Incendies (2003) de Wajdi Mouawad : la structure de la pie?ce

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Incendies re?sume?

Incendies re?sume?

QUESTIONS DE L’EXAMINATEUR

Comment la pièce est-elle découpée ?

A quoi correspondent les 4 incendies ?

A quoi correspondent les 38 parties ?

L’histoire est-elle racontée de façon chronologique ?

Les lieux changent-ils après chaque partie ?

LE DECOUPAGE DE LA PIECE

Incendies re?sume? complete

INCENDIE DE NAWAL

Tableau

Lieu

Epoque

Résumé de l’action

1

Notaire

Dans le bureau du notaire

Aujourd’hui

Le notaire invite les jumeaux à entrer dans son bureau. Nous ne savons pas grand-chose, mis à part que leur mère est morte, qu’elle vient d’un autre pays, qu’elle semblait peu proche de ses enfants et qu’elle ne parlait pas.

2

Dernières volontés

Dans le bureau du notaire

Quelques minutes plus tard

Hermile Lebel lit aux jumeaux le testament de la mère, qui a été écrit devant deux témoins : le propriétaire et une serveuse du restaurant Les Burgers du Vietcong.

Les deux jumeaux ont 22 ans.

Nawal leur lègue tout son argent, ainsi que trois objets :

– un stylo plume noir pour Hermile Lebel

– sa veste en toile verte avec l’inscription 72 pour Jeanne

– un cahier rouge pour Simon

Elle a prévu également deux enveloppes :

– Jeanne doit donner une enveloppe à leur père

– Simon doit donner l’autre enveloppe à leur frère

Simon réagit violemment.

Pour lui montrer que leur mère les aimait, le notaire rappelle que la seule phrase que celle-ci ait prononcé, après cinq ans de silence, le jour et l’heure de leur anniversaire, a été : « Maintenant que nous sommes ensemble, ça va mieux ».

3

Théorie des graphes et vision périphérique

Salle de cours où enseigne Jeanne

Salle d’entraînement de Simon

 

Jeanne donne un cours de maths : l’introduction à la théorie des graphes.

Simon est dans sa salle d’entraînement : il est boxeur.

4

La conjecture à résoudre

Dans le bureau du notaire

 

Jeanne repasse voir le notaire. Elle demande l’enveloppe destinée à leur père. Elle prend aussi la veste en toile verte.

5

Ce qui est là

Dans la forêt,

dans le pays d’origine de la mère

Analepse : Nawal a 14 ans

Nawal annonce à Wahab qu’elle est enceinte. Elle a peur de la réaction de leurs parents.

6

Carnage

Maison de Nawal

Analepse : Nawal a 14 ans

Jihane, la mère de Nawal, menace celle-ci : si elle garde l’enfant, elle devra partir.

Nawal est obligée de rester dans la maison pendant toute la grossesse.

Elhame prendra l’enfant et le donnera.

7

L’enfance

Dans la chambre de Nawal

Analepse : Nawal a 15 ans

A un mois de l’accouchement, Nawal répète la phrase de Wahab : « Maintenant que nous sommes ensemble, ça va mieux ».

Elle regrette d’avoir accepré la demande de sa mère.

Wahab lui apprend qu’on va l’envoyer loin d’elle.

Elle prononce la phrase : « l’enfance est un couteau que je me planterai dans la gorge ».

8

Promesse

 

Analepse : Nawal a 15 ans

Nawal accouche d’un garçon. Elle glisse un nez de clown dans les langes du bébé.

Elhame emmène l’enfant.

Nazira, la grand-mère de Nawal, est alitée : elle se sent mourir.

9

Lire, écrire, compter, parler

 

Analepse : Nawal a 16 ans

Avant de mourir, Nazira demande à Nawal de lui promettre de quitter le village, d’apprendre à lire, écrire, compter, parler.

Elle demande aussi à Nawal de graver son nom sur sa pierre tombale, quand elle sera enterrée, car elle a tenu ses promesses. « Il faut casser le fil », dit-elle.

10

Enterrement de Nawal

Au cimetière

Aujourd’hui

Hermile Lebel se plaint au téléphone : il n’y a pas les trois seaux d’eau qu’il a demandés.

