Le participe passé

Le participe passé se trouve en racontant une phrase dans un passé proche.

  • Je dors bien. Hier, j’ai bien dormi.

La plupart des participes passés peuvent être utilisés comme adjectifs ou en être homophones.
Dans certains cas, la différence est évidente.

  • Il est réussi.
  • Il a réussi.

Mais souvent, le participe passé est employé comme adjectif.

  • Il est terminé.
  • Il est terminé par des volontaires.

Il est donc souhaitable d’étudier de la même manière l’accord du participe passé après être ou avoir, et celui de l’adjectif attribut du sujet ou du complément d’objet.

Participe passé en -é

Pour les verbes en -er, on remplace la terminaison de l’infinitif par -é.

  • ce jeu, je l’ai commencé
  • c’est la partie que j’ai commencée
  • ces jeux, je les ai commencés
  • ce sont les parties que j’ai commencées

Seule difficulté : distinguer l’infinitif et le participe passé.

naitre* ou naître : il est né

Participe passé en -i.

Pour les verbes se conjuguant comme finir [je finis, nous finissons, je finirai], on remplace la terminaison de l’infinitif par -i.

  • ce jeu, je l’ai fini
  • c’est la partie que j’ai finie
  • ces jeux, je les ai finis
  • ce sont les parties que j’ai finies

On remarque cependant dans l’oral familier : elle est finite, elle est guérite,…

D’autres verbes en -ir

  • assaillir, défaillir, tressaillir : il l’a assailli, il a défailli, il a tressailli.
  • bouillir : il a bouilli
  • cueillir, accueillir, recueillir : il a cueilli, il a accueilli, il a recueilli
  • dormir, endormir, se rendormir : il a dormi, il l’a endormi, il s’est rendormi
  • fuir, s’enfuir : il a fui, il s’est enfui
  • partir, mentir, sentir, se repentir, sortir : il est parti, il a menti, il a senti, il s’est repenti, il l’a sorti, il est sorti
  • servir, desservir, resservir : j’ai servi, j’ai desservi, il a resservi [asservir se conjugue comme finir]

D’autres verbes

  • rire, sourire : il a ri, il a souri
  • luire, nuire : il a lui, il a nui
  • suivre, s’ensuivre, poursuivre : il a suivi, il s’est ensuivi, il a poursuivi

Participe passé en -is

  • acquérir, conquérir, s’enquérir, requérir (quérir ne s’utilise qu’à l’infinitif) : il a acquis, il a conquis, il s’est enquis, il a requis [Ne pas confondre avec acquit, acquitter.]
  • prendre (et ses dérivés) : il a pris
  • assoir* ou asseoir, s’assoir* ou s’asseoir : il a assis, il s’est assis
  • seoir : il a sis (utilisé au sens de situé, dans les actes juridiques)
  • sursoir* ou surseoir : il a sursis
  • mettre (et ses dérivés) : il a mis

Participe passé en -it

  • dire, redire ; contredire, dédire, interdire, médire, prédire : il a dit, il a redit, il a contredit, il a dédit, il a interdit, il a médit, il a prédit
  • maudire : il a maudit
  • cuire, conduire, construire : il a cuit, il a conduit, il a construit

Participe passé en -u

Des verbes en -ir

  • courir (et ses dérivés) : il a couru
  • tenir (et ses dérivés) : il a tenu
  • venir (et ses dérivés) : il est venu
  • vêtir (dévêtir, revêtir) : il a vêtu

Des verbes en -ire

  • lire, élire, réélire, relire : il a lu, il a élu, il a réélu, il a relu

Des verbes en -dre

  • rendre, descendre, épandre, fendre, fondre, mordre, pendre, perdre, pondre, tendre, tondre, tordre, vendre (et leurs dérivés) : il a rendu, il a descendu, il a épandu, il a fendu, il a fondu, il a mordu, il a pendu, il a perdu, il a pondu, il a tendu, il a tondu, il a vendu
  • coudre, découdre, recoudre : il a cousu, il a décousu, il a recousu

Des verbes en -oir

  • apercevoir, concevoir, décevoir, percevoir, recevoir : il a aperçu, il a conçu, il a déçu, il a perçu, il a reçu
  • déchoir, choir : il a déchu, il a chu
  • devoir : il a dû
  • falloir : il a fallu
  • mouvoir : il a mu* ou mû
  • pleuvoir et plaire : il a plu
  • pouvoir : il a pu
  • savoir : il a su
  • valoir (et ses dérivés) : il a valu
  • voir, entrevoir, pourvoir, prévoir, revoir : il a vu, il a entrevu, il a pourvu, il a prévu, il a revu
  • vouloir : il a voulu

