Les facettes du paysage

Nature, culture et économie

Le programme est en ligne.

http://www.fig.saint-die-des-vosges.fr/blog/posts/europe-asie-eurasie-et-la-turquie-partie-1 

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Photo : Cécile de Chambine

 

Localisation : Kaleköy est  une petite île située dans la baie de Kekova sur la côte ouest de la Turquie. La photo a été prise de la citadelle byzantine située au sommet de l’île et qui permet d’englober toute la baie de Kekova.

Description : Au premier plan on observe les vestiges des murailles de l’ancienne citadelle byzantine qui domine l’ensemble de la baie. Au second plan, se dessine le village et le port où sont amarrés plusieurs bateaux dont deux gros catamarans de croisière. On remarque que les maisons du village sont identiques avec un toit couleur rouge ce qui donne une touche de couleur à l’image. On distingue plusieurs pontons où les bateaux peuvent débarquer leurs passagers, notamment les touristes qui souhaitent visiter la citadelle. De plus, l’ensemble du village et du port est un peu masqué par de la végétation.  Au troisième plan c’est la baie de Kekova avec en son milieu trois voiliers dont raffolent les touristes pour voyager le long de la côte turque. Pour terminer au cinquième plan, on peut voir l’île de Kekova où se trouve une cité engloutie. Au loin se distingue la fin de la baie avec la Mer Méditerranée.

Interprétation :   Les différents plans qui composent cette photo dégagent une certaine paix, un calme par rapport aux différents ports de Turquie comme Izmir ou Istanbul, connus dans le monde entier et très peuplés. Cette île au contraire propose un paysage dépaysant où se mêlent intérêt historique avec la citadelle byzantine et la ville engloutie et intérêt panoramique. De plus la présence des deux catamarans et des voiliers de croisières montrent que cette île, éloignée de tout, compte sur le tourisme et sur l’importance de son site historique pour se développer. A côté des voiliers, les bateaux plus modestes montrent que les habitants sont coupés du monde et ainsi que le bateau est le seul moyen de transport qui leur permet de ne pas être complètement coupés du monde. La différence de taille des bateaux met en valeur la différence de niveau de vie entre les touristes qui viennent visiter la citadelle et la cité engloutie de Kekova et les habitants de Kaleköy.

Intérêt : J’ai choisi cette photo pour la sérénité qui s’y dégage et pour ses intérêts à la fois historiques et économiques car le tourisme assure la majeure partie des revenus de l’île, comme par exemple les restaurants qui prêtent leurs pontons aux touristes pour débarquer en échange d’une consommation.

Cécile de Chambine, HK/AL

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DrapeauxTurcEuropeenIstanbul

Source : http://www.aid97400.lautre.net/spip.php?article869

Chapitre : L’Europe du Sud-Est. Balkans ou Europe du Sud-Est ? Une énigme pour la géographie régionale. Georges Prévélakis

in L’Europe. Entre géopolitiques et géographies. Sous la direction de Michel Foucher, SEDES, 2009.

Au XVIIIe on parlait de péninsule Balkanique dont la délimitation était fondée sur le relief, les mers et les terres uniquement. Le terme de Balkans renvoie aux territoires issus de l’empire Ottoman et se limitant au Bosphore. Pourtant on parle aussi d’Europe du Sud-Est donc la Turquie peut y être intégrée. En XIXe la zone est perçue de manière négative par le reste de l’Europe en raison des guerres qui y régnèrent en lien avec la « Balkanisation » c’est-à-dire un processus de fragmentation territoriale en raison de conflits armés religieux et ethniques. Cependant, on remarque une « européanisation » du XIXe jusqu’à nos jours, celle-ci permettant alors l’émergence du terme d’Europe du Sud-Est. Peut-on donc considérer à l’heure actuelle cet espace comme pleinement intégré au reste de l’Europe ?

 

Spécialiste de la géopolitique de l’Europe, notamment concernant les Balkans et diasporas, l’auteur, Georges Prévélakis, travailla aux Etats-Unis puis en France (à Paris I et à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris) après une carrière d’universitaire et d’urbaniste en Grèce.

