La proposition, une autre unité qui comprend ses superclasses et sous-classes

Présentons d’abord les deux mondes qui séparent les classes de propositions. Il y a :

  • i. le monde des propositions indépendantes ;
  • ii. le monde des propositions principales et des propositions subordonnées.

Deux mondes

… on donne le nom de propositions aux phrases élémentaires dont la réunion par coordination ou par subordination constitue la phrase effectivement réalisée… (Dictionnaire de linguistique -Larousse-, p. 397)

*** Un problème des grammaires nouvelles : éliminer la grammaire de la proposition en la réduisant parfois aux seules classes de subordonnants (conjonctions de subordination) et de coordonnants (conjonctions de coordination). Ou même, soit en localisant la phrase dans la phrase, soit en faisant la promotion de ce qui serait des sous-phrases.

À lire :

Tiré de http://htl.linguist.jussieu.fr/leon/Jleon2003.pdf

Version de travailParu dans2003, Léon Jacqueline, “ Proposition, Phrase, Enoncé : parcours historique ”

L’information grammaticale 98 :5-16.

«… si on essaie de retracer l’histoire de ces notions, il apparaît très vite que phrase et énoncé n’ont accédé au statut de catégories que récemment dans l’histoire des sciences du langage. C’est une autre notion, celle de proposition, qui occupe massivement les travaux sur le langage de l’Antiquité à la fin du XVIIIe siècle. Et on constate que, même si, dans les théories linguistiques, la proposition a cédé le pas à la phrase ou à l’énoncé, cette primauté de la proposition est encore manifeste dans les grammaires scolaires actuelles, et que l’étude de la phrase ne peut en faire l’économie…»«Au 17ème siècle en tous cas, le terme phrase ne désigne pas une unité grammaticale. Quant à la notion de phrase, elle se met en place tardivement. On verra que ce n’est que vers la fin du XVIIIe siècle, au prix de définitions contradictoires et d’imbrication et de confusion de termes, que phrase parvient à désigner une proposition simple ou une réunion de propositions formant une unité d’expression. Jusqu’au XIXe, voire au XXe siècle, l’importance du terme phrase est très réduite dans la terminologie linguistique.» …«C’est, parmi les termes que nous avons retenu, celui qui est le plus ancien et le plus stable. En outre propositio puis proposition désignent des catégories centrales dans les théories de la prédication qui prévalentde l’Antiquité au 17ème siècle. Ce qui n’exclut pas qu’elle entre en concurrence avec d’autres termes, oratio dans l’Antiquité quand elle prendra le sens plus général d’assertion, ou construction et phrase au 18ème siècle lorsqu’elle deviendra une catégorie grammaticale.»«… nous pouvons amorcer quelques pistes de travail sur les termes grammaticaux. Nous avons vu que certains termes ont la vie dure, comme proposition, qui jusqu’aux grammaires scolaires actuelles comporte toujours des traces de son ancrage dans la tradition logique. Il est probable que des termes comme celui-là, aussi centraux dans la tradition, pierres de touche d’un ensemble de théories, aient des difficultés à migrer d’un domaine à l’autre. Ainsi les Messieurs de Port- Royal n’ont pas réussi complètement à dégager la proposition de son contexte logique, ce que les Encyclopédistes ont réussi à faire mais avec beaucoup de difficulté. »

2 commentaires

  1. albert280138 :

    Je pense que je viens de vous envoyer un message en cours de rédaction. Si tel est le cas, je vous prie d’excuser ma maladresse.

    Voilà ma question.

    Avant d’éventuellement pousser plus loin la discussion, je souhaiterais avoir une vue claire de vos conceptions en matière de proposition.

    Soit les deux phrases:
    1. Le juge proclame l’innocence de l’accusé.
    2. Le juge proclame que l’accusé est innocent.

    Dans le cadre de l’analyse de ces phrases:
    a) A quoi (à quelles entités) appliqueriez-vous l’appellation « proposition »?
    b) A quoi très exactement appliqueriez-vous l’appellation « proposition principale ».

    Je vous remercie.

  2. gilleslemire :

    En grammaire descriptive, dans le courant systémique, il est recommandé de considérer 5 unités pour découper la structure du texte et en dégager des classes d’éléments. Ces unités sont la phrase, la proposition, le groupe, le mot et le morphème.
    Votre phrase 1 contient trois groupes : un GNS, un GV qui se décompose à un niveau plus fin en V + GNC.

    Votre phrase 2 comporte deux propositions qui contiennent elles-mêmes des groupes.
    Au niveau des propositions : il y a la tête encore appelée proposition principale -Le juge proclame- et la modification appelée aussi proposition subordonnée -que l’accusé est innocent-.
    ( Voir http://www.cours.fse.ulaval.ca/frn-19972/mediagl/docle/vs/lfvs/lfvsch3/vscha3.html )
    J’évite la discussion qui élimine un rang d’analyse, la proposition.

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