Les seaux sont retrouvés. Chacun vide un seau d’eau dans le trou. On enterre Nawal et l’on part sans avoir posé de pierre.

11

Silence

Une scène de théâtre

Aujourd’hui

Jeanne rend visite à Antoine Duchamp, qui était infirmier jusqu’à la mort de Nawal.

Il travaille maintenant dans un théâtre.

Il enregistrait le silence de Nawal avec un enregistreur à cassettes.

Il donne une boîte contenant tous les enregistrements à Jeanne.

INCENDIE DE L’ENFANCE

Tableau

Lieu

Epoque

Résumé de l’action

12

Le nom sur la pierre

Devant la tombe de la grand-mère de Nawal

Analepse : Nawal a 19 ans

Nawal grave sur la tombe de sa grand-mère le nom de Nazira en arabe.

Elle raconte à la morte son arrivée dans le village et son chemin pour aller au cimetière : la rencontre avec sa mère (elles se sont regardées comme deux étrangères), les rires déclenchés par le fait qu’elle sache écrire et l’agression d’un villageois qui lui crache dessus et qu’elle assomme avec un livre.

Elle promet à sa grand-mère de retrouver son fils.

13

Sawda

 

Analepse : Nawal a 19 ans

Nawal rencontre Sawda, une réfugiée vivant dans son village natal, qui la suit à la sortie du cimetière et dit connaître Wahab.

Elle réclame l’aide de Nawal pour apprendre à son tour à lire et à écrire.

Nawal, dans un premier temps, refuse, puisqu’elle va repartir et quitter le village, mais Sawda veut la suivre et devenir une compagne de voyage.

Nawal accepte et toutes les deux partent vers le Sud.

14

Frère et soeur

 

Aujourd’hui

Analepse : Nawal a 19 ans

Simon, inquiet du silence et de la disparition de sa soeur, rend visite à celle-ci et la questionne. En guise de réponse, elle lui fait écouter du silence, l’une des cassettes enregistrées par Antoine.

Nawal apprend l’alphabet à Sawda.

Simon exhorte Jeanne à reprendre sa vie normale. Elle refuse.

Ils ont rendez-vous dans trois jours chez le notaire, pour signer les papiers.

Enervée de ne pas entendre sa mère parler, Jeanne balance son walkman.

15

Alphabet

 

Analepse : Nawal a 19 ans

Nawal et Sawda continuent la leçon d’alphabet.

Elles arrivent au premier village du Sud. Elles décident d’aller voir l’orphelinat.

Elles croisent Jeanne, qui écoute le silence.

16

Par où commencer

Une scène de théâtre

Aujourd’hui

Jeanne retourne voir Antoine et lui demande son aide.

Celui-ci lui suggère de remonter à l’origine du silence de Nawal, le 20 août 1997, jour anniversaire des jumeaux. La mère s’intéressait alors à une série de procès, au Tribunal pénal international.

Jeanne évoque également une photographie représentant sa mère à l’âge de quarante ans en compagnie d’une amie.

La scène se déplace au moment où Nawal jeune, accompagnée de Sawda, arrive à l’orphelinat désert de décide de partir pour Kfar Rayat.

Antoine propose à Jeanne d’agrandir la photographie pour mieux la voir.

17

Orphelinat de Kfar Rayat

L’orphelinat de Kfar Rayat

Analepse : Nawal a 19 ans

Nawal et Sawda rencontrent le médecin qui les informe que tous les enfants ont été pris, par vengeance, par des réfugiés qui sont allés plus au Sud, dans des camps.

Nouvelle analepse : dans la chambre d’hôpital, Antoine entend la mère parler, rompant son silence.

Dernière analepse : Sawda interpelle Nawal qui reprend le voyage vers le Sud.

Antoine prévient Jeanne du miracle qui vient de se produire.

18

Photographie et autobus du Sud

L’université

Aujourd’hui

Antoine et Jeanne décryptent la photographie de Nawal âgée de 40 ans et de Sawda. Sur un autobus brûlé apparaissant à l’image, on peut lire « Réfugiés de Kfar Rayat ».

