Cours du 2/12 4ème 2

2 12 2010

Aujourd’hui, nous avons travaillé sur un extrait de roman de Jules Verne. Vous trouverez ci-après le texte et les questions étudiées.

Séquence 4 : Autour de Jules Verne Séance 2 : L’explication dans le récit

Une manœuvre dangereuse

Dick Sand avait eu un instant la pensée de ramener le Pilgrim à la Nouvelle-Zélande. La traversée eût été moins longue, et certainement il l’aurait fait si le vent, qui avait été contraire jusqu’alors, ne fût devenu favorable. Mieux valait donc se diriger vers l’Amérique.

En effet, le vent avait tourné presque cap pour cap, et maintenant il soufflait du nord-ouest avec une tendance à fraîchir. Il fallait donc en profiter et faire le plus de route possible.

Dick Sand se disposa donc à mettre le Pilgrim à grand largue.

Dans une brick-goélette, le mât de misaine porte quatre voiles carrées : la misaine, sur le bas-mât ; au-dessus, le hunier, sur le mât d’hune ; puis, sur le mât de perroquet, un perroquet et un cacatois.

Le grand mât, au contraire, est moins chargé de voilure. Il ne porte au bas-mât qu’une brigantine, et au-dessus une voile de flèche.

Entre ces deux mâts, sur les étais qui les soutiennent par l’avant, on peut encore établir un triple étage de voiles triangulaires.

Enfin, à l’avant, sur le beaupré et son bout-dehors, s’amurent les trois focs.

Les focs, la brigantine, le flèche, les voiles d’étais sont facilement maniables. Ils peuvent être hissés du pont, sans qu’il soit nécessaire de monter dans la mâture, puisqu’ils ne sont pas serrés sur les vergues au moyen de rabans qu’il faut préalablement larguer.

Au contraire, la manœuvre des voiles du mât de misaine exige une plus grande habitude du métier de marin. Il est nécessaire, en effet, lorsqu’on veut les établir, de grimper par les haubans, soit dans la hune de misaine, soit sur les barres de perroquet, soit au capelage dudit mât – et cela aussi bien pour les larguer ou les serrer que pour diminuer leur surface en prenant des ris. De là, l’obligation de courir sur les marchepieds – cordes mobiles tendues au-dessous des vergues -, de travailler d’une main en se tenant de l’autre, manœuvre périlleuse pour qui n’en a pas l’habitude. Les oscillations du roulis et du tangage, très accrues par la longueur du levier, le battement des voiles sous une brise un peu fraîche, ont vite fait d’envoyer un homme par-dessus le bord. C’était donc une opération véritablement dangereuse pour Tom et ses compagnons.

Très heureusement, le vent soufflait modérément. La mer n’avait pas encore eu le temps de se faire. Les coups de roulis ou de tangage se maintenaient dans une amplitude modérée.

Lorsque Dick Sand, au signal du capitaine Hull, s’était dirigé vers le théâtre de la catastrophe, le Pilgrim ne portait que ses focs, sa brigantine, sa misaine et son hunier. Pour passer de la panne au plus près, le novice n’avait eu qu’à se servir, c’est-à-dire à contre-brasser le phare de misaine. Les noirs l’avaient facilement aidé dans cette manœuvre.

Il s’agissait donc maintenant d’orienter grand largue, et, pour compléter la voilure, de hisser le perroquet, le cacatois, le flèche et les voiles d’étais.

« Mes amis, dit le novice aux cinq noirs, faites ce que je vais vous commander, et tout ira bien. »

J. Verne, Un capitaine de quinze ans, première partie, chap. 10.

Questions

1) Pourquoi Dick Sand décide-t-il d’orienter « grand largue » ? Relevez le connecteur logique que l’on retrouve dans les deux phrases « Dick Sand se disposa donc à mettre le Pilgrim grand largue » (l. 6) et « Il s’agissait donc maintenant d’orienter grand largue » (l. 31) et indiquez sa valeur.

2) Qui va effectuer la manœuvre ? Quelle est la difficulté pour ces hommes et comment Dick Sand les rassure-t-il ?

3) Un indice laisse redouter de plus grandes difficultés pour ces hommes que Dick Sand ne veut bien le dire : lequel ? A quoi le lecteur s’attend-il dans la suite du roman ?

4) Quelle phrase, comportant également le connecteur logique cité plus haut, est expliqué par le passage qui va des lignes 17 à 23 ?

5) Quel changement de temps accompagne le passage de la narration à l’explication ?

6) Le narrateur explique la différence entre deux mâts. Quel est le plus difficile à manœuvrer ?

7) L’explication vous semble-t-elle indispensable à l’action ? Justifiez votre réponse.


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