Des verbes en -aire

  • plaire, complaire, déplaire : il a plu, il a complu, il a déplu
  • rompre, corrompre, interrompre : il a rompu, il a corrompu, il a interrompu
  • taire, se taire : il a tu, il s’est tu

D’autres verbes

  • battre (et ses dérivés) : il a battu
  • boire : il a bu
  • connaitre* ou connaître, paraître* ou paraître (et leurs dérivés) : il a connu, il a paru
  • croire : il a cru
  • croître : il a crû
  • vaincre, convaincre : il a vaincu, il a convaincu
  • vivre, revivre, survivre : il a vécu, il a revécu, il a survécu

Autres terminaisons du participe passé

  • mourir : il est mort
  • ouvrir, couvrir, souffrir (et leurs dérivés) : il a ouvert, il a couvert, il a souffert
  • verbes en -aindre et en -eindre (craindre, peindre,…) : il craint, il a peint
  • verbes en -oindre (joindre,…) : il a joint
  • avoir : il a eu
  • clore, éclore : il a clos, il a éclos
  • être : il a été
  • faire (et ses dérivés) : il a fait
  • traire, distraire, extraire, soustraire : il a trait, il a distrait, il a extrait, il a soustrait

La particularité des verbes en -oudre

absoudre : l’ancien participe passé « absolu » subsiste comme adjectif. On utilise maintenant absout* ou absous, absoute
dissoudre : l’ancien participe passé « dissolu » subsiste comme adjectif. On utilise maintenant dissout* ou dissous, dissoute
résoudre : le participe passé est résolu (qui existe aussi comme adjectif). Mais on utilise aussi (rarement) résout* ou résous, résoute.
moudre, émoudre, remoudre : il a moulu, il a émoulu, il a remoulu.

Pour conclure (si l’on peut dire…)

* Rectifications de l’orthographe de 1990.

Terminologie grammaticale officielle

Le service de l’instruction publique et de l’action pédagogique de la direction générale de l’enseignement scolaire vient de publier Grammaire du français Terminologie grammaticale. J’apprécie que la grammaire soit enfin présentée de manière cohérente et qui correspond à ma démarche. Mais cela sera-t-il efficace tant que les enseignants se contenteront de leçons visant à inculquer des certitudes ? Et pourquoi distribuer cette terminologie aux enseignants ? Cela empêche toute rectification et amélioration d’autant que cet ouvrage sera vraisemblablement utilisé par les parents pour reprocher tout écart à la norme.

La véritable évolution serait un site internet ouvert permettant des compléments, un échange d’expériences et l’ajout de démarches basées sur l’appropriation de la langue.

Par exemple, je remarque que la question que je pose depuis des décennies n’a toujours pas de réponse : comment analyser « Je suis dans le jardin. »
Voici deux extraits :

Le verbe aller implique une destination (par conséquent à Paris est un COI dans Elle va à Paris).

On remarquera que le complément d’objet, parce qu’il fait partie de la structure GV, ne peut pas être déplacé en tête de phrase : *Le courrier le facteur distribue à huit heures?; *À Paris, le facteur va (mais à Paris est un groupe circonstanciel (GC) dans la phrase Le facteur travaille à Paris, qui se transforme aisément en : À Paris, le facteur travaille).
Remarque : l’astérisque (*) signale le caractère agrammatical d’une phrase.

La réponse qui me semblait convenir faisait référence à l’opposition complément essentiel / complément circonstanciel mais celle-ci n’a pas été retenue.

On retrouve une affirmation erronée dans cette terminologie grammaticale :

« Une erreur fréquemment commise en français consiste à ajouter un -s à la deuxième personne du singulier des verbes du premier groupe conjugués à l’impératif. Or, la forme latine était, pour les verbes latins qui ont donné en français les verbes du premier groupe, la suivante : ama! (Aime!). Le -a final latin a évolué dès l’ancien français en -e, ce qui explique la forme actuelle de l’impératif des verbes du premier groupe : Aime! Chante! Traverse! »

D’une part, il n’y pas que les verbes du premier groupe qui sont concernés. D’autre part le -s euphonique est très fréquent.

On retrouve une manie de la grammaire structurale :

Remarque : de même qu’en mathématiques un ensemble peut être réduit à un seul élément, on admettra par convention qu’en grammaire un groupe syntaxique puisse être réduit à un seul mot. Ainsi dans la phrase Il distribue le courrier, le GS se réduit au seul pronom personnel Il. De même, le groupe verbal (GV) peut être réduit au verbe (Alice travaille) et le GN peut être réduit au nom, en particulier dans le cas des noms propres (Alice travaille).

