Alcools (1913) de Guillaume Apollinaire : le contexte historique : le dadaïsme, le futurisme, le cubisme et le surréalisme

QUESTIONS DE L’EXAMINATEUR

Qu’est-ce que le dadaïsme ?

Qu’est-ce que le futurisme ?

Qu’est-ce que le cubisme ?

Qu’est-ce que le surréalisme ?

En quoi Apollinaire a-t-il participé ou a-t-il été influencé par ces mouvements artistiques ?

En quoi le recueil Alcools a-t-il été influencé par ces mouvements artistiques ?

LE DADAISME

Dada — Wikipédia

Le dadaïsme | Mouvement artistique Dada

LE FUTURISME

Futurisme — Wikipédia

Histoire de l’art – Les mouvements dans la peinture – Le futurisme

LE CUBISME

Cubisme — Wikipédia

LE SURREALISME

Surréalisme — Wikipédia

Le surréalisme – Études littéraires

Surréalisme | Mouvement artistique surréaliste

APOLLINAIRE ET L’ESPRIT NOUVEAU

Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky dit Guillaume Apollinaire est un poète et écrivain français, critique et théoricien d’art qui serait né sujet polonais de l’Empire russe le 26 août 1880 à Rome. Il meurt à Paris le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, mais est déclaré mort pour la France en raison de son engagement durant la guerre.

Considéré comme l’un des poètes français les plus importants du début du XXe siècle, il est l’auteur de poèmes tels Zone, La Chanson du mal-aimé, Le Pont Mirabeau, ayant fait l’objet de plusieurs adaptations en chanson au cours du siècle. La part érotique de son œuvre (dont principalement un roman, de nombreux poèmes et des introductions à des auteurs licencieux) est également passée à la postérité. Il expérimenta un temps la pratique du calligramme (terme de son invention, quoiqu’il ne soit pas l’inventeur du genre lui-même, désignant des poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes). Il fut le chantre de nombreuses avant-gardes artistiques de son temps, notamment du cubisme et de l’orphisme à la gestation desquels il participa en tant que poète et théoricien de l’Esprit nouveau. Précurseur du surréalisme, avec son drame Les Mamelles de Tirésias (1917), il en forgea le nom.

L’Esprit nouveau et les poètes – Wikisource

ALCOOLS, UN RECUEIL CUBISTE

Quand il paraît, en avril 1913, tiré à 500 exemplaires, le recueil de poèmes de Guillaume Apollinaire ne fait pas grand bruit. Il est pourtant le fruit d’une longue gestation, plus de 15 ans, et s’impose rapidement comme une œuvre majeure, une porte qui s’ouvre sur le XXème siècle.

Ce n’est pas, bien sûr, parce que l’on y parle de l’Allemagne, du Rhin plus précisément qui a inspiré au poète, vagabond de l’Europe, des textes, les Rhénanes, écrits dix ans auparavant, et qui sont inclus dans le recueil.

Non, l’essentiel n’est pas là. Renouvellement formel, recherche de la modernité, expérimentation poétique, radicale absence de ponctuation qui crée des rapprochements et des ambigüités de sens et accentuent les allitérations, voilà les marques de la nouveauté, affirmée d’emblée dans le premier vers : « A la fin tu es las de ce monde ancien » !

« Zone », écrit en dernier par le poète, est placé au début du volume. Il est cet hymne à la modernité. On y suit les déambulations du poète dans le Paris des années 1900, un Paris transformé par la révolution industrielle, avec son « troupeau de ponts », guidé par une « bergère ô Tour Eiffel », qui est aussi notre bergère pour nous conduire dans le monde nouveau. Une ville avec des « automobiles », des autobus mugissants, des sténodactylographes et un avion !

Déambulation urbaine, déambulation dans les souvenirs, pour une vie recomposée, et composée comme le portrait cubiste d’Apollinaire par Picasso, publié en frontispice de l’ouvrage : chapeaux, pipes, journaux, cheminées ou instruments de musique, collages ou peinture qui font écho aux collages de la poésie.

