Vincent Auriol : Biographie

Vincent AURIOL

(né à Revel, Haute-Garonne, le 27 août 1884 – mort à Paris, le 1er janvier 1966)

Député et ministre socialiste, Président de l’Assemblée nationale Constituante (1946) puis de l’Assemblée Nationale (1946-47)

1er Président de la IV° République (1947-54)

Portrait officiel du 1er Président de la IV° République

Fils de boulanger du sud-ouest, il suit des études de Droit à l’Université de Toulouse et devient avocat. Inspiré par Jean Jaurès qui fut son professeur et est un ami de son père, il devient socialiste et milite à la SFIO. Parallèlement, il fonde un journal socialiste « le Midi socialiste » pour concurrencer la Dépêche du midi, journal radical.

Il s’engage en politique et est élu député de Haute-Garonne de 1914 à 1947 sans interruption (à l’exception de la Seconde guerre mondiale) ainsi que maire de Muret. Durant le Front populaire de Léon Blum, en tant que spécialiste reconnu des questions financières, il devient Ministre des Finances (1936-37) puis Garde des Sceaux (1937-38). En 1940, il l’est un des rares 80 députés à voter contre les pleins pouvoirs du Maréchal Pétain, ce qui lui vaut d’être arrêté (comme Léon Blum) et emprisonné jusqu’en 1941 puis placé en résidence surveillée. Dès 1943, il parvient à rejoindre le Général de Gaulle à Londres et devient son intermédiaire avec la SFIO.

Réélu député et président du Conseil de Haute-Garonne à la Libération, il devient ministre d’Etat puis préside l’Assemble nationale constituante et l’Assemblée nationale, devenant ainsi le chef de facto de l’Etat après la démission du Général de Gaulle. En 1947, il est élu comme 1er Président de la IV° République et 1er chef d’état socialiste de la France. Malgré la Constitution qui limite ses pouvoirs, il ne veut pas se contenter d’un rôle de potiche et influence grandement le gouvernement, exerçant son pouvoir de nomination du président du Conseil. Avec son épouse et son fils, il réhabilite l’Elysée (inoccupé depuis 1940) mais ne se représente pas à l’expiration de son mandat en 1954, épuisé par les crises politiques.

Lors de la crise de Mai 1958, il soutient le Général de Gaulle mais en tant que membre du Conseil constitutionnel, il désapprouve la pratique autoritaire de celui-ci et se met en retrait de la vie politique tout en soutenant la candidature de François Mitterrand en 1965.

Sa belle-fille, Pauline Auriol, fut une pionnière de l’aviation en France comme première pilote d’essai.

L’élection de Vincent Auriol en 19457 (archives INA)

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Podcast d’une biographie de Franck Ferrand sur Vincent Auriol

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Général Charles DE GAULLE : fiche biographique et documents

Général Charles de Gaulle

 

(né à Lille le 22 novembre 1890

Mort à Colombey-les-deux-églises, le 9 novembre 1970)

Chef de la France Libre puis Combattante (1940-42), Président du CFLN (1943-44) puis du GPRF (1944-46),

dernier Président du Conseil de la IV° République (1958)

1er Président de la V° République (1958-69)

Nul autre personnage politique n’aura plus marqué que lui l’histoire contemporaine de la France. Il fut aussi un acteur incontournable de l’Histoire du XX° siècle. « L’Homme du 18 juin » et de la France Libre qui combattit toute la Seconde Guerre Mondiale pour incarner « une certaine idée de la France » fut aussi le « père » de la V° République et il dirigea la France de 1958 à 1969.

 

Issu d’une famille bourgeoise catholique monarchiste, il est influencé par les auteurs nationalistes et monarchistes comme Maurras ou Barrès. Elève à Saint-Cyr, il est capitaine durant la 1° Guerre mondiale où il est fait prisonnier à Verdun en 1916 et passe 2 ans et demi en captivité en Allemagne.