Exemples pas toujours adaptés cités dans cette terminologie :

Le facteur distribue le courrier à huit heures.
Le facteur distribue le courrier le matin.
Le facteur distribue le courrier aujourd’hui.
Le facteur distribue le courrier quand le jour se lève.
Le facteur distribue le courrier dans le quartier.
Ici, le facteur distribue le courrier.
Le courrier n’a pas été distribué à cause des conditions météorologiques.
Le facteur distribue le courrier parce que c’est son métier.
Le facteur distribue le courrier et il aime son travail.
une bonne avocate
la pharmacienne de mon quartier
le château de ma mère

Il est intéressant qu’une énième terminologie grammaticale ait quelques chances de s’imposer à condition qu’elle ne devienne pas un carcan.

La grammaire ?

  • Tant de courants grammaticaux ont tenté de s’imposer : la grammaire traditionnelle qui survit encore, s’appuyant sur les règles orthographiques, la grammaire structurale, génératrice, la grammaire liée au discours (« L’écrit transcrit l’oral. »), la grammaire de texte, sans oublier les éternelles querelles de terminologie,… Comment les élèves pourraient-ils s’y retrouver ? Selon les classes, « hier » (dans la phrase : « Hier, il est venu. ») est un connecteur, un adverbe, un connecteur de temps, un mot de liaison, un connecteur spatio-temporel, un petit mot…
  • « les » (dans la phrase : « Il les a vus. ») est un pronom, un pronom personnel, une anaphore, un substitut, …
  • « à Paris » ( dans la phrase : « Je vais à Paris. ») est un complément circonstanciel, un complément essentiel, un complément de lieu, un complément circonstanciel qu’on ne peut pas déplacer, un complément essentiel circonstanciel (!!!), un COI (!!!) un groupe bleu, un groupe vert, à souligner de deux traits, à encadrer, …

Mais vous avez d’autres exemples ….

L’essentiel est de faire manipuler l’écrit, d’éviter les termes précis souvent contredits d’une classe à l’autre, de ne pas attacher d’importance à des codes éphémères (couleurs, entourages, …) et de chercher de la cohérence.

Webmestre : Gilles COLIN

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Comment enseigner la grammaire ?

Présentation

La difficulté principale de l’apprentissage du français est la grammaire qui semble paradoxalement une matière où les enseignants se sentent les plus assurés.

Cependant, comme en témoigne la fréquentation de ce site, des incohérences leur apparaissent et ils ont besoin de repères.

On peut distinguer quatre démarches :

La grammaire orthographique

Cette grammaire traditionnelle sert de base à des règles qui paraissent indiscutables alors qu’elles ont été « simplifiées » ou privilégient les exceptions. Un certain nombre de ces règles sont même inutiles.

Les élèves passent beaucoup de temps sur des exercices qui ne leur sont pas profitables (et qui leur sont souvent néfastes) car il n’y a pas eu de temps pour observer et manipuler.

On observe aussi que les enseignants laissent peu les élèves parler alors que la phase orale est indispensable pour s’entrainer aux richesses de notre langue, rassembler et préciser les observations, valider et perfectionner les apprentissages.

La grammaire notionnelle

Les manuels indiquent une notion puis des exercices d’application et les enseignants restreignent souvent la grammaire à cette démarche.

Par exemple, on fait apprendre à des élèves de 7 ans qu’un nom commun est un mot qui désigne une personne, un animal ou une chose. Pas évident : les adjectifs qualificatifs peuvent être utilisés comme noms, les verbes à l’infinitif sont souvent homographes d’un nom, … Le silence est-il une chose ?

Cela oblige à n’utiliser que des phrases sélectionnées en raison de la variété des tournures écrites et orales.

Ces « notions » se contredisent souvent entre manuels, entre cours, et font l’objet d’une longue liste de particularités dans l’enseignement secondaire.

On pourrait regretter que les programmes français n’indiquent pas la différence entre un complément circonstanciel, un complément de phrase, un complément essentiel, par exemple, si on ne devinait pas que de telles définitions seraient utilisées comme des notions indiscutables amenuisant encore le temps de recherche et de découverte.*

La grammaire structurale

On découpe la phrase en groupes puis on analyse ces groupes et leurs composants.

La différence entre la fonction et la nature n’apparait pas toujours clairement.

C’est cette démarche qui fait dire « le groupe sujet » alors qu’il n’y a généralement qu’un mot pour le sujet (pronom personnel, nom propre, …).

Le « groupe verbal » n’est plus indiqué dans les programmes français, contrairement, semble-t-il, au Québec.

Cette démarche d’analyse par boites, par tiroirs, par arbres, ne semble efficace que pour certains élèves.

Comme dans les deux précédents types de grammaire, il est souvent fait appel au sens (un complément circonstanciel indique le lieu, le temps, la manière, etc.) et à la construction (un complément circonstanciel peut être déplacé et supprimé) malgré les contradictions (Je mange un gâteau. Je mange. Je vais au jardin.)

