http://immonews.wordpress.com/2008/03/26/abou-dhabi-n%E2%80%99est-pas-dubai/

Géographie amoureuse du monde, Sylvie Brunel, édition Lattès, 2011

L’auteure :

Sylvie Brunel est une géographe, économiste et écrivain française, née en 1960. Spécialiste des questions de développement, elle a travaillé pendant plus de quinze années dans l’humanitaire et a publié une vingtaine d’ouvrages consacrés au développement, en particulier aux questions de famine. Elle est à ce jour professeur des universités à l’Université Paris IV-Sorbonne.

Résumé :

En février 2011, Sylvie Brunel s’est rendue à Abou Dhabi pour donner des cours à la « Sorbonne des sables ». Des professeurs parisiens se rendent dans l’université émiratie afin de répliquer leurs cours parisiens à des étudiants venant de tout le Proche et le Moyen-Orient. Elle a refusé pendant trois ans de s’y rendre, craignant pour sa liberté en tant que femme, et se représentant un pays contraignant et obligeant le port du voile. Cependant cette année (2011) malgré ses contestations, elle n’a pas eu le choix. Elle part ainsi, angoissée à l’idée de se rendre dans une région observée par le monde entier à cause des « révolutions arabes ».

I)            Un islam tolérant

Dès son arrivée à l’aéroport elle fait un constat : ce pays ne ressemble pas à ses voisins. Des personnes aux tenues vraiment variées sont observables : de la tenue traditionnelle à la minijupe en passant par le costume-cravate. Abou Dhabi est une ville particulière. Cette ville montre au monde que l’islam peut être une religion de tolérance et d’ouverture au monde. Le pétrole de cet émirat est devenu intelligence, permettant la construction d’un îlot de sérénité. On anticipe même déjà le moment où le monde sera privé de pétrole. La situation actuelle n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était en 1965 : une terre aride, peuplée de Bédouins se déplaçant à dos de chameau. Bien que les Britanniques aient occupé ce pays pendant 150 ans aucun progrès n’est noté. Le développement des perles de culture japonaises dans les années 1950 fait perdre au pays sa principale ressource économique. Aujourd’hui le paysage de la ville a été totalement remodelé par l’homme. La ville est un immense chantier, et avec les 80% d’immigrés asiatiques que compte sa population, il suffit de quelques mois pour métamorphoser la ville.

II)          Une géographie du changement

La ville est en grande mutation : des immeubles sortent de terre, des autoroutes à six voies voient le jour. Abou Dhabi n’a pourtant été désenclavé qu’en 1968 avec la construction du pont Maqta. Les Emirats Arabe Unis possèdent 10% des resserves mondiales de pétrole et peuvent donc presque tout se permettre. Cet or noir est découvert en 1959, et ne profite à la population qu’en 1966. A cette date Sheikh Bin Sultan Al Nahyan prend le pouvoir à son frère et parvient à réconcilier sept sultanats rivaux créant ainsi les Emirats Arabes Unis en 1971. En moins de trente ans il parvient à ériger une oasis de développement ouvert sur le monde, sans renier l’héritage du pays. Abou Dhabi a ancré sa métamorphose sur trois piliers : éducation, innovation, et anticipation.

Les professeurs faisaient quotidiennement la navette entre l’université et leur hôtel de luxe. Paris-Sorbonne-Université Abou Dhabi arbore sa laïcité, sa mixité, ses enseignants français. Le campus s’est construit en moins de six ans sur une ile déserte, qui va bientôt devenir un quartier de logements et d’affaires. Les élèves portent des vêtements traditionnels ou bien des jeans, casquette et autres tenues occidentales. Les étudiants sont ouverts, et ils discutent en plusieurs langues. Les émiratis savent qu’actuellement le monde est américain, et sera demain chinois ; de ce fait ils ont signés des accords avec le MIT (entres autres).

