le concept de tourisme est défini ici comme un «  système d’acteurs, de pratiques et d’espaces qui participent de la « recréation » des individus par le déplacement et l’habiter temporaire hors des lieux du quotidien ». Cela implique donc un nouvel espace. Ces flux sont très nombreux (800 millions de déplacements) et rapportent près de 700 milliards de dollars soit 6% de l’activité mondiale. La mondialisation augmente considérablement ce phénomène, une extension de « l’espace touristique », intégrations des lieux dans l’économie et création d’une économie. Mondialisation et tourisme sont donc très étroitement liés.

 

  1. Habiter le Monde touristiquement

A/l’émergence de l’écoumène touristique : le 1er des éléments essentiels du tourisme : tout lieu est regardé comme potentiellement touristique. Un aménagement possible de ce lieu est donc imaginé. L’écoumène touristique est l’espace où se concentre le maximum de ces lieux touristiques et il ne cesse de s’étendre. Cet espace est du à de multiples facteurs de la mondialisation.

B/Maitriser les distances : Depuis le XIXème siècle accélération de la vitesse de transports, la distance se réduit, les transports se multiplient, la mondialisation et le tourisme sont toujours plus faciles. La bonne maîtrise de la logistique (infrastructures, plateformes multimodales) accroit la facilité de déplacements.

C/ Maitriser l’altérité : primordial pour le tourisme, le rapport avec l’autre doit être maitrisé, à savoir le dépaysement peut être recherché (découverte d’une nouvelle culture), ou au contraire recherche d’un repos (sur les plages) ou comme aire de jeux(Disneyland). Cela implique la mise en place d’infrastructures, de personnels qualifiés pour répondre à la demande.

D/Les pratiques mondiales : Dans le monde de la recréation les pratiques sont multiples. Les séjours de vacances se sont écourtés, la villégiature prend fin, mais les congés sont plus fréquents. Il y a des modèles différents selon les envies du touriste   (repos, visite) sans parler des évènements sportifs (marathon, spot, tournoi) et évènements culturels (festivals, conférences, concerts).

 

 

 

 

  1. Le tourisme mondialisant et mondialisé

 En quoi le tourisme est-il mondial ? Le niveau mondial, en quoi est-il pertinent pour le tourisme ? (Interdépendance des lieux touristiques, la régulation par des acteurs, la nécessité de technologies spatiales).       

A/La mondialité des lieux touristiques : Compétitivité entre les hauts lieux touristiques à l’échelle mondiales (Paris, New York par exemple) et lieu de tourisme majeur comme la Côte d’Azur, les Alpes, selon les saisons. Petit à petit les lieux se spécialisent pour une clientèle de luxe (Cannes) ou pour les classes moyennes.  De plus la concurrence s’ouvre avec des pays en voie de développement, bien moins cher. La facilité des transports rend ces destinations exotiques prisées comme par exemple l’Asie du Sud Est contre un pourtour méditerranéen trop cher. Un lieu touristique est mondial si la synthèse entre divers éléments est possible comme l’accessibilité, les équipements, etc. … Des stations touristiques existent également à l’image de Chamonix, de St-Tropez. L’image de marque d’un lieu se mesure par sa popularité via internet par exemple ou encore les global tourist spots (hauts lieux du surf) et surtout les villes mondes qui drainent la richesse et les touristes. Le tourisme est mondialisé.        

B/Normes à l’échelle mondiale pour le tourisme : Ce tourisme nécessite donc des normes pour le contrôler.  L’O.N.U permet de protéger les acteurs de ce tourisme (UNESCO, OMC, OMT,…). Par ailleurs il existe des « codes du tourisme » à tout niveau. L’OMT a mis en place des normes mondiales, c’est-à-dire assurer les statistiques internationales du tourisme, rassembler des données fiables, assurer la légitimité d’organismes et de comprendre les évolutions de ces flux. L’OMT cherche également à préserver et à promouvoir un tourisme propre avec l’appui de l’UNESCO par exemple.

C/Techniques et technologies spatiales : les technologies sont l’ensemble de médiation visant à régler des problèmes d’espace (distance, accès, altérité). L’espace peut devenir une technique, c’est-à-dire par sa maitrise il promeut le tourisme. La mondialisation fait donc émerger le tourisme mondial  mais cela implique un limage des cultures, une uniformisation, une acculturation et des pratiques touristiques qui se répandent : ski, plage, tourisme balnéaire. Serais-ce le début d’une culture touristique mondiale ?