La grammaire par manipulations

Celle-ci a été privilégiée après mai 68, l’oral étant alors la panacée.

Les exercices tant à l’oral qu’à l’écrit rendaient les élèves actifs et leur permettaient de s’approprier les connaissances. (Remplacer le sujet dans « Ce travail est fatigant. » Courir est fatigant. Anastasien est fatigant. Ce que tu me dis est fatigant.« ) Il était alors facile de rechercher la nature sans être limité par une définition préalable donc restrictive.

Il est indéniable qu’un temps de recherche et de mise en commun est indispensable.

Pourtant cette démarche est devenue rare.

L’enseignant se sent investi de la mission de transmettre un savoir et il reproduit souvent la manière dont il l’a acquis, en tentant d’en gommer les incohérences.

La grammaire est l’internet de la langue.

Qui peut donner actuellement les règles du fonctionnement de l’internet ?

De la même façon, l’étude de la langue ne peut se résumer en des règles à appliquer même si une clarification des notions est indispensable.

*Pouvez-vous analyser cette phrase ?

Circulaire n° 2007-013 du 11-1-2007 : L’enseignement de la grammaire

Dès les premiers apprentissages de la lecture, il faut faire comprendre aux élèves qu’une phrase est composée d’éléments dont chacun a un rôle particulier et permet de dire qui fait quoi, où, quand, comment, etc. Avant même de nommer classes et fonctions, le maître donne ainsi aux enfants qui apprennent à lire la capacité de saisir que la langue est organisée, que tous les mots n’ont pas le même poids, que l’ordre des mots dans une phrase oriente le sens.

L’enseignement de la grammaire proprement dit suit cette initiation. Il nécessite une progression précise allant du plus fréquent au plus rare et du plus simple au plus complexe, de telle sorte que l’élève découvre, étape après étape, les mécanismes syntaxiques du français et s’approprie les règles grammaticales.

Cette progression, traduite par le professeur en une programmation adaptée à la classe et aux élèves, doit obéir à la logique interne du système syntaxique du français : la grammaire enseignée au fil de l’étude des textes ne peut suffire.

Référence

Grammaire d’hier et de demain

Grammaire française de M. Noël et M. Chapsal, 1842 :

571. Le participe présent est toujours invariable. Le temps est un vrai brouillon mettant, remettant, rangeant, dérangeant, imprimant, effaçant, rapprochant, éloignant et rendant toutes choses bonnes ou mauvaises. (Madame de Sévigné)

572. Il ne faut pas confondre le participe présent et l’adjectif verbal ; celui-ci terminé par -ant, s’accorde en genre et en nombre avec les mots qu’il qualifie. Des esprits bas et rampants ne s’élèvent jamais au sublime. (Girard) La passion dominante de César était l’ambition.

574. L’adjectif verbal marque l’état, la manière d’être du mot auquel il se rapporte, et peut se construire avec un des temps du verbe être : Ce sont des hommes obligeants. Ces hommes prévoyants ont aperçu le danger. Les personnes aimantes ont plus de jouissances que les autres. On peut dire : des hommes qui sont obligeants ; des hommes qui sont prévoyants ; des personnes qui sont aimantes.

575. Le qualificatif en -ant est participe présent quand il a un complément d’objet direct, parce qu’alors il y a action, puisque ce complément est toujours l’objet d’une action : Cette réflexion embarrassant notre homme, On ne dort point, dit-il, quand on a tant d’esprit. (La Fontaine)

576. Le qualificatif en -ant est ordinairement adjectif verbal quand il n’a aucune espèce de complément, parce qu’alors il exprime presque toujours l’état : Un geste pittoresque et des regards parlants. (Fr. de Neufchâteau) On apercevait sur la mer des mâts et des cordages flottants.

577. Le qualificatif en -ant qui n’a qu’un complément indirect est ou participe présent ou adjectif verbal : participe présent, quand le sens indique l’action, et adjectif verbal, lorsque le sens indique la situation, l’état :

On voit la tendre rosée dégouttant des feuilles. On voit la sueur ruisselant sur leur visage. Dans ces phrases le sens est : la rosée qui dégoutte des feuilles, la sueur qui ruisselle sur leur visage, c’est de l’action qu’il s’agit : dégouttant, ruisselant, sont donc des parrticipes présents et doivent rester invariables.

Voyez-vous ces feuilles dégouttantes de rosée ? Voyez sa figure ruisselante de sueur. Dans ces deux dernières, au contraire, c’est l’état, la manière d’être qu’on exprime ; car le sens est : qui sont dégouttantes de rosée, qui est ruisselante de sueur ; dégouttantes, ruisselante, sont conséquemment des adjectifs verbaux, et doivent s’accorder avec les substantifs feuilles et figure qu’ils qualifient.