Durant l’entre-deux-guerres, il développe ses théories militaires dans ses 4 livres sur la guerre de mouvement et l’emploi des blindés dans des unités autonomes qui sont en contradiction avec la stratégie défensive adoptée par l’Etat-major et illustré par la ligne Maginot. Cela provoque sa brouille avec son mentor, le Maréchal Pétain.

Promu Colonel, il dirige une unité de chars à Metz avant de participer aux combats de mai 1940 et d’être promu général de brigade (à titre provisoire). Il s’y distingue notamment par la contre-offensive de Montcornet mais ne dispose pas assez de chars pour valider son avantage. Le 6 juin 1940, Paul Reynaud, Président du Conseil, le nomme secrétaire d’état à la Défense nationale dans son nouveau gouvernement. De Gaulle est alors chargé de coordonner les actions militaires avec les anglais. C’est notamment lui qui dicte le 16 juin la proposition d’union du Royaume-Uni et de la France proposée par Churchill mais refusé par le gouvernement français. A son retour à Bordeaux (où s’est réfugié le gouvernement), il apprend la démission de Paul Reynaud, la nomination du Maréchal Pétain comme Président du Conseil et la décision d’armistice annoncée à 12h le 17 juin par ce dernier. Il part alors pour Londres et y lance son célèbre appel à la poursuite du combat sur les ondes de la BBC.

L’appel du 18 juin en audio (version enregistrée le 22)

La version texte de l’Appel du 18 juin

Soutenu par Churchill et malgré de nombreuses tensions avec Churchill et Roosevelt, il parvient à se faire reconnaître comme le chef de la France libre. Ne voulant pas seulement recréer une armée française, il crée les bases d’un véritable contre-Etat contre le gouvernement de Pétain à Vichy, qu’il ne reconnaît pas. La création des FFL (Forces Françaises Libres) qui participent dès 1941 aux combats en Afrique et au Levant, grâce aussi au ralliement de nombreuses colonies d’Afrique, la France Libre de De Gaulle devient la France combattante.

En 1942, il rassemble la Résistance qui se rallie à lui, non sans hésitations. L’action intérieure de Jean Moulin et du CNR (Comté National de la Résistance) y contribuent beaucoup. Après le débarquement anglo-américain en Afrique du nord, il crée le CFLN (Comité Français de Libération Nationale) et doit accepter à ses côtés le Général Giraud, ancien vichyste, que lui imposent les américains, méfiants vis-à-vis du Général jusqu’à la fin de la guerre.

Dès 1943 toutefois, il s’impose et installe à Alger en 1944 le GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française). La libération de la France en 1944 lui permet un retour triomphal en France où il est acclamé, notamment à Paris, le lendemain de sa libération. La participation active des armées françaises à la libération de l’Europe, son obstination aussi, finissent par avoir raison des réticence des Alliés qui le reconnaissent comme le représentant légitime de la France tandis que s’écroule l’Etat du Maréchal Pétain. Il dirige le gouvernement provisoire jusqu’en 1946, organisant les premières élections et donnant le droit de vote aux femmes. En désaccord avec les partis sur la Constitution de la IV° République, pour laquelle il souhaite un pouvoir exécutif fort, il démissionne le 20 janvier 1946 et fait campagne pour le non, notamment dans le célèbre « Discours de Bayeux » de juin 1946.

Le discours de Bayeux 

La Constitution adoptée, opposant à cette IV° République, il fonde son parti politique, le RPF (Rassemblement du Peuple Français). Malgré un fort succès en 1947-48, le parti décline à partir de 1949 face à la « 3° Force ». Les députés du Général lui font défection (il invente alors l’expression « aller à la soupe »). Il dissout alors le RPF en 1953 et entre dans sa « traversée du désert », retiré à Colombey-les-deux-églises.