 

I. L’Europe du Sud-Est constitue un espace intermédiaire permettant une grande communication intercontinentale

 

Elle est un carrefour entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Cependant il s’agit d’un territoire au relief discontinu, ce qui contribue au fait que la plus grande partie soient exclue de la grande circulation (montagnes, îles…) et soit donc victime de conservatisme et de stagnation tandis que le reste peut être qualifié d’espace utile dynamique et ouvert aux nouveautés apportées de l’étranger.

 

L’historien Dimitri Kitsikis perçoit cette région comme le centre d’un « espace intermédiaire »qui permet la liaison de l’Orient et l’Occident.

Une fragmentation politique entraînant une perte d’unité territoriale lui nuit en empêchant un contrôle organisé des flux. De plus, ce territoire attire les convoitises des grandes puissances européennes telles que la Grande-Bretagne, la France, la Russie, l’Allemagne.

Ainsi, étant auparavant un espace central, il se transforme peu à peu en périphérie jusqu’à constituer ce qu’on peut appeler une zone-tampon. Notamment en raison de la Balkanisation ou fragmentation politique qui serait due à une émergence des nationalismes. Néanmoins il faut garder à l’esprit que les identités nationales étaient quasiment inexistantes lorsque la région était dominée par les ottomans : on ne peut nier la présence d’ethnies différentes mais on ne peut pas non plus les considérer à cette époque déjà comme des nations constituées.

 

II. Les transformations iconographiques et territoriales contribuent à l’union ou division des peuples

 

Jean Gottmann travaille sur le cloisonnement de l’espace géographique : sur la manière dont la désignation des frontières illustre les évolutions politiques d’un espace. Il perçoit les modifications territoriales du XXe siècle comme un « recloisonnement » pouvant à la fois désigner une division (éclatements de l’URSS et de la Yougoslavie) ou au contraire une unification (constitution de l’Union Européenne).

 

On peut alors considérer deux faisceaux de forces :

-la circulation : cause et conséquence de la mondialisation, d’une évolution, et d’un décloisonnement des espaces plus ou moins bénéfiques pour les populations parfois déstabilisées par des mutations trop rapides et inhabituelles.

-l’iconographie : processus illustrant l’auto-défense à l’encontre des modifications engendrées par le premier faisceau à travers la mise en place de frontières. Ce terme évoque l’unité d’une société que les migrations ne parviennent pas à altérer, et en se rapportant à celui d’icône il revendique une dimension symbolique. Une iconographie est donc un système de références unificatrices d’un peuple.

 

Il existe trois types d’iconographie :

– de « pays : des éléments iconographiques tels que l’environnement naturel, les moeurs, les liens économiques, rapprochent plus que les langues ne divisent.

Exemple : Les Turcophones de Crète se considèrent plus comme Crétois que Turcs.

– impériale ou ottomane : l’unité culturelle de l’empire a apporté paix et stabilité.

– religieuse : les institutions de l’empire ottoman reposaient sur les religions et les communautés s’occupaient aussi bien de l’éducation que de la justice ou de la politique.

 

L’Europe du Sud-Est à l’époque ottomane est considérée à tort comme une mosaïque : sans pour autant nier les différences il ne faut pas pour autant ignorer les échanges et partages régnant dans les domaines économiques, militaires, culturels.

 

Le processus d’européanisation s’est parfois effectué trop rapidement et on peut parler de palimpseste concernant l’Europe du Sud-Est. L’excès de circulation a conduit à l’émergence des iconographies nationales et donc à la Balkanisation.

Exemple de la Grèce : constitution identitaire parfois superficielle inspirée de la culture de l’Antiquité et des empires Byzantin et Ottoman, frontières arbitraires, nouvelles institutions militaires et politiques, expulsion des non hellénophones, émergence de la puissance Athénienne.

Ces modifications sont parfois dangereuses car elles peuvent entraîner des déplacements forcés de populations ne voulant pas se conformer au nouveau modèle et des épurations ethniques allant même jusqu’au génocide.

 

III. Des résidualités et l’hétérogénéité entravent une intégration totale de la région au reste de l’Europe et une évolution commune à tous les territoires

 

On remarque encore des résidualités importantes freinant le développement de certains pays.

