Alcools (1913) de Guillaume Apollinaire : le sens du titre Alcools ; la genèse et l’organisation du recueil

QUESTIONS DE L’EXAMINATEUR

Que signifie le titre Alcools ?

Comment lui est venue l’idée d’écrire ce recueil ?

Ces poèmes ont-ils été écrits en une seule fois ?

Y a-t-il un ordre dans le recueil ? Les poèmes sont-ils rangés selon une certaine logique ?

Qu’est-ce qui fait l’unité du recueil ? Qu’est-ce qui justifie le titre ?

UNE ANALYSE PAR LE PROFESSEUR

Le titre :

L’organisation :

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LE SENS DU TITRE

Apollinaire a hésité entre plusieurs titres :

  • Le Vent du Rhin : les Rhénanes

  • L’année républicaine : revendication révolutionnaire de la sa poésie

  • Eau de vie (sans traits d’union) :

  • et Alcools : il évoque Baudelaire, en sonnant comme un éloge de l’ivresse. Le pluriel invite  à comprendre qu’elle sera de plusieurs sortes : « Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie », « Ta vie que tu bois comme une eau de vie » (« Zone »).

    From the 1952 edition, see earlier posts. I left in the pencil marks of countless previous library-goers; it shows how much the poem has lived and influenced, even just from this one book. <br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /> Title: Enivrez-Vous! (Be Drunk; or literally, Intoxicate Yourself!)<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /> Author: Charles Baudelaire<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /> Transcript: <br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /> Il faut être toujours ivre, tout est là ; c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.</p><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!</p><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /> <p>Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront, il est l’heure de s’enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

LA GENESE

L’idée d’un recueil est ancienne, on en trouve mention dans Le Festin d’Esope, en 1904, qui annonce « une plaquette à paraître : Le Vent du Rhin. »

D’autres annonces suivront, en même temps qu’Apollinaire publie, en revues, un certain nombre de poèmes qui s’intègreront au recueil, mais la plus importante est celle de 1910 qui donne comme titre : Eau-de-vie.

En octobre 1912, le recueil est prêt, il a pour sous-titre « poèmes  1898-1913 » ce qui lui donne l’allure d’une autobiographie intellectuelle, à ceci près qu’il n’est pas organisé de manière chronologique, puisqu’il s’ouvre sur le poème le plus récent, celui qui vient d’être écrit, « Zone », et que la répartition des textes, dans l’ensemble du recueil, ne l’est pas davantage.

Trois changements essentiels

C’est sur les épreuves du recueil, c’est-à-dire au dernier moment, qu’Apollinaire va changer le titre. Eau-de-vie devient Alcools ;  il introduit « Zone », poème qu’il vient d’écrire, ce qui va entraîner une réorganisation de l’ensemble. Enfin, il supprime toute la ponctuation.

L’ORGANISATION DU RECUEIL

Les poèmes ont été écrits entre 1898 et 1913, mais ne sont pas présentés dans l’ordre où ils ont été écrits.

Ni dans l’ordre alphabétique : sinon, nous aurions eu l’ordre suivant :

1909

À la Santé

Automne malade

Automne

Annie

Chantre

etc.

Zone

Deux femmes sont évoquées dans le recueil : Annie Playden (connue en 1901 et avec laquelle il rompt en 1905) et Marie Laurencin (1907-1912). Mais là encore les poèmes ne suivent pas ces deux histoires d’amour :

  • le cycle d’Annie comprend les poèmes suivants : « La chanson du Mal-Aimé » (3), « L’Adieu » (17), « L’Emigrant de Landor Road » (28), « La Dame » (43), « Les Colchiques » (4), tous les poèmes de « Rhénanes » (32-40), « La maison des morts » (9), « Le Vent nocturne » (23), « La Tzigane » (25), « Automne malade » (48), « Annie » (8).

  • le cycle de Marie comprend les poèmes suivants : « Zone » (1), « Marie », « Le pont Mirabeau » (2), « Crépuscule » (7), « Cors de chasse » (50).

« Zone » est placé en tête, alors que le poème commence par un Z et, surtout, par le vers suivant « A la fin, tu es las… »

« Vendémiaire », le dernier poème, est un appel au lecteur : « Ecoutez mes chants d’universelle ivrognerie ». On aurait plutôt attendu ce poème au début du recueil : c’est une invitation à lire ses poèmes.

On a pu dégager certains principes de composition :

le poème placé au début et celui qui est placé à la fin du recueil se répondent : « Zone » et « Vendémiaire ». Ils sont très longs. Le premier est pessimiste, le second optimiste.

à l’intérieur, le poète a conservé des regroupements :

  • les Rhénanes (poèmes 31 à 39) :

  • A la santé

  • Le Brasier (trois poèmes)

  • Les fiançailles (neuf poèmes)

  • le poète alterne les poèmes longs et les poèmes courts : « Zone » (long), « Le Pont Mirabeau » (court), « La Chanson du mal-aimé » (long), « Les colchiques » (court), « Palais » (long), « Chantre » (court), etc.

  • le poète alterne les poèmes réguliers et les poèmes libres : « Zone » (verset, strophes irrégulières), « Le Pont Mirabeau » (strophes régulières, refrain), « La Chanson du mal-aimé » (quintils d’octosyllabes), « Les colchiques » (trois strophes de 7, 5 et 3 vers libres), etc.

 On peut parler de recueil cubiste. Apollinaire est très proche du cubisme qu’il a défendu dans le journal L’Intransigeant dès 1910. Il pense que la poésie, elle aussi, doit s’affranchir de l’imitation du réel et doit reproduire plutôt une vision intérieure. 

Juan Gris1919, 92 × 65 cm, Bâle, Galerie Beyeler.

Les demoiselles d\'Avignon de Pablo Picasso

Célèbrissime tableau de Pablo Picasso, « les Demoiselles d’Avignon » cache une origine trop peu connue. Cette œuvre fondatrice du cubisme, peinte en 1907, s’est d’abord appelée « le bordel d’Avigon ». Ce n’est qu’en 1916 à l’occasion du Salon d’Antin qu’il prend le nom de « Demoiselles d’Avignon ».

Concernant le contenu, il s’agit en réalité de la représentation d’une scène de maison close… espagnole. Ce tableau, à part son lieu de réalisation n’a aucun rapport avec la France. Celui-ci a été peint en souvenir de la Calle Avinyo, rue « chaude » de Barcelone.

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