La crise de la IV° République qu’accentue la Guerre d’Algérie, provoque l’insurrection du 13 mai 1958 à Alger. Le Comité de Salut Public fait appel à lui et il se déclare prêt à prendre la tête du gouvernement. Le 1er juin, il est investi par la Chambre des députés, en tant que dernier Président du Conseil de la IV° République avec les pouvoirs constituants. Il fait ainsi rédiger par Michel Debré, son Garde des Sceaux, une Constitution qui reprend les thèmes du discours de Bayeux et qui est adoptée en septembre 1958. C’est la création de la V° République. Il en est élu Président en décembre et entre officiellement en fonction en janvier 1959.

Il reste 10 ans au pouvoir puisqu’il est réélu en 1965 (au suffrage universel direct cette fois, après la révision constitutionnelle de 1962). Son « règne » est marquée par une exercice personnel et autoritaire du pouvoir qui lui vaut les critiques de la Gauche (« Le coup d’état permanent » selon François Mitterrand). 

Fragilisé par la crise de Mai 68, un référendum organisé en 1969 sur la réforme du Sénat et des régions, est refusé par le peuple. Il démissionne le lendemain et meurt un an plus tard.

Sa personnalité politique, la plus célèbre de l’Histoire de France avec Napoléon, en a fait un personnage incontournable du XX° siècle et son oeuvre politique a inspiré de nombreuses personnalités de tous bords et de tous pays, par sa stature internationale. Elle marque encore durablement la vie politique en France. Après tout, comme il le disait lui-même : « Je n’ai qu’un rival international : Tintin ».

Video INA : Discours à l’Hôtel de Ville le 25 août 1944 : « Paris libéré »

Site de l’INA sur le Général de Gaulle en vidéo, radios, photos

Citations du Général de Gaulle sur Wikisource 

Pierre MENDES-FRANCE

Pierre Mendès-France (1907-1982)

Une histoire de la Gauche française

« L’estime [du peuple] ira demain à ceux qui ne lui dissimuleront plus la vérité. »

Député radical, Président du Conseil (1954-55)

Merci à mon collègue et ami Fred pour cette excellente bio que je vous recommande de lire (ainsi que le très beau texte de son « appel à la jeunesse ») :

A l’âge de 15 ans, il obtient son bac et il entre l’année suivante à l’Ecole libre des sciences politiques. A 21 ans, Il devient le plus jeune avocat de France. Economiste reconnu, il est à la fois l’héritier du rigorisme économique de Raymond Poincaré et le fils spirituel du déjà très engagé Léon Blum.

Son ascendance juive lié à l’antisémitisme latent des années 30, en fera un membre de la LAURS la Ligue d’action universitaire républicaine et socialiste, mouvement étudiant opposé à l’extrême droite, puis un opposant farouche à l’envoi d’une délégation française aux JO de Berlin en 1936.

Radical et novateur, il deviendra député de l’Eure à partir de 1932, maire de Louviers à partir de 1935 et conseiller général de l’Eure en 1937 malgré une campagne farouchement antisémite. Ephémère sous-secrétaire d’État au Trésor dans le gouvernement Léon Blum (du 13 mars au 8 avril 1938), il se fera remarquer par des positions avant-gardistes que l’on qualifierait aujourd’hui de keynésiennes.

Faussement accusé de désertion au début de la seconde guerre mondiale lors d’un procès inique, il réussira à s’évader peu après pour rejoindre Londres où il intègrera tout d’abord les forces aériennes françaises libres avant de participer au CFLN puis au GPRF comme commissaire aux finances.

En conflit avec le héros de la France libérée (de Gaulle), s’en suivra alors une période « d’exil » de 1945 à 1950, à l’écart de la vie politique française au sein de la BIRD puis du FMI et enfin de l’ONU.

De retour dans la vie politique française, il devient président du Conseil le 18 juin 1954, soit à peine un mois après la débâcle de Dien Bien Phu. Elu pour mettre fin au bourbier indochinois, il signe le 20 juillet 1954 les Accords de Genève qui mettent fin au conflit puis engage dans la foulée des négociations pour la Tunisie.