Exemples : Chypre est un carrefour divisé convoité par les Britanniques, Turcs et Grecs, la Moldavie est partagée (Russes au Nord/Roumains au Sud), la Bulgarie n’a pas pu s’étendre autant qu’elle ne le désirait, la Serbie n’a jamais pu constituer un véritable Etat-nation…

Etant donné que les nouvelles iconographies influencent les luttes identitaires, la solution serait peut-être alors de se reporter sur le fond commun ottoman pour créer une nouvelle unité.

 

Les pays sont plus ou moins intégrés au reste de l’Europe :

– stabilité territoriale pour la Grèce, la Turquie, la Roumanie, l’Albanie et la Bulgarie depuis la fin du second conflit mondial.

– situation incertaine des pays de l’ex-Yougoslavie depuis 1990 comme la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo.

 

L’appartenance à L’U-E est issue de celle à l’OTAN sauf pour la Turquie restant exclue.

Plusieurs années suivant la guerre froide l’hétérogénéité économique se poursuit : les pays communistes connaissent de graves difficultés tandis que les alliés de l’Occident ont été aidés par les puissances appartenant à ce dernier.

 

Conclusion et solutions envisageables :

 

L’intégration régionale pourrait être une solution efficace pour limiter les problèmes liés à la fragmentation des territoires. De plus, cet espace est utile à l’U-E en raison de sa position de carrefour et de la  favorisation des contacts qu’elle permet avec de nouvelles puissances telles que la Chine. La contagion des problèmes de l’Europe du Sud-Est n’aurait lieu que si elle ne s’intégrait pas totalement à l’U-E.

Il ne faut pas oublier non plus qu’il s’agit d’une zone tampon toujours aussi convoitée : par les Etats-Unis qui s’en détachent peu à peu sans pour autant être prêts à abandonner leur influence, mais aussi par la Russie qui tente d’y étendre la sienne.

L’intégration complète des pays du Sud-Est Européen à l’U-E ne peut pas seulement s’effectuer à l’aide de subventions mais plutôt par la reconnaissance de leur particularité afin de trouver des moyens adaptés aux problèmes rencontrés.

 

Critique personnelle :

 

Le cas de l’Europe du Sud-Est permet de mesurer l’importance des réseaux intercontinentaux et notamment des carrefours au cœur de ces derniers. Espace convoité pour cette raison, sa fragmentation nuit à une circulation efficace des flux qui pourrait contribuer à un développement plus rapide et à une meilleure intégration au reste de l’Europe.

Nous constatons alors que l’unité, qu’elle soit au niveau culturel ou simplement des échanges, constitue une condition sine qua non à l’évolution et à la prospérité économique d’une région et qu’une position géographique bien qu’avantageuse n’est pas suffisante si les hommes qui la peuplent ne parviennent pas à s’entendre.

 

Charlotte Ortiz, HK AL

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C’est un dossier sur le rôle des diasporas dans le monde aujourd’hui, il est coordonné pas Xavier de La Vega, journaliste pour Sciences Humaines. Ce dossier est paru dans cette même revue en juillet 2006 (N°173).

Nous avons principalement quatre grands auteurs qui s’expriment à travers des articles ou des interviews.

–          Thomas Faist : professeur à la faculté de sociologie de l’université de Bielefeld en Allemagne. Il est coauteur avec Rosemarie Sackmann et Bernhard Peters de Identity and Integration. Migrants in Western Europe 2003 and Transnational Social Spaces : Agents, Networks and institutions 2004

–          Dominique Schnapper: Membre du Conseil Constitutionnel et chercheuse à l’EHESS. Elle a écrit de nombreux ouvrages sur les Etats Nations : La Communauté des citoyens, Sur l’idée moderne de nation. Publie avec Chantal Bordes-Benayoun Diasporas et Nations en 2006

–          Riva Kastoryano : Chercheuse au CNRS et enseignante à l’IEP de Paris. Est l’auteur d’Etre turc en France 1999, Les Codes de la différence, Race-Origine-Religion, France-Allemagne-Etats-Unis. A dirigé « Quelle identité pour l’Europe ? Le multiculturalisme à l’épreuve »

–          Alejandro Portes : Professeur à l’université de Princeton. Publie un article qui reste une référence : « La mondialisation par le bas ». Ecrit en collaboration avec Cristina Escobar et Alexandria Walton Radford Immigration transnational organization and developement : a comparative study.