III)        Un rêve architectural au milieu du désert

A Dubaï la folie futuriste n’a pas résistée face à la crise mais à Abou Dhabi on continue de construire. Le plan d’aménagement de 2030 prévoit qu’elle comptera 2.6 millions d’habitants (soit le double d’aujourd’hui). La ville vise à devenir le nouveau « hub » culturel du monde. Sur l’île de Saadiyat des projets fascinants voient le jour : pour la construction d’un pôle de développement touristique et écologique ils ont fait appel aux meilleurs architectes du monde. Dès 2013 une réplique du Louvre doit ouvrir. Le musée Sheikh Zayed dominera l’ile, qui comptera aussi un musée Guggenheim, ou un musée de la marine aux formes effilées. De plus il y aura un golf et une marina. Malgré ces diverses constructions Abou Dhabi se veut exemplaire en matière de développement durable. Un écosystème a même été reconstruit sur une ile et les touristes peuvent y observer un troupeau de gazelles et d’oryx.

IV)         Le vert sous toutes ses formes

Les enjeux de demain seront verts : vert de l’écologie mais aussi vert de l’islam (la plus grande mosquée du monde a été construite aux portes de la ville). L’islam reste tolérant et les visiteurs non musulmans sont les bienvenus. La religion se manifeste dans la beauté et l’opulence. La volonté de Sheikh Zayed était que chaque habitant d’Abou Dhabi voit, en sortant de chez lui, un palmier et une mosquée, ce qui n’a pas empêché les autorités de réhabiliter une église chrétienne du Vème siècle. La ville du futur, Masdar voit le jour : c’est un laboratoire des technologies les plus innovantes en matière de croissance propre. Des sommes folles sont dépensées pour inventer l’architecture bioclimatique, ou de nouvelles énergies renouvelables. Des ratés sont observables et de ce fait il y a des conséquences. Les habitants d’Abou Dhabi doivent payer une partie de leur eau et de leur électricité, mais ils vivent encore des largesses de l’Etat envers les citoyens de souche (20% de la population). Ceci n’empêche pas les immigrations asiatiques ou du Proche et Moyen-Orient, qui trouvent  à Abou Dhabi les salaires et la paix sociale. Des défauts existent dans cette ville : convoitises sexuelles du patron, des punitions envers le vol d’un autre âge, les gens circulent en 4×4 mais tout en proclamant un amour du développement durable et en plantant sans cesse de la pelouse anglaise. Comment ne pas admirer l’ambition créatrice de ces anciens bédouins qui construisent les pyramides de demain dans un esprit de tolérance ?

En moins d’un siècle Abou Dhabi s’est métamorphosée, sans renier son histoire et a dompté terre et mer. Elle a su dominer une terre hostile et créer une terre de confort, ouverte au monde, et aux multiples possibilités, tout en respectant la biodiversité de son territoire. Le pétrole tant décrié n’est pas toujours signe de perdition et d’arrogance lorsqu’il est bien géré.

Critique :

Dans ce chapitre Sylvie Brunel permet au lecteur de découvrir une réalité bien souvent ignorée : Abou Dhabi n’est pas un état fermé et autoritaire. Elle sait montrer par une écriture simple que cette ville est en pleine expansion et que, bien que le pétrole soit actuellement sa principale rente cet état pense déjà à sa reconversion. Ainsi elle laisse voir au lecteur la longueur d’avance d’Abou Dhabi qui prend dès maintenant son futur en main, et est même capable d’agir en faveur de l’environnement alors qu’il produit du pétrole.

En 2009 l’association Architecture Dijon Bourgogne a proposé une exposition intitulé « Emirates City ». Un grand travail a été réalisé pour permettre de rendre compte de l’histoire, de l’aménagement du littoral, de l’urbanisme,… des Emirats Arabes, à travers de nombreux textes, images, ou vidéos. Cette exposition permettait aux visiteurs de découvrir le visage d’Abou Dhabi tel que le décrit Sylvie Brunel, mais il y avait également le parti pris de montrer que cette ville a voulu se démarquer des autres par une surenchère qui ne cessait de croitre.

