Dans cet article, issu de la revue Mappemonde 4/89, sont analysées les différentes trames hexagonales qui structurent le territoire français. Nous verrons qu’elles sont organisées en différents niveaux par rapport à la localisation et à la taille des villes.

Ce texte a été rédigé avec la collaboration de deux géographes :

Sylvie Adams (1961-1993), Maître de conférences en géographie de l’université de Rouen, elle a effectué deux stages à l’université de Lausanne, pour ensuite soutenir sa thèse à l’université de Rouen en décembre 1992. Lors de sa mort prématurée en 1993, sa famille crée le « Fond Sylvie Adams ».

Yves Guermond, Professeur à l’Université de Rouen, a publié, en 1979, Le système de différenciation spatiale en agriculture. Il est responsable de l’Equipe CNRS  » MTG  » (Modélisation et Traitements Graphiques en Géographie) – Rouen.

·         Présentation des grandes idées et de leur articulation

Une première théorie sur la trame hexagonale qui structure le territoire français a été élaborée par Léon Lalanne en 1863.  Il présente un mémoire à l’Académie des Sciences sur la loi d’équilatérie  dans lequel il constate que les triangles équilatéraux formés par les villes voisines forment des hexagones constituant le réseau du territoire (les dynamiques naturelles ne jouent pas un rôle antagoniste à cet ordre). Il remarque que la distance moyenne entre deux chefs-lieux de cantons (voisin) est voisine de 14 km. La trame cantonale est un schème très utile à l’organisation politico-administrative, étant donné qu’elle constitue le premier niveau de la hiérarchie des centres.

 

Après Lalanne, Walter Christaller, en 1933, affine cette théorie en établissant des distances différentes pour 6 niveaux de centres. Entre les plus grandes villes, la distance sera de 218 km et entre les plus petites elle sera de 14 km (la distance progresse de raison ? 3 à chaque changement de niveau). En s’intéressant à la trame de niveau 4 et 5, Christaller se limite aux communes de plus de 70 000 habitants qui sont mères d’agglomération (en excluant donc la banlieue parisienne dont la place dans la trame urbaine reste mal fixée).

Il faut noter que certains hexagones demeurent vides car les villes occupant leurs centres ne sont pas assez peuplées pour cette étude.

De cette division résultent deux types de trames hexagonales, définissant le réseau urbain, décalées :

          la trame française: France de l’Ouest et du Sud

          la trame rhénane: France du Nord Est (Paris, Amiens, Reims, Orléans…) qui garde les mêmes mesures que celle française mais dont la trame pivote légèrement par rapport à cette dernière (ses villes se placent mal dans la trame française).

La validité de la trame christallérienne dépend de l’adéquation entre deux niveaux successifs de la trame.

Donc, la trame est inadaptée lorsque une métropole de niveau 4 est mal placée par rapport au niveau 5 (si l’hexagone de niveau 4 n’est pas compris dans celui de niveau 5).

Dans la trame française c’est le cas pour 15% des localisations françaises et pour 73% des localisations du Nord Est : d’où l’intérêt d’une trame proprement rhénane pour réduire le pourcentage à 31%.

Nous pouvons désigner une ville pour chacun des hexagones de niveau 5 : les hexagone vides sont rares (aires montagneuses, espaces mal polarisés où la concurrence entre les villes demeure intense {Périgord}). Les hexagones de niveau 6 se placent sur la trame de niveau 5 de façon discontinue en fonction de la localisation des grandes métropoles et de Nice (sauf Lille et Nancy). L’hexagone parisien de niveau 7 (Bassin Parisien) prolonge la trame rhénane en bouleversant celle française. Il intègre Caen et Tours. D’autres incertitudes sur la trame française se manifestent au Sud : Moulins (niveau 5) est sous l’influence de Lyon et Paris simultanément.

Christaller nous fait réfléchir sur l’aménagement du territoire, en analysant les situations favorables de certaines villes du réseau ; les mutations en cours ; les problèmes de développement de certains centres (Ex : Lille et Nancy) ; les situations avantageuses de villes comme Tours (profitant de l’extension de la trame rhénane réorganisant les pays de la Loire) ou Montpellier (qui pourra peut être constituer un jour le centre d’un nouvel hexagone de niveau 6).