 

Idées principales

  • La diaspora comme phénomène mondial créant des transferts culturels, politiques, économique et religieux d’un pays d’origine à un pays d’accueil.
  • Une identité nationale qui prime sur l’identité diasporique
  • Un impact culturel, politique et économique sur les pays d’origine.

 

I-                    La diaspora comme phénomène mondial créant des transferts culturels, politiques, économique et religieux d’un pays d’origine à un pays d’accueil.

A-     « Corridors naturels »

Transitions de symboles, de personnes, pratiques et écrits cela crée des corridors culturels auxquelles les diasporas apportent plusieurs réponses

ð  Acculturation ou assimilation aidées par l’Etat Nation

ð  Multiculturalisme ou pratique culturelle syncrétique

Identités hybrides qui influent sur la façon dont les individus s’auto définissent.

B-      Politique et économie

Donne le droit à la double nationalité. Les diasporas ne sont plus considérées avec autant de méfiance que par le passé.

Transferts d’argent du migrant vers sa communauté d’origine.

C-      Espaces transnationaux

ð  Les réseaux de parenté : familles dont un des membres travaille à l’étranger. Fort sentiment d’appartenance à un lieu commun.

ð  Les réseaux d’intérêts structurés autour d’un objectif commun de nature politique, scientifique ou commerciale.

ð  Organisations transnationales : petits groupes avec des liens sociaux et symboliques comme les ONG

ð  Les communautés transnationales : cimentées par des liens religieux particulièrement denses.

 

II-                  Une identité nationale qui prime sur l’identité diasporique

A-     La méfiance des nations

Considèrent l’homogénéité culturelle comme un fondement de leur existence et veulent une appartenance exclusive à la Nation. Les nations ont réduit l’identité diasporique à un sentiment purement religieux/ les catholiques allemands pouvaient se battre contre des catholiques français.

C’est pourquoi le juif était mal considéré car ils conservaient malgré une participation politique le plus souvent très loyale, une fidélité à un « peuple » dispersé dans l’espace mondial.

B-      Identité nationale qui prime sur l’identité diasporique

L’investissement patriotique a été le plus exigeant car il comportait des éléments sentimentaux.

On observe une dilution du sentiment d’appartenance à une diaspora au fil des générations

 

III-                Un impact culturel, politique et économique sur les pays d’origine.

A-     L’impact politique et religieux

On observe une exportation des principes politiques européens dans les pays d’origines ou du moins les diasporas militent pour une européanisation des institutions de leur pays. Le dossier donne l’exemple de la Turquie. Cette conception nouvelle des la politique apportée par les migrants influe fortement la religion. Les migrants sont en faveur d’un état plus laïc ou l’Islam est plus modéré. Les dirigeants de la Turquie luttent contre cette conception européenne de l’Islam qu’ils appellent Islam dissident.

Les migrants agissent également pour faire reconnaitre l’égalité des droits dans les pays d’immigration et d’origine.

 

B-      L’impact économique

Prend l’exemple des pays latinos.

Transferts de fonds qui vont des pays d’accueil vers les pays d’origines qui ont deux redistributions ;

ð  Association Funglode à rayonnement national

ð  Fondations des canafisteros de Bani de Boston à action régional voire villageoise.

Aides qui deviennent plus substantielles que celles de l’Etat. Instaure une dépendance.

 

 

Réflexion personnelle

 

On oublie souvent que ces diasporas sont assez anciennes comme celles des juifs et l’interview de Dominique Schnapper montre qu’il y a bien une histoire des nations et des diasporas liées. On réduit souvent les diasporas à un rôle purement économique alors qu’en fait il y a un véritable processus culturel et politique derrière leurs actions. Cela redonne un nouveau regard sur l’immigration en tant qu’exportation de principes culturels et politique et pas seulement économique.

Les mobilités décrites ont un passé très fort et se déroulent à l’échelle mondiale ce qui accroit le rôle des diasporas comme communautés. Et on peut finalement rattacher cette notion de diasporas à l’échelle régionale ou nationale : pour s’intégrer dans une nouvelle ville on cherche des nouveaux contacts dans notre milieu professionnel ou confessionnel.

Quitterie Beaumont

HK AL

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