Jeanne évoque une prison, construite en 1978, pendant la guerre, à Kfar Rayat. Les deux femmes sont armées.

Jeanne veut acheter un billet avion.

Nouvelle analepse : Nawal a 19 ans. Sawda et elle se séparent : Nawal prend l’autobus pour retrouver son fils.

19

Les pelouses de banlieue

Dans le jardin d’Hermile Lebel

Aujourd’hui

Son bureau étant en travaux, le notaire reçoit les jumeaux chez lui. Il les invite à sortir de la maison pour venir dans le jardin et leur annonce qu’il a commandé une pizza.

Simon demande qu’on aille vite, en raison du combat qu’il doit livrer le soir même.

Avertie par le notaire de la phobie de sa mère concernant les autobus, Jeanne apprend que Nawal a assisté à un attentat contre un autobus.

Analepse : Nawal raconte elle-même l’attentat à Sawda.

On procède à la signature de documents. Simon découvre que sa soeur a déjà pris l’enveloppe chez le notaire. Il s’emporte de nouveau. Jeanne s’en va.

20

Le coeur même du polygone

A l’aéroport

Aujourd’hui

Jeanne téléphone à son frère pour l’informer de son départ imminent, de sa volonté de trouver la trace de son père.

INCENDIE DE JANNAANE

Tableau

Lieu

Epoque

Résumé de l’action

21

La guerre de cent ans

Un local détruit

Analepse : Nawal a 40 ans

Nawal, quarante ans, et Sawda se transmettent des informations sur la destruction du journal La lumière du jour où jusque-là elles travaillaient : meurtres, viols, enlèvements, incendie ont mis fin à l’entreprise.

Elles sont recherchées et doivent fuir, trouver refuge dans les camps. Nawal promet de résister et de construire un autre journal.

22

Abdessamad

Le village natal de Nawal

Aujourd’hui

Jeanne s’entretient avec Abdessamad Darazia, l’homme qui connaît toutes les histoires. Il lui rapporte ce qu’il tient pour des légendes, celle de Nawal et de Sawda, la fille qui chante, la séparation de Nawal et de Wahab dont les rires retentissent encore au rocher aux arbres blancs.

Puis la scène se déplace : on assiste aux retrouvailles des deux adolescents, Wahab offrant à Nawal un nez rouge dérobé dans la tente du clown d’un théâtre ambulant.

Abdessamad évoque encore la pierre portant l’inscription du nom de la grand- mère et indique à Jeanne qui le lui demande le chemin de Kfar Rayat. Prenant la route, la jeune femme appelle son jumeau pour lui faire entendre les bruits du village.

23

La vie est autour du couteau

Un village

Analepse : Nawal a 40 ans

Sawda et Nawal, quarante ans, font, sur le chemin de Kfar Rayat, la rencontre d’un milicien. Celui-ci les suspecte fortement d’être les femmes recherchées et se saisit de Nawal qu’il menace avec un couteau sur la gorge. Sawda sort un pistolet et le tue.

24

Kfar Rayat

Devant la prison de Kfar Rayat

Aujourd’hui

Jeanne se trouve dans l’ancienne prison de Kfar Rayat transformée en 2000 en musée, afin de relancer l’économie touristique. Elle échange avec le guide, qui ne connait pas les deux femmes sur la photographie qu’elle lui tend. Au fil de la conversation, il glisse le nom du bourreau, Abou Tarek, et lui indique la cellule numéro 7, où les gens viennent comme des pèlerins, celle de la femme qui chante, et qui chantait pendant que les autres se faisaient torturer. Surprise de Jeanne qui apprend le nom du gardien et l’année de la fondation de la prison, 1978, année des grands massacres de Kfar Riad et Kfar Matra.