Tiphany Rétif, HK/BL

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Fiche de lecture, l’île de Pâques

Géographie amoureuse du monde, Sylvie Brunel

Dans son livre Géographie amoureuse du monde, Sylvie Brunel, professeur agrégée de géographie ayant également travaillé dans l’humanitaire à l’étranger,  offre à ses lecteurs une nouvelle façon de voir le monde en leur faisant découvrir ses merveilles mais aussi ses secrets, comme ceux de l’île de Pâques par exemple. C’est justement dans cet article que la géographe aborde les mystères qui ont si longtemps entouré l’île et les questions qui en découlent : quand et pourquoi la civilisation Pascuane a-t-elle disparu ?

La géographe commence par décrire ce dont on est sûr : les habitants honoraient leurs ancêtres autour de leurs tombes, les ahus, et c’est pour cela qu’ils construisaient des statues, les moais, afin qu’elles veillent sur les vivants. La deuxième certitude est que l’île était recouverte de végétation, et qu’il ne reste presque plus rien de ces forêts aujourd’hui. Partant de cela, plusieurs hypothèses sont possibles quant à la disparition des Pascuans : autodestruction par des guerres entre clans, utilisation trop importante des ressources naturelles, etc… Mais Sylvie Brunel s’engage sur un chemin qui diffère de ceux empruntés auparavant.

En effet, celle-ci présente plusieurs facteurs explicatifs à ce phénomène : premièrement, une grave crise climatique au XVIIème siècle aurait été responsable d’une forte diminution de la végétation et donc d’un affaiblissement de la population, ayant provoqué un assèchement de l’île. Puis plusieurs événements auraient conduit la population Pascuane à être décimée, dont tout d’abord les rapts esclavagistes du XVIIIème siècle, ainsi que la tragédie de 1862 pendant laquelle la moitié des habitants fut enlevée, seuls six d’entre eux revinrent portant des maladies, et l’île était sous dictature. Enfin, un élevage trop important d’ovins fut à l’origine d’un déséquilibre écologique conséquent puisqu’il rendit les conditions de vie de l’île insupportables.

Dans cet article, la démarche de la géographe est intéressante, car elle mène son lecteur à la démonstration d’une thèse en réalité nouvelle, et c’est cela qui fait son originalité. En effet, Sylvie Brunel nous propose en premier lieu les idées de Jared Diamond, biologiste et professeur de géographie aux Etats-Unis, selon lequel les Pascuans se seraient autodétruits, à cause de problèmes internes dus à leur isolement. C’est justement en réfutant cette possibilité qu’un nouveau chemin s’offre à la géographe pour justifier la disparition des habitants. De cette manière, il devient captivant de se plonger dans une histoire qui semble alors progressivement se dévoiler au fil des certitudes, et ce pour le lecteur.

En fait, Sylvie Brunel nous offre la clé de compréhension de la disparition des habitants de l’île de Pâques, en nous montrant que les hommes n’ont pas poussé leur culte au point de détruire leur propre existence, mais que c’est en s’introduisant dans un cadre de vie qui n’était pas le leur que d’autres, appuyés par les lois de la nature parfois très rigoureuses, ont fragilisé l’équilibre insulaire de cet écosystème. Aujourd’hui, l’île, de nouveau peuplée, est classée au patrimoine mondial de l’Unesco, et une nouvelle fois menacée écologiquement à cause des trop nombreux passages de touristes. La Terre a bien des atouts, et c’est à l’homme d’apprendre à en tirer profit sans les éliminer.

Jeanne Chevrier, HK/AL

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Sylvie Brunel, Géographie amoureuse du monde, « Petite géographie à l’usage du monde » (chapitre 1)

Le livre Géographie amoureuse du monde de Sylvie Brunel est une réaction à la tendance actuelle d’accuser l’humanité de détruire à petits feux la planète dans un élan d’égoïsme. Sylvie Brunel crie son amour pour le monde et l’humanité à travers ce livre en espérant que son optimiste soit contagieux. Elle s’appuie sur ses propres expériences pour convaincre son lecteur, ce qui en fait un livre très personnel. Le premier chapitre de ce livre est une introduction présentant le regard qu’elle porte sur le monde.