La réorganisation en cours autour de Paris favorise l’essor des dynamismes municipaux : à l’Ouest l’ancien hexagone d’Alençon est mal situé mais Chartres et Le Mans (aux deux pôles opposés) y jouent un rôle alors que Rouen, Amiens, Reims et Orléans sont bien situées au niveau 5 (périphérie parisienne) ; au Sud-Est : Troyes se trouve dans un hexagone vide qui pourrait se développer.

La théorie de Christaller est un bon instrument de réflexion pour une géographie appliquée: elle restitue le poids des héritages historiques tout en prenant en compte les modifications contemporaines.

  • Avis personnel :

Je trouve que cet article a deux intérêts principaux :

          le premier est le découpage hexagonal du territoire Français qui permet de structurer le réseau des villes en différents niveaux de manière claire et ordonnée, à toutes les échelles.

          le deuxième, corollaire du premier, est de remarquer que bien que la trame du Nord Est allant jusqu’à Paris diffère de celle du Sud et de l’Ouest par son orientation, elle maintien les mêmes mesures.

L’analyse faite dans ces quelques pages nous montre un fait important : la France semble un pays géographiquement homogène où la structure et les réseaux nationaux sembleraient dessinés sur le même modèle, mais qu’en est il du Nord ? Pourquoi cette région se distingue des autres uniquement par l’orientation de sa trame et non pas aussi par ses mesures ? Pour dire qu’il s’agit d’une région à part par rapport au reste de la France il faudrait qu’elle se distingue complètement de cette dernière mais ce n’est pas le cas… Alors, comment qualifier cette région ? Mais plus étonnant encore, où pouvons nous trouver les origines de cette structure hexagonale, homogène pour la plus grande partie de la France ? Si l’on considère les origines historiques de cette répartition, pourquoi la théorie de Christaller n’inclue-t-elle pas aussi les variantes naturelles ? Est-il possible qu’elles n’aient aucune influence sur les emplacements urbains ? 

Céline D’Asaro Biondo

 

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PREMIER SEMESTRE

 

 

2 septembre

 

1

9 septembre

 

2

16 septembre

 

POPULATION, RESEAUX ET MOBILITES

3

23 septembre

J. Lévy. La carte, enjeu contemporain. La Documentation Photographique, N°8036. 2003. 16 pages.

http://sciences-po.macrocosme.net/lectures/LevyCarteEnjeu.pdf

 

4

30 septembre

Populations et Sociétés, N°408, janvier 2005. 4 pages.

Populations et Sociétés, N°443, mars 2008. 4 pages.

fichier disponible en pdf sur le site de l’INED

 

5

7 octobre

Raffaele Poli. Migrations de footballeurs et mondialisation : du système-monde aux réseaux sociaux. Mappemonde, N°88. Avril 2007. 12 pages.

http://mappemonde.mgm.fr/num16/articles/art07401.html

 

6

14 octobre

Olivier Dollfus, « Le Monde en ses réseaux« , in R. Brunet (dir.), Géographie Universelle, t.1, « Mondes Nouveaux », Paris, Hachette/Reclus, 1990, p. 402-415.

 

7

21 octobre

 

 

 

28 octobre

 

 

4 novembre

 

 

11 novembre

 

8

18 novembre

 

 

9

25 novembre

Armand Frémont. Aimez-vous la géographie ? Flammarion, 2001. p 77 à 90. Ouvrage disponible au CDI du lycée

 

10

2 décembre

Olivier Dollfus, « Le monde dans ses lieux », in La mondialisation, Paris, PFNSP, 1997, p. 21-36.

 

11

9 décembre

http://www.mgm.fr/PUB/Mappemonde/Mappe489R.html

Sylvie ADAM, Yves GUERMOND. Des hexagones dans l’Hexagone. 4 pages. Mappemonde, 1989.

Marie-Claire ROBIC. Sur les formes de l’Hexagone. 6 pages. Mappemonde, 1989.

 

12

16 décembre

 

 

23 décembre

 

 

30 décembre

 

13

6 janvier

 

 

14

13 janvier

Guy Di Méo. Les métropoles des pays développés, in Bailly, Ferras, Pumain. Encyclopédie de la géographie, 1992. P 697-712.

 

15

20 janvier

Pierre Veltz. La grande transition. La France dans le monde qui vient. Seuil, 2008. Page 12 à 22.

 

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