Grammaire de 2020 :

Le participe présent est invariable sauf s’il est utilisé comme adjectif ou comme nom, ce qu’on vérifie par substitution.

_ Les apprenants étaient pris en charge par les sachants. (Les nouveaux étaient pris en charge par les anciens.)

_ Les feuilles jaunissantes montraient les arbres dépérissants. (Les feuilles jaunes montraient les arbres malades.)

_ Voyez sa figure ruisselante de sueur. (Voyez sa figure recouverte de sueur.)

À propos de la nouvelle Grammaire française de 1872, de M. Noël, inspecteur général de l’université et M. Chapsal, professeur de grammaire générale, lire : Que dire en 1872 ? par Michael Edwards de l’Académie française

La nature des mots

Les classes de mots

le nom

le verbe

le déterminant

l’adjectif qualificatif

le pronom : personnel, possessif, indéfini, relatif, démonstratif, interrogatif

Extraits du rapport d’Alain Bentolila sur la grammaire :

Les pronoms Ils seront présentés comme des substituts du nom (mis à la place de…).

Qu’ils soient personnels (je, me, tu, te), possessifs (le mien, le vôtre), démonstratifs (celui-ci, ceux-là), interrogatifs (Qui est venu ?), ou relatifs (le livre dont tu m’as parlé), leur rôle dans la phrase, et plus encore dans un texte comme pronom de reprise ou de substitution, est essentiel.

Toujours dans cette perspective textuelle, ou au sein même de la phrase, on présentera les différents termes (pronoms ou noms) pouvant se substituer à un nom, un groupe nominal ou une expression.

Le terme d’anaphore ne sera pas évoqué avant le collège. « L’arrière de l’équipe de France a plaqué son adversaire. Il a évité un essai. Ce joueur est réellement très efficace à son poste. « 

l’adverbe

Les adverbes sont des mots invariables (sauf tout devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré).

l’adverbe et le groupe adverbial : Office québécois de la langue française

  • très, trop, bien, souvent, parfois, plutôt, hier, beaucoup, …
  • Les adverbes en -ment sont généralement formés à partir d’adjectifs qualificatifs : vraiment, curieusement, bruyamment, prudemment, … Voir les règles de formation.

Extraits du rapport d’Alain Bentolila sur la grammaire :

L’adverbe Il a la mauvaise réputation de constituer une classe « fourre-tout ».

Quoi de commun en effet entre habilement, lentement, et d’autres termes comme enfin, finalement, hier, aujourd’hui. Il pourrait donc être utile de distinguer les adverbes qui déterminent le rapport entre le sujet et le verbe « il marche lentement », « Il écoute attentivement », et ceux dont le rôle est de mettre en rapport deux phrases, deux arguments dans un texte « Décidément, tu n’as rien compris », « Hier, il pleuvait, aujourd’hui, le soleil est revenu ».

Si la première catégorie semble liée au verbe (d’où le terme d’adverbe), la seconde pourrait sans dommage être rangée dans la classe des connecteurs. (NDLR + l’adverbe associé à un adjectif)

Voir aussi :

la conjonction de coordination :

  • et, ou, ni, mais, donc, or, car peuvent coordonner des mots et des propositions
  • Des adverbes peuvent être utilisés pour coordonner des propositions : puis, alors, ensuite, …

la préposition

la conjonction de subordination

  • La conjonction de subordination introduit une proposition. (Il est venu pendant que tu dormais.)
  • que, si (pour une proposition complétive « Je pense que tu as raison. Je demande si tu viendras.)
  • quand, alors que, depuis que, lorsque, parce que, étant donné que, puisque, pour que, afin que, bien que, alors que, alors que, parce que, au moment où, afin que, lorsque, puisque, si, …

Alain Bentolila cite aussi les connecteurs :

Les connecteurs Comme leur nom l’indique, ils ont pour fonction de mettre en rapport, deux noms ou deux groupes (prépositions), deux propositions au sein d’une phrase (conjonctions) ou deux phrases (« Il a manqué le but. Décidément, il n’est pas en forme »).

Mots variables ou invariables

Mots variables (ceux qui peuvent généralement varier en genre et en nombre) :

  • adjectif : beau, belle, beaux, rouge, bleue…
  • déterminant : ce, mon, le, une, des, sa, quel…
  • nom : stylo, joie, liberté…
  • pronom : il, on, celui, qui…
  • verbe : manger, finir, prendre…

Mots invariables (ceux qui s’écrivent toujours de la même façon) :

  • adverbe : tellement, doucement, joyeusement, souvent, parfois…
  • conjonction de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car
  • conjonction de subordination : quand, lorsque, puisque, parce que…
  • interjection, onomatopée : oh, zut, ciel…splash, bang…
  • préposition : à, dans, par, pour, en, vers, sans, sous, …

La phrase

Une phrase peut être simple.