« Je suis amoureuse du monde. Je le trouve beau, accueillant, hospitalier partout où l’homme a imprimé sa marque, façonné des paysages, apprivoisé l’eau […] C’est lorsqu’il abandonne un territoire que celui-ci s’ensauvage, devient friche, ronce et orties » Ce sont par ces mots que débute le livre de Sylvie Brunel. Son lyrisme, assez surprenant pour une géographe, laisse transparaitre tout son amour pour l’homme. Elle s’oppose d’emblée au discours fataliste que les médias ressassent sans arrêt : l’homme ne serait qu’un pion face à la nature qu’il maltraite. D’après Sylvie Brunel, c’est au contraire grâce à l’homme que la nature est aussi belle, c’est lui qui l’a entretenue et rendue habitable. L’homme n’est pas un être de destruction et ne peut être rendu coupable de vivre, ni d’aménager son territoire.

Strabon définit la géographie comme la science du monde habité par l’homme. Elle est ce qui « saisit ce que cachent les paysages ». Pour Sylvie Brunel, « être géographe, c’est lire le monde ». Un paysage est le reflet d’une histoire écrite par une civilisation.

Pendant des millénaires, la nature a imposé sa loi à l’homme. L’histoire de l’humanité est une lutte pour la survie (contre la faim, les maladies). Malthus à la fin du XVIIIe prédit une famine généralisée : « Au banquet de la terre, tous les pauvres ne peuvent pas avoir leur place ». Pourtant, ce discours n’est plus d’actualité : le niveau de vie de chacun n’a jamais été aussi élevé. Les populations n’ont jamais été autant ouvertes les unes aux autres grâce aux nouveaux moyens de transports et de communication. Chacun est aujourd’hui libre de choisir son destin alors qu’avant un individu le subissait (mariages forcés, travail incessant).

Pourtant l’homme continue à entretenir une culture du pire. Sylvie Brunel s’insurge contre ceux qui oublient qu’ils sont le produit de cette amélioration de la science et de la vie. L’homme n’a jamais aussi bien vécu en dépit des problèmes auxquels il est confronté chaque jour (angoisses, difficultés financières). Il ne faut pas négliger ces inégalités, mais travailler ensemble pour les atténuer. Cela devrait être le but de toute action politique. Au lieu de cela, les hommes se trouvent des boucs émissaires et entrent dans une logique fataliste en se voilant la face : ce n’est pas en prenant moins de bains que les problèmes de la planète se règleront. La science a amélioré le quotidien de chacun. D’ailleurs, les pays n’ayant pas accès à cette science se voient déserter par leurs populations. C’est avec cette logique que des aberrations telles que la peur des vaches voient le jour.

Pour construire des solutions durables, il faut aller de l’avant et ne pas s’ancrer dans un fatalisme qui au final ne propose rien de concrètement utile et réalisable. La géographie doit aider à trouver des solutions. Les hommes ont toujours surmonté les obstacles qui se sont imposés à eux, pourquoi aujourd’hui n’y arriveraient-ils pas ? Les aménagements qu’a du effectuer l’homme pour se prémunir contre le danger apparaissent aujourd’hui comme des évidences.

La nature reprend ses droits en rendant inhabitables les terrains délaissés par l’homme. Elle peut causer des catastrophes naturelles à tout instant, mais les sociétés n’en disparaissent pas pour autant. Elles migrent et évoluent pour survire. Au lieu d’avoir une peur de l’inconcevable, l’homme doit mobiliser ses connaissances pour mieux habiter le monde. Il n’existe pas d’obstacle infranchissable.

« Il n’existe pas de terre maudite. Juste des hommes qui décident ou non de se donner une chance de mieux vivre ensemble sur la même planète. »

Réflexion personnelle.

Sylvie Brunel surprend par son style qui se rapproche de celui d’un roman autobiographique empreint d’envolées lyriques.

Sylvie Brunel a raison de dédramatiser la situation actuelle. Laisser la nature reprendre ses droits ne rimerait à rien puisque cela conduirait à l’extinction de l’espèce humaine. De plus, si les discours fatalistes disent vrai, ce n’est pas la terre qui sera détruite, mais la civilisation humaine. La planète a survécu à la disparition des dinosaures, elle survira à la disparition de l’espèce humaine. Ainsi, quoique l’homme fasse, son avenir semble compromis. Pourtant, ce dernier a toujours cherché sa survie. Pourquoi se laisserait-il détruire aujourd’hui ? Surtout qu’avec un peu de lucidité, il paraît évident que ce n’est pas en éradiquant toutes les vaches ou en cessant de se laver que l’homme sauvera la planète.