L’extrait étudié ici se concentre donc d’une part sur la définition des mobilités, qui sont multiples. Elles dépendent d’une mondialisation croissante qui n’a jamais cessé dans sa logique de promouvoir le déplacement. Le tourisme semble donc être une bonne illustration de cela dans la mesure où il correspond à mettre en valeur un site, un lieu pour favoriser le déplacement. Il est donc responsable et en même temps receveur de ces déplacements. A l’échelle mondiale, le monde se rapproche, une uniformisation s’accomplirait-elle ?

 

 

Réflexion personnelle :

La question de la mobilité reste aujourd’hui pleinement d’actualité, comment se déplacer plus vite, à l’heure où l’Europe et les Etats-Unis ferment leurs frontières, où l’on recherche un tourisme plus écologique et où toute la mobilité se retrouve donc mise en cause.

Ainsi les migrations sont plus difficiles, les renvois à la frontière de clandestins ne cessent d’augmenter et attisent les débats comme en France, avec un relent de natiomalisme, une xénophobie renaissante. On invite à rediscuter du sort des étrangers dans nos pays, à l’heure où la tolérance s’effrite. Peut-on garder des minarets sur les mosquées suisses, signe «  ostentatoire », provocation, peur de voir l’étranger nous envahir ? En effet la question de la migration se pose dans la mesure où elle est une nécessité pour certains pays qui ont besoin de main-d’œuvre mais qu’elle génère intolérance, ghettoïsation, discrimination et parfois isolement des expatriés. Le juste équilibre est dur à trouver, tant les repères sont floutés dans une mondialisation à toute allure.

De plus, on nous invite à redéfinir une nouvelle façon de nous déplacer, en effet l’exemple du tourisme nous montre une logistique immense, ainsi qu’une dénaturalisation de l’espace. On aménage, on modélise un type de tourisme, on joue de la carte postale, on cache, on transforme, c’est une mise en scène implacable que le tourisme, contrebalancé par un consumérisme insolent. En outre se déplacer par avion c’est polluer visuellement et polluer l’air, comment remédier au problème du réchauffement climatique tout en haranguant la foule à se déplacer toujours plus ? Le protocole de Copenhague n’a en tout cas pour le moment pas permis de trouver de solution aux problèmes des émissions de gaz dont les avions sont parmi les grands responsables.  Le livre de Lévy est donc au cœur des problématiques actuelles, décrivant les différentes mobilités à travers le monde, montrant au combien elles sont ambigües, à savoir nécessaires mais problématiques. La prise de conscience mondiale de cela permettra peut-être une régulation nécessaire.

HK A/L  Thomas Abarnou

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À l’occasion de la parution de L’Annuel du développement durable Regards sur la Terre 2009, dirigé par Pierre Jacquet, Rajendra K. Pachauri et Laurence Tubiana.

Plus de quinze ans après la conférence de Rio, la question se pose encore de la mise en oeuvre du développement durable et de sa gouvernance internationale.

À l’heure de l’investiture de Barack Obama, porteur d’espoir d’une nouvelle politique américaine, Les Presses de Sciences Po, l’Agence française de développement (AFD) et l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) vous invitent à une conférence-débat sur le thème :

Un nouveau monde durable est-il possible ?

En présence de :

· Pierre Jacquet, directeur de la stratégie et économiste en chef de l’AFD
· Laurence Tubiana, directrice de l’Iddri et de la chaire Développement durable de Sciences Po
· Claude Dumont, président de WWF-France
· Bernard Saincy, directeur responsabilité sociétale de GDF-Suez
· Christian Jacob, député maire de Provins, président de la Délégation à l’Aménagement et au Développement Durable du territoire de l’Assemblée Nationale, rapporteur du projet de loi Grenelle

Mardi 20 janvier à 18h00
27, rue Saint-Guillaume – 75007 Paris – Amphi Chapsal

Informations et inscriptions : www.regardssurlaterre.fr

Les optionnaires de géographie ont été inscrits nominativement par mes soins.
Voici la tâche qu’ils auront à réaliser ce soir là. Elle consiste en une prise de notes des interventions lors de la table ronde. Cette prise de notes sera le support au compte-rendu oral qu’ils feront de cette table ronde à la classe le mardi suivant : présentation de l’intervenant (rapide bio), de son appartenance (université, ONG, politique), exposé du contenu de ses idées, ses accords et désaccords lors de la discussion.

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