photographie : Jean-Baptiste Foubert

Cette photo a été prise sur le Canal du Midi, au port de Bram dans l’Aude, à quelques kilomètres de Brugairolles, où j’ai séjourné deux semaines. On distingue nettement à droite et on le devine à gauche, que le canal est bordé d’arbres plantés à intervalle régulier. En effet le canal n’est pas naturel et depuis sa construction qui commence en 1667 et dure quinze ans, son entretien est important et couteux. A gauche et à droite, le long des berges, ainsi qu’au centre de l’image, on voit des bateaux qui naviguent ou qui sont à quai. On remarque aisément qu’il s’agit de bateaux de tourisme, tels qu’on en trouve sur tous les canaux de France, qui permettent d’effectuer de paisibles petites croisières et de découvrir la France des canaux sans avoir le moindre « permis bateau ». Mais ce n’est pas là le but premier du canal. Si celui-ci est aujourd’hui dédié en grande partie au tourisme, il fut longtemps utilisé comme moyen de transport de passagers et de marchandises. L’un des buts du canal était de relancer le commerce du blé et du vin du Pays du Lauragais – pays qui s’étend sur l’Aude la Haute-Garonne et le Tarn – vers Toulouse.

En effet, le Pays du Lauragais, grâce à sa géographie variée permet à plusieurs activités agricoles de vivre en même temps. L’Aude étant une région très vallonnée, permet suivant la nature des sols, la production de vin (on dénombre sept vignobles importants de la région) et la culture de tournesols. Le Nord-Ouest de l’Aude est dédié à une activité céréalière et la Montagne Noire à l’élevage de moutons. Aujourd’hui, bien que la viticulture soit la première économie du département, le tourisme a connu un essor fulgurant, notamment grâce au Conseil Général qui l’a nommé en 1990 Pays Cathare. Depuis une trentaine d’années le département développe son tourisme par son attrait mystérieux qui règne autour du catharisme, dont Carcassonne fut un haut lieu de rassemblement. Le public appréciant fortement l’aspect « authentique » du département, son patrimoine culturel varié le tourisme s’est développé rapidement et il devient très difficile d’avancer correctement dans la Cité de Carcassonne aux dites « heures de pointe ». Un autre effet de cet essor du tourisme est l’augmentation folle du nombre de résidences secondaires dans tout le département.

J’ai choisi cette photo car elle présente le canal du Midi qui permet de donner un aperçu, par son utilisation variable au cours du temps, des activités de l’Aude, mais aussi, pour le nom du port. Bram. En effet, les noms des villages et des villes de l’Aude me sont tout de suite apparus comme des noms chantant et vigoureux. Bram, Brugairolles, Carcassonne, Moux (prononcer le x), La-Force, Narbonne, Roquetaillade, Lagrasse, … Ce sont des noms qui évoquent le climat chaud, venteux et changeant, ainsi que la géographie escarpée, vallonnée, de la région. Et quand tous ces noms sont prononcés par un vieil audois qui aime son « pays », ils sonnent clair et tombent en cascade dans l’oreille, pour le plus grand plaisir de ceux aiment entendre les racines de la terre. Je trouve que l’on sent et que l’on ressent à travers ses sonorités la dureté et l’isolement de la vie passée, mais aussi la douceur des habitants et leur plaisir à vivre au rythme des vents chauds et des collines languissantes qui
montent la garde autour des plaines brûlées par le soleil.

Jean-Baptiste Foubert, HK B/L

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photographie : Vincent Chesneau

Cette photographie a été prise au village de Sambin dans le Loir-et-Cher. Sambin est un village de 879 habitants (2007) situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Blois, situé sur la route des châteaux de la Loire, à 15 kilomètres de Chenonceaux, à 15 kilomètres de Cheverny, à 10 kilomètres de Chaumont-sur-Loire et à 40 kilomètres de Chambord. Le village se situe à la frontière de la Sologne et de la Touraine.

Sambin est la frontière sud de l’Appellation d’origine protégée Cheverny, on produit à Sambin du vin Cheverny et du Crémant de Loire, le village d’une superficie de 21,1 kilomètres carrés est recouvert d’environ une centaine d’hectares de vignes. L’agriculture comme l’illustre le premier plan de la photographie est une activité essentielle de Sambin.

Cependant le village étant traversé par la route reliant Blois à Montrichard, le village devient de plus en plus un village-dortoir, comme l’illustrent les constructions récentes situées à gauche et à droite de l’arrière plan, en effet en huit ans la population a augmentée de 30% (676 habitants en 1999).

Sambin est depuis longtemps un point de passage fréquenté, le village voisin de Pontlevoy recèle la plus vieille abbaye bénédictine de France. Sambin était un lieu de pèlerinage depuis le XIIème siècle, pour  sa Fontaine Saint Urbain et la sainte du village: Sainte Néomoise. Sambin est un vieux village qui s’est très développé au XVIIIème siècle. L’agriculture a continué de perdurer ainsi que la viticulture introduite sous François Ier.

C’est la viticulture aujourd’hui qui est l’activité touristique de Sambin. La situation géographique de Sambin en fait un halte pour les touristes et étrangers en villégiature. Le village est survolé presque tous les jours en été par les montgolfières de la vallée de la Loire. Sambin est aussi sur la route cycliste des châteaux de la Loire.

Les maisons poussent comme des champignons à Sambin, un vingtaine rien qu’en 2010, la population est grandissante attirée par la proximité de Blois, des châteaux, de la présence forte de l’éducation. Sambin compte deux écoles, 60 élèves en public et 70 en privé, ainsi qu’un collège privé d’environ 220 élèves.(Le collège est jumelé notamment avec un grand collège de Shangaï, une cinquantaines de jeunes chinois sont déjà venus visiter le collège et la région)

Cette photographie illustre bien cette vision d’une France ancrée dans ses traditions ancestrales et agricoles, comme le manifeste la forte présence de verdure mais qui tend à s’inscrire dans l’évolution du monde, grâce à son collège, ses activités touristiques et sa forte évolution démographique.

Vincent Chesneau, HK AL

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Pour compléter la séance de cartographie sur la feuille de Beaune et élargir la séance consacrée à la vigne et le vin en France :

– un dossier très bien fait de géoconfluences, la revue de l’ENS LSH, animée par Sylviane Tabarly :

http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/vin/VinDoc.htm

– un film de Jonathan NOSSITER : Mondovino

Documentaire, USA/France, (2003) 2004, 2h15mn.

voir la bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18370478&cfilm=49413.html

– Quelques indications bibliographiques basiques : (par ailleurs indiquées dans le dossier de Géoconfluences).

Atlas mondial des cuisines et gastronomies – Autrement, 2004, rééd. 2006

Dion R. – Histoire de la vigne et du vin en France, des origines au XIXe siècle – Paris, Flammarion, 768 p., 1959

– « La vigne, le vin : atout pour la France », présenté par Jean-Paul BASTIAN au nom de la section de l’agriculture et de l’alimentation. (Assemblée plénière du Conseil économique et social des 10 et 11 juin 2008)

Pour accéder au dossier de presse et au rapport en ligne :
http://wms.wis.fr/link.asp?L=129612&K=IJT36981IJL33086II1596734IS16 et
http://www.conseil-economique-et-social.fr/

 

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