Ce n’est en effet pas la planète qui est en danger, mais la survie de l’espèce humaine. L’homme doit donc essayer d’améliorer son quotidien, et rester à son échelle. Il ne faut pas qu’il régresse et perde ce qu’il a mis tant de temps à acquérir.

Mais Sylvie Brunel semble laisser de côté un problème qui ne peut être nié : la disparition de la biodiversité. Même si l’homme ne peut à priori rien faire à son échelle pour sauvegarder cette biodiversité, il doit s’adapter à cet environnement changeant. L’homme doit alors se tourner vers de nouvelles ressources. Grâce à la science,  de nouvelles ressources sont créées, mais à quel prix ? Il n’y a aucun doute, l’homme saura s’adapter. Mais si c’est pour en arriver au même stade que le film Soleil Vert de Richard Fleischer où l’homme n’a plus d’autres solutions que de se servir de ses morts pour survivre, est-ce une réussite ?

Yael Benayoun, HK/BL

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Mobilites_Ueno_Tokyo

Source : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1675

COURS

distribution de fiches de lecture à partir du dernier livre de Sylvie Brunel : Géographie amoureuse du monde, 2011.

2. Epistémologie de la question des mobilités.

  • Le concept de mobilité et ses approches.

Interrogation écrite sur les pays du monde

TD

– Le port fluvial de Gron, un compromis entre développement durable et mondialisation

réalisation d’un croquis par groupe de 3 à partir d’un dossier de documents

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In BRUNEL Sylvie, PITTE JR, LATTES JC, Le Ciel ne va pas nous tomber sur la tête, Société de géographie, 2010.

L’auteur : Alain Miossec

Spécialiste de la géographie des littoraux, Alain Miossec est l’auteur d’une thèse consacrée à la gestion de la nature littorale atlantique, étude comparative Etats-Unis, Pays-Bas, Royaume-Uni, Espagne et France (1994). Son activité scientifique lui a permis d’écrire des ouvrages sur les relations Homme-Nature sur les littoraux, ainsi que de travailler comme expert pour divers organismes d’Etat, comme l’Union Géographique Internationale et le Comité national de Géographie.

Résumé du chapitre

Le débat sur le réchauffement climatique et ses effets sur la montée des océans est régulièrement relancé. Mais, plus que craindre un aggravement des évènements, il faut savoir garder raison et tirer un enseignement des évènements du passé pour appréhender ceux du futur. Une réflexion calme aux risques envisageables entraînera alors la prise de mesures préventives efficaces pour les affronter.

Problématique : Comment garder raison face au déluge de critiques ? De quels moyens dispose-t-on pour accompagner l’évolution de la montée des eaux ? Résistance ou fuite ?

Contenu

1.  Exemple de la « violente tempête » qui a frappé les côtes atlantiques le 28 février 2010

Ce drame, qui n’est dû qu’à la convergence de facteurs favorables, révèle surtout les formes d’occupation et de gestion du littoral. Il permet aussi de caler un événement présent par rapport à ceux du passé, pour pouvoir ensuite envisager l’avenir.

Dans l’hypothèse du réchauffement climatique, il faut analyser la perspective d’un relèvement du niveau des océans, et anticiper les réponses possibles à ce relèvement.

2.  L’élévation du niveau des océans : réalités et solutions possibles

o     Le passé éclaire le présent…

On constate une grande variabilité de climats au cours du Quaternaire (on compte par exemple cinq glaciations), avec à chaque fois des conséquences sur le niveau de la mer. La dernière transgression a eu lieu il y a 20 000 ans, de manière irrégulière.

Situation contemporaine : Le niveau de la mer s’élève progressivement depuis la fin du XIXe siècle, et ce processus connaît une accélération depuis les années 1990. Deux techniques fiables permettent d’établir ce constat : l’augmentation des marégraphes et la télédétection par satellite.

