http://leblogdelaville.canalblog.com/archives/2012/06/19/24530454.html

Le LaSUR organise à l’automne 2012 un double évènement sur le thème de la mobilité: la conférence du GT 23 de l’AISLF Mobilités spatiales et fluidités sociales, sur le thème des représentations et imaginaires de la mobilité (30-31 octobre) et la conférence annuelle Cosmobilities sur le thème de la gouvernance de la mobilité (31 octobre et 1er novembre).

lire la suite sur le blog de la ville

Étiquettes : , , , , , , , , ,


 

http://www.pearltrees.com/#/N-p=13113367&N-play=1&N-u=1_118027&N-fa=1273798&N-s=1_1355626&N-f=1_1355626

Plusieurs interventions se succèdent dans l’avant-dernier billet de ce feuilleton sur les déambulations urbaines (Colloque de Cerisy, juin 2012). On retient que les progrès prennent appui sur une réelle envie de marcher des citadins. Mais comment accompagner ce désir de marche ?
« Marcher dans la ville en mouvement ». Tel était le titre d’une matinée à Cerisy introduite par Murielle Apel-Muller, urbaniste et déléguée à l’Institut pour la Ville en mouvement. Si comme le souligne Pascal Amphoux (chercheur au laboratoire du Cresson) « la marche est dans la nature de l’urbain » et que la ville devient « notre environnement naturel », le rapport entre ville et piéton devient à la fois évident et nécessaire.

Retrouvez les précédents compte-rendus sur le colloque :
Quoi de génial dans la marche ?
Parcourir la marche paysanne par Eric le Breton

http://www.pearltrees.com/#/N-p=13113367&N-play=1&N-u=1_118027&N-fa=1273798&N-s=1_1355626&N-f=1_1355626

Étiquettes : , , , , , , , , , ,


Paris est un leurre
Xavier Boissel
Ed Inculte, 2012

À la fin de la première guerre mondiale, le gouvernement français a planifié la construction d’un  double de Paris, une fausse ville destinée à leurrer d’éventuels pilotes allemands en route pour bombarder la capitale. La fausse ville, dont la construction était prévue près de Maisons-Laffitte, au nord-ouest de la capitale, reproduisait certains éléments marquants du paysage parisien : un bras de Seine, la place de l’Étoile et celle de l’Opéra, les grands boulevards. Certaines cibles que les aviateurs auraient cherché à repérer, comme les gares, devaient également être reproduites. Conçu à une époque où les aviateurs naviguaient sans radar et pouvaient être trompés, de nuit, par de fausse illuminations, ce projet n’a pas fait la preuve de son efficacité. Sur la photographie ci-dessous, datée de 1920, on voit une file de baraquements encore debout deux ans après l’armistice. Ils devaient passer pour une ligne de chemins de fer, le jour, et un train illuminé, la nuit.

Lire la suite sur le blog de la ville


 

Étiquettes : , , , , , , , , ,



http://blog.1001actus.com/tag/tcl-lyon

Le Monde, 10 juin 2012

A Lyon, la ligne C12 s’étire du centre-ville à la cité des Minguettes. Vingt kilomètres de trajet durant lesquels la conductrice Anne Sari voit défiler un concentré de toute la société française

A Cannes, mal réveillée après une nuit trop courte, Isabelle Huppert répond par borborygmes à Pascale Clark, la journaliste de France Inter qui tente de l’interroger sur la magie du Festival. A Lyon, dans le bus qui patiente sur la place Bellecour, ils sont quelques-uns, comme l’actrice, à n’avoir qu’une envie : retourner au lit. Ce ne sont que visages de papier mâché, corps avachis sur les sièges. Il règne un silence ensommeillé, gentiment troublé par les voix des deux femmes à la radio.

Il est 7 h 49 quand le bus C12 démarre. De la place Bellecour au terminus  » Hôpital-Fezin-Vénissieux « , le parcours dans l’agglomération lyonnaise dure une heure et s’étend sur quelque vingt kilomètres, ponctués d’une trentaine d’arrêts. Mais, pour 1,60 euro, le prix d’un ticket, c’est un périple dans la société française qui s’annonce, entre les quartiers bourgeois du centre-ville et la cité des Minguettes, en passant par les quartiers de classes moyennes du 8e arrondissement ou les zones d’activités de la ville de Saint-Fons.

