Alcools (1913) de Guillaume Apollinaire : « Le Pont Mirabeau », lecture analytique n° 13

ANALYSE DU TEXTE PAR LE PROFESSEUR :

pontmirabeau

LECTURE EXPRESSIVE DU POEME :

DOCUMENTS A TELECHARGER :

sous le pont mirabeau lecture analytique vierge

sous le pont mirabeau tableau complete lecture analytique

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne

La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont ?je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous ?
Le pont de nos bras passe ?
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont ? je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et /com/me /l'Es/pé/ran/ce est /vi/o/lente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont ? je demeure

Passent les jours et Passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont ? je demeure

SUPPORT

Alcools (1913) de Guillaume Apollinaire.

PRÉSENTATION DU POEME

Il est  paru dans le recueil Alcools en 1913 . Ce poème a été écrit après la rupture amoureuse du poète avec Marie Laurencin. Cette femme était une peintre. Ils ont eu une relation de 1807-1912. Ce poème apparait comme un chant d’amour mais Apollinaire l’écrit de manière originale. Le titre évoque directement un cours d’eau et donc la Seine, Paris. Ce pont a été également choisi pour d’autres raisons : le pont ne correspond pas au stéréotype : c’est un pont métallique. On retrouve donc ici la volonté d’évoquer le monde moderne en le chantant dans le monde industriel .

PROBLÉMATIQUES

Que symbolisent le pont et la Seine pour le poète ?

Que veut exprimer le poète ici ?

En quoi ce poème est-il moderne ?

Qu’est-ce qui fait l’originalite? de ce poe?me ?

AI-JE BIEN LU ?

1. Dans quelle ville se situe l'action de ce poème ?

2. A qui s'adresse le poète ?

3. Quel est le refrain de ce poème ?

4. a.Combien de fois les verbes "passer", "s'en aller" et "couler" sont-ils répétés ?

b. Qu'est-ce qui "coule", dans les vers 1 et 2 ?

5. Quel point commun le poète voit-il entre le fleuve et l'amour qu'il a pour la femme à laquelle il s'adresse ?

6. Quels sont les deux ponts dans ce poème (vers 1 et vers 8) ?

DES AXES

I. L'évocation d'une rupture amoureuse.

II. Un poème traditionnel.

III. Un poème moderne.

LES NEUF IDÉES ESSENTIELLES

1. Le poète regrette son amour perdu.

2. Le poète s'adresse à la femme qu'il a aimée.

3. Le poète évoque deux moments : le moment présent et le passé.

4. Le poète a choisi le pont, parce que le lieu suggère à la fois l'amour et l'envie de mourir.

5. Le fleuve symbolise l'amour qui s'en va, le temps qui fuit.

6. Le poète oppose ce qui s'en va (l'amour, le temps) et ce qui reste (lui, le pont)

7. Le féminin et le masculin s'opposent ici : la Seine/le pont, les rimes masculines qui surgissent des décasyllabes brisés

8. Le poète utilise des éléments traditionnels (l'amour perdu, le décasyllabe) et y ajoute des éléments modernes (décasyllabe cassé, le pont métallique flambant neuf)

9. Le poème est construit comme une chanson : le refrain est répété

LES PROCÉDÉS

Axe Relevé Outils Interprétation

le pont Mirabeau

la Seine

l'onde

cette eau courante

le pont Mirabeau

Le pont de nos bras

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Seine
amours
vienne
peine

face
sous
passe
lasse

courante
s'en va
lente
violente

semaines
passé
reviennent
Seine

Sous /le /pont /Mi/ra/beau// cou/le /la /Seine
Et /nos /a/mours
Fau/t-il /qu'il /m'en /sou/vienne
La/ joie/ ve/nait/ tou/jours //a/près/ la /peine

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Sous le pont Mirabeau COULE la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Sous le pont Mirabeaucoule la Seine
Et nos amours

Les jourss'en vontje demeure

sous
Le pont de nos braspasse
Des éternels regards l'onde si lasse

L'amour s'en vacomme cette eau courante
L'amour s'en va

Passent les jours et Passent les semaines

Les jours s'en vont ?je demeure

Tandis que sous ?
Le pont de nos bras passe ?
Des éternels regards l'onde si lasse

Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne

l'onde si lasse

Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

L'amour s'en va comme cette eau courante

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

l'Espérance

Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Et /com/me /l'Es/pé/ran/ce est /vi/o/lente

Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Axe Relevé Outils Interprétation

le pont Mirabeau

Indication de lieuTitre Apollinaire a choisi ce lieu :- moderne (fait en 1907)- relie deux rives : symbole de l'amour- il passait sur ce pont avec Marie Laurencin- envie de sauter du pont ?

la Seine

l'onde

cette eau courante

Champ lexical de l'eau, du fleuve L'eau joue un rôle important dans le poème. C'est à la fois la Seine qui coule et le temps qui passe, la vie, l'amour. (« Il a coulé de l'eau depuis sous les ponts »).

le pont Mirabeau

Le pont de nos bras

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Répétitionmétaphore Il répète le mot « pont », mais ce n'est le même pont : le vrai et le « pont de nos bras » (ils s'enlacent, ils se rejoignent).

Seine
amours
vienne
peine

face
sous
passe
lasse

courante
s'en va
lente
violente

semaines
passé
reviennent
Seine

Rimes suiviesRimes féminines et rimes masculines La plupart des rimes du poème sont féminines : elles sont douces. Elles évoquent Marie Laurencin.Les vers de quatre syllabes font apparaître des rimes masculines. Elles sont embrassées par els rimes féminines, elles sont donc dominées.Les rimes masculines « cassent » le poème : les rimes ne sont plus suivies ou plates.