Cependant, si l’on peut être sûr de l’augmentation du niveau des mers au cours du prochain siècle, il ne faut pas s’alarmer pour autant : la science est faite d’incertitudes.

Le problème n’est pas tant l’élévation du niveau des océans que la manière dont on envisage d’y faire face. On attend que la solution englobe à la fois un champ technique et politique : résister ou fuir…

o     Résister

La résistance suppose la mobilisation de la recherche technique et de l’art des ingénieurs. Le passé éclaire alors le présent : on adapte les techniques actuelles à l’évolution naturelle des littoraux, mais aussi aux observations faites dans le passé. Mais ces techniques, comme les digues, nécessitent un entretien permanent. La surveillance scientifique des lieux est aussi une des clés : elle ne permet pas d’éviter la transgression de la mer mais de savoir « où l’on en est ».

o     Reculer

Cette solution plus politique implique le retour contrôlé de la mer par la dépoldérisation, ce qui a le bénéfice de créer des milieux riches en faune et en flore. Cependant, il est difficile d’obtenir l’acceptation de ce recul par des populations dont les générations précédentes avaient inscrit leur vie dans la lutte contre la mer ; de plus, les populations ne veulent pas voir le danger et continuent, pour le tourisme notamment, à construire en zone inondable.

3.  Des rivages qui resteront encore longtemps sous pression

Il faut nuancer les propos de ceux qui dénoncent les responsabilités humaines dans l’actuel réchauffement du climat et mettent en cause l’océan comme facteur futur de déstabilisation du climat.

o     … de la mondialisation

La maîtrise des espaces océaniques a toujours été source d’enrichissement matériel et spirituel.

Aujourd’hui, le commerce international est dominé par des échanges internationaux de telle ampleur que seul le navire peut rendre les services les plus appropriés en terme de coût-bénéfice. La géographie des ports témoigne donc de la puissance des échanges et des mutations les plus récentes (ex : transfert des places portuaires les plus importantes de l’Occident à l’Asie).

Bien sûr, cette prépondérance portuaire a des conséquences de type environnemental…

o     Transports maritimes

L’augmentation du tonnage est l’expression d’une croissance continue : la diversification de l’offre avec les modifications apportées aux navires, de plus en plus gros et spécialisés, est une réponse économique à la demande croissante. Le cas du pétrole reflète bien cette spirale de la croissance.

4.  Science et technique au service de la destruction des fonds marins, la pêche ?

Peut-on envisager un jour une mer sans poisson ? En effet, certaines espèces se raréfient du fait de l’amélioration des techniques de pêche, qui permettent d’aller toujours plus en profondeur. L’avenir est donc à l’élevage de poissons… et à l’indemnisation des pêcheurs.

5.   Menaces fantasmées et craintes réelles : des solutions pour des angoisses mal venues

Une telle pression sur les littoraux entraîne évidemment des conséquences spatiales et environnementales. Cependant, les commentaires alarmistes doivent être nuancés.

Problème des coraux (développement difficile et blanchissement à certains endroits) : les phénomènes doivent être étudiés dans la durée et non dans l’instantané du constat : le temps de la nature n’est pas réductible à celui de l’homme.

Problème des marées vertes : la nature est en partie responsable de ce phénomène, qui ne date pas d’hier (on en parlait déjà il y a trente ans). De plus, des solutions techniques et des dialogues ont été mis en place.

Finalement aujourd’hui, l’image et l’émotion l’emportent sur la rationalité. Il faut alors savoir garder raison et trouver des solutions à des problèmes qui sont d’abord locaux.

Critique

Cet article a le mérite d’être optimiste et de donner des raisons de l’être. Il reprend en effet les questions préoccupantes que soulèvent les médias et y répond rationnellement, sans toutefois négliger leur ampleur. Cependant, les solutions données sont uniquement politiques ou scientifiques et ne mentionnent pas ce que pouvons-nous faire, nous, au quotidien. Sommes-nous alors impuissants, totalement dépendants des décisions des chefs d’Etat ?

© Margot Grellier, HK AL

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