25

Amitiés

 

Analepse : Nawal a 40 ans

Tous les proches de Sawda viennent d’être massacrés dans leur camp de réfugiés par des miliciens en fureur. Son arme crie vengeance et Nawal tente de l’amener à la raison, à la réflexion, l’invitant à ne pas devenir bourreau à son tour, à chanter plutôt. Mais Sawda refuse le rôle de consolation pour lequel elle a tant d’habileté, et, revenant sur l’horreur de la nuit funeste, narre un épisode d’une cruauté infinie : une mère, sommée par un milicien de choisir lequel de ses trois fils sera épargné, ayant fini par faire ce choix insoutenable, deux de ses fils gisant à ses pieds, hurle sa douleur d’être l’assassin de ses propres enfants. Nawal, en sympathie profonde avec son amie, l’engage toutefois à ne pas participer à ce qu’elle nomme l’addition monstrueuse qui ajoute le crime au crime et la douleur à la douleur. Que faire alors, demande Sawda ? Nawal n’a pas de solution et ne peut que répondre tuer : n’apprend rien, punir ne transforme pas les coupables, la loi du talion ne change rien. La douleur de la femme torturée, elle la connaît, mais la promesse faite à Nazira de sortir de ce mauvais chemin organise sa résistance. Elle propose à Sawda une seule action : toucher Chad, le chef des milices. Pour cela, elle a un plan : remplacer la fille qui enseigne à ses enfants pendant une semaine et, le dernier jour, lui tirer « deux balles jumelles », l’une pour Sawda et les réfugiés, l’autre pour Nawal et les gens de son pays. C’est donc un sacrifice personnel qu’elle offre à Sawda, qui devra se cacher chez Chamsedine. Les deux femmes échangent une promesse pour rester ensemble : Sawda récitera un poème appris de Nawal lorsque celle-ci lui manquera et Nawal se mettra à chanter, ainsi que Sawda le lui a enseigné.

26

La veste en toile verte

Devant la conciergerie de l’école

Aujourd’hui

Jeanne fait face à Fahim, l’ancien gardien de la prison devenu le concierge de l’école. Elle lui montre la veste en toile verte que celui-ci reconnaît pour être celle de la femme qui chante. Étonnée de cette révélation contraire à toutes les informations qu’elle a obtenues jusque-là, Jeanne a du mal à admettre la vérité. L’homme pourtant identifie formellement sa mère sur la photographie et lui confirme sa présence pendant plus de dix ans dans la prison. L’autre femme, Sawda, il ne la connaît pas. Et il dévoile à Jeanne une partie de l’histoire passée sous silence par Nawal : après l’assassinat du chef des milices, elle a été incarcérée, ses amis emprisonnés ou tués. Une de ses amies, selon toute vraisemblance Sawda, s’est fait exploser dans le bar des miliciens. Enfermée dans la cellule numéro 7, Nawal désignée ici par la périphrase « détenue 72 », a été prise en main par Abou Tarek qui l’a violée régulièrement. Enceinte, elle a accouché, seule dans sa cellule, d’un enfant qu’elle a mis dans un seau recou- vert d’une serviette. Le gardien, chargé de le jeter dans la rivière, n’a pas eu le coeur d’une telle besogne. Sans regarder le contenu du seau, il l’a confié à un paysan de Kisserwan. Jeanne, bouleversée par les révélations de Fahim, s’adresse en aparté à sa mère et lui confie tout et toute la fierté que celle-ci aurait pu recevoir de ses enfants si seulement elle avait parlé.

27

Téléphones

Dans une cabine téléphonique à pièces

Au centre d’entraînement de Simon

Aujourd’hui

Jeanne, au téléphone, prévient Simon, lui racontant l’histoire de leur mère qu’elle vient de découvrir. Persuadée que l’enfant né du viol est le frère que Simon doit retrouver, elle demande à son jumeau d’aller chez le notaire de prendre le cahier rouge et de le lire. Celui-ci refuse, s’entêtant à ne pas vouloir sortir de sa vie normale et insistant pour que Jeanne y revienne elle aussi. Il lui demande un numéro où la joindre ; elle raccroche sans le lui donner

28

Les noms véritables

Chez un paysan

Aujourd »hui

Jeanne photographie Malak, le paysan vers lequel Fahim l’a dirigée. Par un jeu de questions et de réponses, l’homme reconstitue le parcours de la jeune femme jusqu’à lui. Et, lorsqu’elle lui précise le surnom de sa mère, la femme qui chante, alors il lui révèle son identité première : Jannaane, le prénom que lui-même a choisi pour elle. À ce moment précis, la scène se double de la scène antérieure, Malak remettant à Nawal ses deux enfants : d’abord dans le refus, Nawal, quarante-cinq ans, se rend aux arguments de Malak et prend ses deux bébés, Sarwane et Jennaaane, Simon et Jean. En butte à ces révélations, pour elle difficiles à admettre, Jeanne tente d’opposer à Malak quelques arguments que celui-ci réfute et la jeune femme doit se rendre à l’évidence : le récit maternel autour de leur naissance et de leur père est une fable inventée pour eux.