  • Demain, il va aller à Paris en TGV.

Sans les compléments circonstanciels, c’est une phrase de base.

  • Il va aller à Paris.

La phrase minimale

Pour certains grammairiens, la phrase minimale ne contient que les mots essentiels :

  • Mon grand frère m’a acheté trois livres récents. ? Mon frère m’a acheté trois livres.

Reconnaissance de la phrase : séquences pédagogiques

L’enseignant retranscrit habituellement au tableau les récits ou les descriptions des élèves en demandant : « Qui propose la phrase suivante ? »

    • Si ce que propose l’élève n’est pas une phrase (par exemple « mon petit frère »), dire :  » Je ne l’écris pas car ça ne raconte pas ce qui se passe. »

Leçons spécifiques

L’enseignant dit : « Je vais lire un texte. Vous allez lever la main quand je m’arrête. »

  • Si nécessaire, préciser : « quand je m’arrête vraiment, pas si j’attends un petit peu ».

Ensuite, observation du texte au tableau. Mise en évidence des points et des majuscules.

  • Des noms ont toujours une majuscule, ce sont les noms propres (de quelqu’un, d’un endroit ou d’une chose).
  • Il est nécessaire d’utiliser les mots précis : point d’interrogation, point d’exclamation, points de suspension (trois points). Mais ils ne seront généralement mémorisés qu’à partir du CE1.
  • Les virgules indiquent qu’il faut s’arrêter un peu ; les points sont des stops.
  • Individuellement, les élèves repassent en couleur la ponctuation et les majuscules.

En lecture, demander à chaque élève de ne lire qu’une phrase.

La séparation des phrases dans un texte sans ponctuation est à réserver au cycle 3. Au cycle 2, cet exercice n’est utile qu’après une préparation collective.

Travailler avec des phrases sur des bandes de papier entraine la confusion avec les paragraphes. Ce n’est efficace qu’avec un dialogue très simple.

Difficultés observées :

  • S’il faut compter les phrases, la consigne doit être distincte du texte.
  • Éviter l’analyse de dialogues
  • Il demande : « Où vas-tu ?  » peut être considéré comme une phrase (Il demande où tu vas.).
  • C’est encore moins évident pour :
    • Il demande :
    • _ Où vas-tu ?
  • Des manuels désorientent les élèves en séparant les phrases des exercices par des tirets, des traits d’union, des points-virgules…

Comme toutes les notions de grammaire, une leçon (et encore moins une photocopie) n’est qu’une étape. L’assimilation durable s’effectue par le réinvestissement des observations et des notions en orthographe et production d’écrits.

La phrase complexe

Une phrase est complexe si elle est formée avec plusieurs phrases simples.

  • La phrase complexe n’est étudiée qu’en CM2.

Ces phrases deviennent des propositions dans la phrase complexe.

Les propositions sont juxtaposées avec , ; : …

    • L’automne arrive. Les feuilles commencent à tomber. ? L’automne arrive, les feuilles commencent à tomber.

Les propositions sont coordonnées. On utilise souvent : mais ou et donc or ni car.

    • Il a envie de lire. Il cherche sa BD. ? Il a envie de lire mais il cherche sa BD.

Une proposition est subordonnée.

  • Je pense quelque chose. Tu as raison. ? Je pense que tu as raison.
  • Je demande : « As-tu faim ? » ? Je demande si tu as faim.
  • Je cherche le livre. Tu m’as parlé de ce livre. ? Je cherche le livre dont tu m’as parlé.
  • Tu es venu. Je regardais la télé. ? Quand tu es venu, je regardais la télé.

La proposition qui ne commence pas par un subordonnant est la proposition principale.

    • Dans la proposition subordonnée, le verbe est fréquemment au subjonctif ou au conditionnel.

Une proposition est infinitive.

    • Je regarde les enfants. Ils jouent dans la cour. ? Je regarde les enfants jouer dans la cour.

Une proposition est participiale.

    • Je regarde la télé. Je prépare la cuisine. ? Je regarde la télé en préparant la cuisine.

Faire apprendre aux élèves que dans une phrase complexe « Il y a autant de propositions que de verbes conjugués. » est une erreur.

Cela parait vrai dans : Je finis mes devoirs puis je vais jouer. (verbes finir au présent de l’indicatif et jouer au futur proche)

Mais c’est faux dans : « J’entends les enfants jouer dans la cour, crier et se poursuivre. » Cette phrase peut se récrire : « J’entends les enfants qui jouent dans la cour, qui crient et qui se poursuivent. »

Il suffit de dire : Une phrase complexe est formée avec des phrases simples. Chaque phrase simple devient une proposition dans la phrase complexe. Par exemple : J’entends les enfants. Ils jouent dans la cour. Ils crient. Ils se poursuivent.