Une traversée avec une guide patentée : Anne Sari, conductrice de bus aux TCL (Transports en commun lyonnais). Depuis un peu plus de deux ans, cette femme de 51 ans se faufile dans la circulation avec son Iveco articulé, un mastodonte long de 18 mètres, lourd de 28 tonnes à plein, c’est-à-dire avec 152 passagers à bord, nombre régulièrement dépassé.

De son poste d’observation, Anne Sari voit bien les frontières invisibles qui balisent son parcours, là où montent et descendent les couches populaires, les classes moyennes, les bobos, les étudiants. Place Jean-Macé, Moulin-à-Vent (partage des eaux entre la ville et la banlieue), Picard (entre Saint-Fons et Vénissieux)… Autant d’arrêts, autant d’octrois où la population change.

C’est écrit au-dessus de sa tête, il est interdit de parler au chauffeur quand le bus est en marche. Dans son appartement, donc, Anne Sari nous raconte en détail son quotidien. Après avoir travaillé des années en tant que personnel au sol dans le transport aérien, cette mère de famille venait de se retrouver au chômage quand elle est tombée sur une offre d’emploi des TCL. La filiale de Keolis cherchait des conducteurs.

Après trois mois de formation, où elle apprend à manier ce bahut bourré d’électronique Alcatel, l’impétrante est jetée dans le trafic. Elle se porte volontaire pour la C12, ligne réputée difficile, mais dont les bus modernes permettent de capter sa radio préférée… Premier départ à 4 h 50 (prise de service à 4 h 30), tandis que France Inter lance ses programmes avec  » Un jour tout neuf « . Dernière arrivée un peu avant 1 heure du matin, quand les ondes nationales diffusent  » Nuits noires « . A chaque service, sept heures par jour, la conductrice fait six à sept fois la vingtaine de kilomètres du parcours.

A la première heure, Anne Sari accueille les femmes de ménage partant vers les bureaux du centre, les ouvriers qui embauchent dans les usines du  » couloir de la chimie « , dans la banlieue sud de Lyon, les employés des abattoirs ou les manutentionnaires des entrepôts de Corbas, petite bourgade de l’est de l’agglomération. Ces travailleurs de l’aube se traînent jusqu’à un siège, à peine réveillés et déjà exténués.

Vers 8 heures, le bus s’anime quand la foule tapageuse des élèves grimpe à bord. La ligne s’arrête notamment devant le lycée Jacques-Brel, aux Minguettes. Il y a peu, c’était un des plus mal classés pour les résultats du bac. Le pourcentage remonte lentement, comme un baromètre de ce quartier qui tente d’échapper à sa mauvaise réputation – il fut le siège d’une des premières émeutes de banlieue, en 1981. Plus loin, à Ludovic-Bonin, embarquent à leur tour les élèves du très couru établissement privé La Xavière, dont le lycée affiche 90 % de réussite au bac.

A Vénissieux, au milieu de la matinée, s’annoncent les  » chibanis « , comme les appelle affectueusement Anne Sari, de dignes messieurs qui parlent entre eux à voix basse, mêlant le français et l’arabe. Ces retraités poussent souvent jusqu’à la place Gabriel-Péri, plus connue localement comme  » la place du Pont « . Ils y retrouvent d’autres immigrés avec qui ils discutent du temps qui passe. Dans l’après-midi, Anne Sari les récupère et les ramène chez eux.

A l’arrêt Picard, des femmes souvent accompagnées d’enfants descendent avec des cabas vides.  » Il y a un Resto du coeur pas loin « , précise la conductrice. Dans ce même secteur, aux Marronniers, se trouvait il y a quelque temps un camp de Roms, démantelé depuis.  » Ils sont mal perçus par tout le monde. Ils ne payent pas, mais ils sont polis : ils disent toujours bonjour. « 

Ce qui n’est pas forcément le cas des autres passagers, même si Anne Sari reconnaît des torts partagés.  » Quand je regarde les gens qui montent, ils me saluent. Quand je les ignore, ils me dédaignent à leur tour. « 

lire la suite sur Le Monde.fr

Étiquettes : , , , , , , , , , ,


Pour une critique de la ville. La sociologie urbaine : 1950 – 1980. Eric Le Breton. PUR, 2012. 298 pages. 16€

Vous vous mélangez les pinceaux entre les différents courants de la sociologie urbaine française ? Eric Le Breton, maître de conférences en sociologie à Rennes 2, a pensé à vous en vous proposant une synthèse raisonnée des différents courants qui ont marqué cette époque.