29

La parole de Nawal

Au tribunal

Analepse : Nawal a 60 ans

Simon ouvre le cahier rouge. Il y trouve le témoignage de sa mère, sous forme d’adresse à Abou Tarek, son bourreau. Le surgissement de Nawal, soixante ans, dans la scène donne corps à la voix que Simon découvre. La mère dépeint le monstre Abou Tarek, la terreur qu’il inspire aux bourreaux mêmes qui, dans la prison, sévissent comme lui, les tortures, les viols, le raffinement de sa haine et de son mépris. Elle lui révèle l’existence des deux enfants et l’interroge. Comment dire l’horreur ? Comment révéler une paternité aussi odieuse ? Comment avouer à ses enfants qu’on ne les a pas désirés, pis que cela, qu’ils sont nés de la violence la plus abjecte ? Elle lui promet la solitude et l’anéantissement de la confrontation avec les jumeaux. Et lui explique la promesse faite à Nazira pour s’arracher à la misère. C’est le sens de son témoignage : parler pour n’être en aucune manière complice du criminel.

30

Les loups rouges

 

Aujourd’hui

Simon, en compagnie du notaire, s’interroge : un frère, pour quoi faire ? Pour l’inciter à avancer, Hermile Lebel lui rappelle sa soeur, la nécessité dans laquelle se trouve celle-ci de savoir et lui propose son aide. Il partira avec Simon, ensemble ils trouveront. Le notaire s’en va. Apparaît alors Nawal, soixante-cinq ans, qui s’adresse à son fils qui pleure. Il lui transmet sa vision, celle d’un loup rouge, du sang dans la bouche. La mère l’entraîne, réclamant la force de ses poings contre le silence. Elle décline les identités, des jumeaux et de leur père, enjoint le fils de trouver celle du frère.

INCENDIE DE SARWANE

Tableau

Lieu

Epoque

Résumé de l’action

31

L’homme qui joue

En haut d’un immeuble

Analepse

Du haut d’un immeuble, armé d’un fusil faisant également office de guitare et de micro, un walkman sur les oreilles, Nihad fait mine de jouer, chante et tire à trois reprises. Puis il saisit un appareil, prend une photo, chante à nouveau, se plaque au sol, se lève et tire, blessant un homme qu’il traine par les cheveux et projette au sol. La discussion s’engage et l’homme implore Nihad de ne pas le tuer. Se présentant comme un photographe de guerre, il dit être à la recherche d’un franc-tireur et avoir eu la possibilité de photographier Nihad qui, à son tour, se déclare photographe de guerre, montrant à l’individu qu’il tient en son pouvoir une série de clichés de gens morts, qu’il a tués lui-même. Puis il mitraille l’homme avec son appareil avant de fixer celui-ci sur le canon du fusil et de relier à la gâchette le déclencheur. L’homme supplie à nouveau mais Nihad tire et le tue. Puis il lui adresse en anglais un dialogue de show télévisé où il fait lui-même les questions et les réponses, s’adressant à un certain Kirk, il mêle avec dérision spectacle et scène présente. Puis il mime à nouveau un morceau chanté.

32

Désert

Dans le désert

Aujourd’hui

Simon et Hermile Lebel arpentent le désert à la recher- che de Chamseddine, chef spirituel de la résistance du Sud, vers qui on les a orientés. Exaspéré par cette incertitude, Simon s’emporte et se déclare prêt à renoncer à trouver son frère dont il connaît désormais le nom, Nihad Harmanni. Le notaire le rassérène et les deux hommes poursuivent leur marche, attendant que Chamseddine, sortant de sa cachette, les trouve.