La phrase complexe : séquence pédagogique

Dire aux élèves : Voici deux phrases simples, vous allez les assembler pour former des phrases complexes.

  • Il pleut. Je prends mon parapluie.

Préparer trois colonnes au tableau : propositions juxtaposées, propositions coordonnées, propositions subordonnées. Y inscrire les phrases proposées.

Puis structurer la recherche :

Expliquer que les phrases simples deviennent des propositions dans la phrase complexe.

  • On peut les juxtaposer (les mettre l’une à côté de l’autre) en utilisant une virgule, un point virgule, deux points.
  • On peut utiliser les conjonctions de coordination : mais ou et donc or ni car.
  • On peut aussi utiliser un subordonnant au début de la proposition subordonnée, l’autre proposition étant la principale. Exemples : quand, lorsque, dès que, alors que, puisque, parce que, si, au moment où, …
    • Dans cet exemple, les subordonnées sont circonstancielles mais on signalera aussi la subordonnée relative, qui complète un nom (le chat qui est endormi) et la subordonnée complétive, qui complète un verbe (Je vois qu’il est arrivé.)
  • Lorsque les propositions ne sont pas reliées par un subordonnant (un pronom relatif ou une conjonction de subordination), on dit qu’elles sont indépendantes.

Lancer une nouvelle recherche avec les phrases.

  • Tu conduis vite. Tu risques un accident.

Les élèves proposent les phrases et les situent dans les colonnes.

Types et formes des phrases

Extrait du rapport d’Alain Bentolila sur la grammaire : La maîtrise des types de phrases

L’accès à une grammaire de texte, dès l’entrée au collège, suppose qu’en sortant du cycle 3, les élèves aient une connaissance assurée des types de phrases : déclarative, interrogative, injonctive (ou impérative) et exclamative.

Ces quatre types se combinent avec les formes affirmatives et négatives.

La maitrise de ces types de phrases est à l’évidence liée à la connaissance des conjugaisons du verbe. C’est pourquoi, les types injonctifs et exclamatifs ne seront maîtrisés qu’après l’étude du subjonctif.

types :

  • déclarative, exclamative, impérative, interrogative

formes :

  • affirmative, négative
  • active, passive
  • neutre, emphatique (L’emphase est généralement assimilée à la mise en relief par déplacement d’un groupe de la phrase ou ajout d’un pronom ou d’un présentatif. Elle pouvait correspondre à une insistance.)

NB : Les programmes 2008 faisaient état des phrases injonctives, ce qui fait évidemment penser à l’usage de l’impératif mais aussi au présent de l’indicatif qui peut avoir la même valeur modale : « On se calme ! » « On se calme. » La phrase injonctive peut être déclarative ou exclamative.

Voir aussi :

la phrase de base : Office québécois de la langue française

la phrase graphique et la phrase syntaxique : Office québécois de la langue française

les formes de phrase : Office québécois de la langue française

les manipulations syntaxiques : Office québécois de la langue française

les types de phrase : Office québécois de la langue française

Les types et les formes des phrases (Ralentir travaux).

Bonjour,

Je passe le CRPE mardi, et en révisant j’arrive à une confusion en grammaire.

Qu’est ce qui permet de différencier :

_ un pronom relatif (donc proposition subordonnée relative)

et

_ une conjonction de subordination (donc subordonnée complétive)

et surtout avec les exemples de « qui » et « que ».

Également, une proposition indépendante, subordonnée…. est-ce une fonction ou une nature ?

Une fois souligné les différentes propositions, y a-t-il une fonction à leur donner ?

J’espère que vous pourrez m’aider.

Vous souhaitant un bon weekend.

Orélie

Bonjour,

Je pense que cette page pourra vous aider (sinon, je vous en proposerai d’autres).

Cependant, je ne suis pas d’accord avec le fait de dire qu’il y a autant de propositions que de verbes conjugués (et surtout pas avec les élèves). Une phrase complexe est formée à partir de phrases simples :

  • J’entends les enfants. Ils rient. Ils crient.
  • J’entends les enfants qui rient et qui crient.
  • J’entends les enfants rire et crier.

Bescherelle indique : « Les propositions relatives, complétives et circonstancielles peuvent présenter, au lieu d’un verbe conjugué, un verbe à l’infinitif, un participe présent ou passé. L’infinitif, ou le participe, constitue alors le noyau d’une véritable proposition. »

Mis à part cette réserve, la page est intéressante.

Cordialement.