Apollinaire, qui sera broyé par la guerre comme tant d’autres et mourra de la grippe espagnole en 1918 et dont les photographies les plus célèbres sont celles qui le montrent la tête cerclée après la trépanation, est aussi le symbole d’un mouvement unique de l’histoire intellectuelle de l’Europe.

Cette brève période où toute la création du continent se retrouvera à Paris, où l’on échange, où l’on partage, avec en écho ce qui se fait à Vienne, à Berlin, à Londres, ce moment où les « parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Dans un même mouvement, le cubisme et le futurisme, Debussy et Stravinsky, et les poèmes d’Alcools dialoguent. « Zone » est publié à Berlin dans la revue der Sturm au moment même où il paraît à Paris. Guillaume Apollinaire, Français, né d’un père italien et d’une mère polonaise, voyageur, amoureux de l’Allemagne, est l’incarnation de ce rêve esthétique.

L’ORGANISATION DU RECUEIL

Les poèmes ont été écrits entre 1898 et 1913, mais ne sont pas présentés dans l’ordre où ils ont été écrits.

Ni dans l’ordre alphabétique : sinon, nous aurions eu l’ordre suivant :

1909

À la Santé

Automne malade

Automne

Annie

Chantre

etc.

Zone

Deux femmes sont évoquées dans le recueil : Annie Playden (connue en 1901 et avec laquelle il rompt en 1905) et Marie Laurencin (1907-1912). Mais là encore les poèmes ne suivent pas ces deux histoires d’amour :

  • le cycle d’Annie comprend les poèmes suivants : « La chanson du Mal-Aimé » (3), « L’Adieu » (17), « L’Emigrant de Landor Road » (28), « La Dame » (43), « Les Colchiques » (4), tous les poèmes de « Rhénanes » (32-40), « La maison des morts » (9), « Le Vent nocturne » (23), « La Tzigane » (25), « Automne malade » (48), « Annie » (8).

  • le cycle de Marie comprend les poèmes suivants : « Zone » (1), « Marie », « Le pont Mirabeau » (2), « Crépuscule » (7), « Cors de chasse » (50).

« Zone » est placé en tête, alors que le poème commence par un Z et, surtout, par le vers suivant « A la fin, tu es las… »

« Vendémiaire », le dernier poème, est un appel au lecteur : « Ecoutez mes chants d’universelle ivrognerie ». On aurait plutôt attendu ce poème au début du recueil : c’est une invitation à lire ses poèmes.

On a pu dégager certains principes de composition :

le poème placé au début et celui qui est placé à la fin du recueil se répondent : « Zone » et « Vendémiaire ». Ils sont très longs. Le premier est pessimiste, le second optimiste.

à l’intérieur, le poète a conservé des regroupements :

  • les Rhénanes (poèmes 31 à 39) :

  • A la santé

  • Le Brasier (trois poèmes)

  • Les fiançailles (neuf poèmes)

  • le poète alterne les poèmes longs et les poèmes courts : « Zone » (long), « Le Pont Mirabeau » (court), « La Chanson du mal-aimé » (long), « Les colchiques » (court), « Palais » (long), « Chantre » (court), etc.

  • le poète alterne les poèmes réguliers et les poèmes libres : « Zone » (verset, strophes irrégulières), « Le Pont Mirabeau » (strophes régulières, refrain), « La Chanson du mal-aimé » (quintils d’octosyllabes), « Les colchiques » (trois strophes de 7, 5 et 3 vers libres), etc.

 On peut parler de recueil cubiste. Apollinaire est très proche du cubisme qu’il a défendu dans le journal L’Intransigeant dès 1910. Il pense que la poésie, elle aussi, doit s’affranchir de l’imitation du réel et doit reproduire plutôt une vision intérieure. 

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