Il existait une première version du poème dans laquelle les vers étaient tous des décasyllabes.

Sous /le /pont /Mi/ra/beau// cou/le /la /Seine
Et /nos /a/mours
Fau/t-il /qu'il /m'en /sou/vienne
La/ joie/ ve/nait/ tou/jours //a/près/ la /peine

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Le mètre Les vers ne sont pas réguliers : il y a des décasyllabes, mais le deuxième vers de chaque strope est comme « cassé » (4 + 6).Cela traduit le sentiment qu'il éprouve : il « casse » les décasyllabes pour montrer qu'il est « cassé » lui-même, intérieurement.La forme du poème reproduit quelque chose qui coule. (cf. Apollinaire rêve de faire des poèmes-dessins, des calligrammes)/. La forme dessine le fleuve, la Seine : il alterne les vers longs et les vers courts.

Sous le pont Mirabeau COULE la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne

AmbiguïtéAbsence de ponctuation On comprend : « Sous le pont Mirabeau COULEnt la Seine / Et nos amours ». A cause de l'absence de ponctuation, on peut comprendre ce distique de deux façons : on a l'impression que coulent la seine et nos amours. Le fleuve emporte l'amour, le souvenir.

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Refrainrépétition Après chaque quatrain, le poète répète le même refrain : cela montre qu'il est obsédé par cela, ne pense qu'à cela ; cela montre le temps qui s'écoule, la vie qui revient, les cycles de la vie. Il essaye de se remonter le moral, de trouver le moyen de ne pas sauter du pont.

Sous le pont Mirabeaucoule la Seine
Et nos amours

Les jourss'en vontje demeure

sous
Le pont de nos bras
passe
Des éternels regards l'onde si lasse

L'amour s'en vacomme cette eau courante
L'amour
s'en va

Passent les jours et Passent les semaines

Verbes de mouvements Dans le poème, tout se déplace (tout ? Sauf le poète et le pont ). Cela symbolise la vie qui coule, qui s'écoule : pour la vie, pour le temps et pour le fleuve, on peut utiliser la même expression.

Les jours s'en vont ?je demeure

CésureAntithèse Il oppose les jours et sa situation à lui. Le temps passe (comme le fleuve coule), mais lui ne varie pas, ne bouge pas. Il attend, il n'avance pas dans la vie, il reste sur l'échec.

Tandis que sous ?
Le pont de nos bras passe?
Des éternels regards l'onde si lasse

Enjambements

 

 

On ne s'arrête pas à la fin du vers : cela mime le mouvement, le déplacement qui est évoqué dans le vers.

Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne

l'onde si lasse

 

 

 

Le vocabulaire qu'il emploie est soutenu, poétique : « nos amours » à la place de « notre amour », « faut-il qu'il m'en souvienne » = « faut-il que je m'en souvienne » ; « l'onde » = «le fleuve ».Le poème est très moderne, mais Apollinaire utilise des expressions appartenant au passé.

Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Allitération en [l] et assonance en [a]

 

Ce distique est souligné par la répétition de sonorités.

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Opposition entre le passé et le présentantithèse

 

 

 

Dans le poème, Apollinaire évoque deux moments : le moment présent (il regarde la Seine couler) et le passé.Quand il se souvient de son passé, il remarque que la peine ne dure jamais : apèrs la peine, la vie reprend, la joie aussi.Le poète est donc optimiste : il traverse un mauvais moment, mais il s'en relèvera.

L'amour s'en va comme cette eau courante

Comparaison

 

 

Il compare l'amour à la Seine : le point commun entre les deux est le fait que les deux avancent (coulent). La Seine emporte le souvenir de l'amour. La Seine coule dans un seul sens. Il dit adieu à son amour.

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va

RépétitionAnaphore

 

 

L'anaphore insiste sur l'expression « l'amour s'en va » : il exprime son regret. Il a du mal à accepter la situation.

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et
comme l'Espérance est violente

Répétition du mot « comme »polysémie (différents sens d'un mot)homophones Il joue sur les différents emplois du mot « comme » : en français, « comme » peut exprimer une comparaison ou le regret (« Comme la vie est lente ! »).L'absence de ponctuation rend ce passage ambigü : plusieurs sens sont possibles.

l'Espérance

MajusculeAllégorie

 

 

Le mot « espérance » est écrit ici avec une majuscule, mis en valeur : c'est un mot important, qui représente ce qu'il souhaite.

Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

 paronomaseparonymie

 

 

 Le poète établit un parallèle entre les deux propositions, qui n'en font qu'une : le temps qui passe lentement et la violence éprouvée par le poète, qui n'a plus guère d'espoir.

Et /com/me /l'Es/pé/ran/ce est /vi/o/lente

 diérèse  Le mot "violence" est mis en relief par la diérèse.

Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé

 Champ lexical du temps  Le poète établit un parallèle entre l'eau qui coule sous le pont et le temps qui passe. La Seine symbolise la fuite du temps.

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent

 Anaphores  L'anaphore est un procédé d'insistance. En l'occurrence, le poète insiste sur le temps qui passe. Les amours appartiennent au passé.

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 Répétitions  Le poème obéit à une structure circulaire : la fin rappelle le début. C'est un éternel recommencement, à l'image de la vie. Après l'amour perdu, le poète doit reprendre le cours normal de sa vie.

Le pont Mirabeau est un pont de Paris construit entre 1895 et 1897

le-pont-mirabeau.jpg

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour poster un commentaire