Gaétan Solo

La ponctuation

Ponctuation forte :

  • le point
  • le point d’exclamation
  • le point d’interrogation
  • les points de suspension
  • les deux points

Ponctuation moyenne :

  • le point-virgule

Ponctuation faible :

  • la virgule

Autres signes de ponctuation :

  • les parenthèses
  • les guillemets
  • les tirets

Les espaces

  • les paragraphes
  • le dialogue

En savoir plus : Ralentir travaux.

Le complément circonstanciel

Le complément circonstanciel

Un complément circonstanciel indique le plus souvent le temps, le lieu, la manière ou la cause, mais ce n’est pas suffisant pour le reconnaitre.

En tant que complément de phrase, il peut être déplacé et supprimé.

  • L’été prochain, il ira en Tunisie. Il ira en Tunisie l’été prochain. Il ira en Tunisie.

Un complément circonstanciel peut être :

  • un groupe nominal : Ce matin, mon voisin a pris sa canne à pêche.
  • un pronom personnel : Il en revient. Il y va.
  • un groupe nominal commençant par une préposition : À huit heures, mon voisin a pris sa canne à pêche.
  • une proposition subordonnée : Quand il est revenu du travail, mon voisin a pris sa canne à pêche.
  • un adverbe : Souvent, mon voisin a pris sa canne à pêche.
  • un gérondif : En sortant, mon voisin a pris sa canne à pêche.

Les programmes français 2008 ont fait référence aux compléments essentiels (compléments d’objet) et aux compléments circonstanciels (par manipulations).

Extraits du rapport d’Alain Bentolila sur la grammaire :

Compléments du verbe : les compléments essentiels

« Ils ne peuvent pas être supprimés, ne peuvent pas être déplacés dans la phrase, sont susceptibles de pronominalisation par le, la, les, lui, en, y » (BO 1997).

  • Complément d’objet direct : « Marie répare son vélo. »
  • Complément d’objet indirect : « Elle repense à ses vacances. »
  • Complément (essentiel) d’attribution: « Tu racontes une histoire à ton frère. » (Avec les verbes de don et de dire).
  • Complément essentiel exprimant le temps et le lieu. « Le match a duré 90 minutes. J’habite Nanterre, elle rentre à Lyon ».

Compléments de phrase : les compléments circonstanciels

Les critères : « Ils peuvent être supprimés ou déplacés dans la phrase. »

Si ces critères permettent d’opposer les deux types de compléments, on ne doit pas s’interdire d’attirer l’attention des élèves sur le sens (temps, lieu) véhiculé par ces éléments, qu’ils soient essentiels ou circonstanciels. « À Lyon, j’ai rencontré vos amis. Pendant 90 minutes, les équipes se sont livré un combat acharné. »

On aura intérêt à mettre en évidence la différence de sens pouvant exister entre deux énoncés proches en apparence :

  • Les Parisiens ont marqué trois buts à Lyon.
  • À Lyon, les Parisiens ont marqué trois buts.

Dans le premier exemple, Lyon peut aussi bien être un complément de lieu qu’un complément d’attribution, si l’on se souvient qu’une équipe sportive est souvent désignée par le nom de la ville qu’elle représente. C’est la figure de la métonymie, qui n’a rien d’une figure de style, mais appartient de plein droit au langage quotidien.

Dans le deuxième exemple, le critère de déplaçabilité du groupe à Lyon, le range d’emblée dans les compléments de phrase, exprimant le lieu. (Complément circonstanciel).

Séquence pédagogique.

  • Demander aux élèves de compléter ces phrases pour donner des précisions :
    • Il a eu un accident. Les pompiers sont arrivés. Ses parents sont arrivés.
  • Relever au tableau les réponses dans ces colonnes : adverbe, groupe nominal, adjectif qualificatif, proposition subordonnée, autres.
    • Le nombre de colonnes dépend du cours.
    • Dire éventuellement : « Tu as ajouté un adjectif qualificatif (ou un complément de nom, … ) mais je ne l’écris pas car ce n’est pas un complément circonstanciel. »
  • Faire dire les phrases en changeant la place des compléments circonstanciels.
  • Observations par colonnes :
    • S’il y a une préposition au début d’un groupe nominal, c’est un complément indirect.
    • Les adverbes en -ment sont généralement formés à partir d’un adjectif.
    • Un adverbe peut aussi renforcer le sens d’un adjectif (Très inquiets, ses parents sont venus.).
    • Pour une proposition subordonnée, on retrouve la phrase simple.
      • dès qu’ils ont été prévenus ? Ils ont été prévenus.
  • Rechercher ensuite les sens de compléments circonstanciels : lieu, temps, manière, cause, but, …
    • Les compléments circonstanciels de lieu peuvent être remplacés par les pronoms y ou en.
  • Il y a des compléments de lieu qui ne peuvent pas être déplacés, ce sont des compléments essentiels. ? Il va à Paris. Il est dans le jardin.