Parallèlement il tente des réformes institutionnelles sensées mettre fin à l’instabilité ministérielle de la IVème république. Mais trop occupé par le volet international et sans doute peu attiré par les jeux (joutes) politiques du fait de sa haute idée de ce que doit être un homme d’Etat, son gouvernement succombera 7 mois plus tard.

Son gouvernement est finalement renversé le 5 février 1955 sur le problème du statut réservé à l’Algérie. PMF continuera la politique au sein du Front Républicain puis du PSU avant de tenter un dernier baroud d’honneur lors des présidentielles avec un ticket Deferre-Mendès (sur un modèle d’outre atlantique : président – vice-président) qui ne réussira pas à convaincre les électeurs. Dès lors la maladie le tiendra définitivement éloigné de la politique française.

Devenu un « sage », il soutiendra François Mitterrand lors de son élection de 1981 avant de s’éteindre le 18 octobre 1982.

Pierre Mendès France devient alors le symbole de l’exigence en politique. Rigoureux, austère, intransigeant avec lui comme avec les autres, PMF incarne à la fois les réussites et les échecs de ce que l’on peut appeler au sens large : la Gauche française. Incarnant une gauche moderne et ancrée dans les réalités du XXème siècle, il n’aura de cesse de proposer un projet moderne pour la France et sa jeunesse tout en prônant une rigueur budgétaire et économique à contre courant de sa tendance politique. Mais à contrario, il ne saura, ou ne voudra jamais s’arranger avec les compromis et compromissions que l’accès au pouvoir suprême exige de ses candidats et marque à lui seul les ambigüités qu’entretiennent les hommes de Gauche avec ce dernier. D’une part en traduisant l’incapacité de l’aile la plus réformatrice de la Gauche à s’imposer dans les arcanes de ses principaux partis alors même que sa pensée est dominante dans l’opinion publique (ce qui explique le prestige et la quasi mythification du gouvernement et de l’homme Mendès malgré son peu de temps au pouvoir). Et d’autre part, en marquant l’inaptitude globale des candidats de Gauche aux exigences du combat pour l’élection présidentielle, à l’exception de François Mitterrand, car nécessitant à leurs yeux des renoncements inconcevables à leur idéal.

C’est aussi çà l’héritage de Mendès.

Bibliographie

Le plus récent et le plus complet : « Pierre Mendès France » d’Eric Roussel, Gallimard, 2007.

Le plus connu : « Pierre Mendès France » de Jean Lacouture, Poche, réédition en 2004.

Textes

Pour moi le plus beau texte de Pierre Mendès-France – Message à la Jeunesse (22 décembre 1955)

http://pluriel.free.fr/PMF2.html

Vidéos

Documentaire : Le mystère Mendès-France : Image de prévisualisation YouTube

En Vidéo : le récit très surprenant et symbolique de son évasion en 1941 et de l’homme Mendès :

Discours à Nevers

Les actualités de septembre 1954 (PMF au conseil de l’Europe)

Pour plus d’informations : le site à visiter : http://www.mendes-france.fr/

Enfin sur le Mendésisme (comme morale politique ou comme éthique de la République).: http://michel-loussouarn.blogspot.com/2006/08/le-mendsisme-une-ide-neuve.html

et sur son existence actuel : http://www.marianne2.fr/Pour-un-nouveau-mendesisme!_a85180.html?start_liste=5&paa=2

Liste des présidents et gouvernements de la IV° République

Vous trouverez ci-joint la liste des différents présidents de la République et des chefs de gouvernement de la IV° République (de même, vous pouvez déjà trouver la même chose pour la V° République : Liste des Présidents de la République et Premiers Ministres de la V° République)

Liste des présidents et gouvernements de la IV° République

De cette liste que retenir ou plutôt qui ?

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