L’auteur a eu le souci d’ordonner les auteurs et les producteurs de la sociologie critique en cinq courants de recherche aux effectifs et unités parfois discutables. C’est ainsi qu’il consacre une place à part à Henri Lefevre dans la généalogie des courants qu’il distingue : « Henri Lefebvre incarne à lui seul un premier courant. » Inspiré par la pensée marxiste, il lui apporte une touche personnelle dans les sept ouvrages de sociologie urbaine qu’il publie en moins de 10 ans. Au contraire des marxistes, menés par Manuel Castells, qui estiment que la ville n’est que le résultat des intérêts du capitalisme et de l’Etat qui lui est allié, Henri Lefebvre pense que le capitalisme industriel présente un danger pour la ville. Il veut croire à la mise en place d’une société urbaine émergente. Les marxistes constituent le groupe numérique le plus important de la sociologie critique des Trente Glorieuses. La société de consommation, l’urbanisation de la France leur offre du grain à moudre. Eric Le Breton fait une place à part aux « Cerfistes », c’est-à-dire « ceux qui ont abordé la ville dans la perspective conceptuelle développée au sein du Centre d’Etudes, de Recherches et de Formations Institutionnelles, le CERFI ». Menés par Michel Foucault, ils analysent la ville comme le résultat d’une « dynamique d’hyper-rationalisation de la société et de production de citoyens obéissants. » Ces trois courants ont comme point commun d’aborder « les réalités urbaines comme le produit historique de rapports de force entre acteurs sociaux. » Les deux autres courants distingués voient la ville sous un autre œil « celle de la production habitante de l’urbain. » L’analyse des rapports de force sont secondaires dans les deux dernières approches. Le courant mené par Paul-Henry Chombart de Lauwe cherche à comprendre comment les habitants créent et s’approprient leur environnement de vie. L’espace est un laboratoire de la société. Le dernier courant distingué par Eric Le Breton est désigné sous le terme de la sémiologie même si l’unité de ces travaux n’a jamais été affichée par ces chercheurs qui n’ont pas nécessairement travaillé ensemble. Malgré tout, ils voient la ville « comme univers signifiant et signifié par les habitants. » La ville est vue comme une langue.

La sociologie urbaine des Trente Glorieuses est donc multiple. Malgré tout, la posture critique adoptée est le point commun qui réunit les cinq courants. « Sociologie critique dans le sens où les questions urbains sont abordées à partir de la posture intellectuelle des pensées critiques qui se déploient au cours des Trente Glorieuses, à la confluence des Sciences Humaines et sociales et des débats politiques. » Tous ces courants partent du postulat que la société est structurée par des mécanismes de pouvoir et de domination. Pour eux, l’acteur individuel n’est pas autonome dans la société des Trente Glorieuses. Les travaux des chercheurs doivent orienter le changement social. Si La question urbaine de Manuel Castells, La poétique de l’espace de Pierre Sansot ou Le droit à la ville de Henri Lefebvre font aujourd’hui partie du panthéon des sciences humaines, la plupart des travaux de la sociologie critique sont aux oubliettes. Dans les années 1980, la sociologie s’oriente vers des travaux plus opérationnels, en lien avec l’aménagement. La sociologie urbaine s’attache désormais à des objets tels que les mobilités, l’environnement, les banlieues, le périurbain. La recherche est le reflet de son époque. Elle répond à un besoin. « Si la sociologie urbaine critique est radicale, son époque l’est autant, ces Trente Glorieuses sont « Trente furieuses » en matière de transformation des villes. »

Catherine Didier-Fèvre © Les Clionautes

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,