33

Les principes d’un franc-tireur

 

Analepse

Nihad, muni des mêmes accessoires, poursuit son spectacle et le dialogue avec Kirk commencé précédemment. Ses principes : tuer immédiatement, sans faire souffrir, tuer équitablement tout le monde, faire une exception pour les femmes qui ressemblent à Elizabeth Taylor qu’il aime beaucoup

34

Chamseddine

 

Aujourd’hui

Le notaire et Simon sont enfin auprès de Chamseddine qui, ayant eu vent de la présence de Jannaane sans avoir reçu sa visite, attendait celle de son frère Sarwane. L’homme dit encore avoir compris que Nawal était morte quand il a su que son fils le cherchait. Une première manifestation de Nawal, quarante-cinq ans, fait écho dans la scène aux mots de Chamseddine la concernant. Puis Simon questionne son hôte à propos de son frère, le premier fils de Nawal. L’homme se rappelle s’être enquis auprès d’elle de son fils perdu, au moment où elle s’apprêtait à quitter le pays. Alors, pour la seconde fois dans la scène, le personnage de la mère prend la parole et donne la réponse qu’elle avait donnée à ce moment-là : tous trois étaient vivants et perdus, le fils, Wahab et elle-même. Comme Chamseddine affirme à Simon ne rien pouvoir faire, ignorant l’identité du premier fils, le jeune homme lui révèle l’identité de son frère. Au nom de Nihad Harmanni, le chef de la résistance demande des éclaircissements que lui fournit le notaire, lui révélant les différentes étapes de leur enquête. Convaincu de l’identité du frère, Chamseddine demande au notaire de sortir : c’est à lui que revient la rude tâche de révéler à Simon tout le secret de sa naissance.

35

La voix des siècles anciens

 

Aujourd’hui

Hermile Lebel se tourne vers Jeanne et l’informe du changement qui s’est opéré en Simon pendant l’entretien avec Chamseddine. Le jeune homme a pris le regard de sa mère, et son silence. Le notaire a peur. Dans un face à face énigmatique, où Simon entraîne Jeanne dans les territoires mathématiques, les jumeaux affrontent ensemble la vérité. Leur confrontation s’accompagne d’un retour de la scène passée, entre Simon-Sarwane et Chamseddine qui affirme que l’esprit de Nawal associé à celui de Sawda a conduit le jeune homme. Il peut donc apprendre qui est Nihad. Grand tireur, le frère de Jeanne et de Simon a servi la cause de Chamseddine avant de remonter vers le Nord pour chercher sa mère. Après quelques années de recherches infructueuses, il a fini par renoncer, cultivant le rire et la dérision. Devenu franc-tireur, se transformant en machine à tuer, il a été capturé par l’armée étrangère et recruté dans la prison de Kfar Rayat pour mener les interrogatoires. Là, il a changé de nom pour devenir Abou Tarek. Ainsi le frère n’est autre que le père des jumeaux bourreau et violeur de sa propre mère. La scène s’achève par une tirade de Nihad au tribunal où il admet et revendique ses crimes, expliquant son sens particulier de l’art et du spectacle. Abandonné par sa mère à la naissance Nihad ne tient d’elle qu’une grimace laissée dans ses anges, un petit nez rouge de clown. Ainsi la boucle est bouclée. Donnant la parole à Nihad au cours de son procès, la scène réactive la présence de Nawal.

36

Lettre au père

 

Aujourd’hui

Jeanne remet à Nihad l’enveloppe. Nawal, soixante-cinq ans, lit. Elle s’adresse au bourreau qui voit devant lui sa fille et son fils, qui savent qu’il est le bourreau. Il déchire la lettre.

37

Lettre au fils

 

Aujourd’hui

Simon remet à Nihad l’enveloppe. Nawal lit. Elle s’adresse à son fils. Elle lui confie leur secret.

38

Lettre aux jumeaux

 

Aujourd’hui

Hermile Lebel ouvre la dernière lettre, adressée aux jumeaux.

Nawal lit et s’adresse d’abord à Simon. Puis c’est au tour de Jeanne.

L’histoire des jumeaux commence le jour où Nawal grave sur la tombe le nom de sa grand-mère, accomplissant la promesse.