Méthode : la dissertation

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Une dissertation guidée pas à pas :

Sujet :

Dans Deux définitions du roman (1866), Emile ZOLA déclarait : « le premier homme qui passe est un héros suffisant ». Discutez cette affirmation en prenant appui sur les textes du corpus et sur les œuvres que vous connaissez.

Activités pour s'entraîner : appliquer la méthode pour d'autres sujets de dissertation.

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la dissertation es1

Définition :

La dissertation consiste à conduire une réflexion personnelle et argumentée à partir d’une problématique littéraire issue du programme de français.
Pour développer son argumentation, le candidat s’appuie sur les textes dont il dispose, sur les « objets d’étude » de la classe de première, ainsi que sur ses lectures et sa culture personnelle.

Les impératifs sous-jacents pour rédiger une dissertation :
savoir mener une réflexion personnelle (il ne s’agit pas de répéter un enseignement que vous avez reçu) ;
être exercé à rédiger ;
maîtriser les techniques d’argumentation : la dissertation est un exercice de rédaction à part entière, et vous devez savoir produire un texte argumenté et logique ;
être capable d’analyser un sujet de dissertation, le délimiter et le problématiser ;
être apte à mobiliser des connaissances littéraires.

Faire un plan :

Il existe différents types de plan :
le plan dialectique (thèse, antithèse, synthèse / dépassement) ;
le plan analytique (description d’une situation ou explication, analyse des causes ou illustration, analyse des conséquences ou commentaire) ;
le plan thématique (réflexion sur une (ou plusieurs) notion(s), il s’agit de répondre progressivement à la question du sujet en présentant différents arguments de manière ordonnée).

Quel plan ?
Comparons les deux sujets de dissertation suivants :
Le personnage en proie a? la folie, au de?sordre inte?rieur, apparai?t fre?quemment au the?a?tre. A votre avis, pourquoi le the?a?tre affectionne-t-il ce type de personnage ?
Selon vous, les moments ou? l'inde?cision des personnages domine pre?sentent-ils de l'inte?re?t dans la repre?sentation the?a?trale ?

Examinons un sujet...
Dissertation
Au the?a?tre, les personnages ne disposent-ils que des mots pour exprimer leurs sentiments ?
Vous justifierez votre re?ponse dans un de?veloppement compose? en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures personnelles, ainsi que sur les œuvres e?tudie?es en classe.

Deux re?ponses possibles...
OUI, au the?a?tre, les personnages ne disposent que des mots pour exprimer leurs sentiments
NON, au the?a?tre, les personnages ne disposent pas que des mots pour exprimer leurs sentiments

Voyons ce que donne l'ensemble de notre re?flexion.

OUI, au the?a?tre, les personnages ne disposent que des mots pour exprimer leurs sentiments
?    le dialogue occupe une place plus importante que les didascalies
?    gra?ce aux monologues, aux aparte?s, le
lecteur/spectateur connai?t les pense?es des personnages
?    les tirades sont nombreuses, dans une pie?ce de the?a?tre : ce sont des passages importants, appre?cie?s
NON, au the?a?tre, les personnages ne disposent pas que des mots pour exprimer leurs sentiments
ils disposent e?galement de : leurs gestes leurs actions les silences
les de?cors les costumes la mise en sce?ne les lumie?res, etc.

Voici maintenant un plan simple...
I. Au the?a?tre, les personnages ne disposent que des mots pour exprimer leurs sentiments
1. le dialogue occupe une place plus importante que les didascalies

2. les tirades sont nombreuses, dans une pie?ce de the?a?tre : ce sont des passages importants, appre?cie?s
3. gra?ce aux monologues, aux aparte?s, le lecteur/spectateur connai?t les pense?es des personnages
II. Mais les personnages ne disposent pas que des mots pour exprimer leurs sentiments. ?ls disposent e?galement de :
1. leurs gestes, leurs actions

2. la mise en sce?ne : les de?cors, les costumes, les lumie?res, etc.

3. les silences

Et si on voulait une troisie?me partie ?
La troisie?me partie, peut e?tre :
Un de?passement de la seconde : on va au-dela? du sujet. Exemple :
I. Les paroles constituent un e?le?ment essentiel
II. Mais les personnages peuvent exprimer leurs sentiments par bien d'autres moyens
III. Et surtout, qu'est-ce qu'une mise en sce?ne par rapport au texte ?
Un de?doublement de la seconde : on divise la deuxie?me partie pour examiner deux aspects. Exemple :
I. Les paroles constituent un e?le?ment essentiel II. Mais les personnages peuvent exprimer leurs sentiments par... III.... et surtout, les personnages peuvent exprimer leurs sentiments par....

Cherchons maintenant des exemples, qui illustreront les arguments

? 50 % des exemples seront pris dans le corpus
?    50 % des exemples seront pris dans les connaissances (le cours, les lectures personnelles)

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Un exemple de dissertation rédigée, trouvée ici :

D : exemple de dissertation rédigée - Espace Lettres 3 - Jimdo

exemple dissertation entierement redigee

EXEMPLE DE DISSERTATION REDIGEE (partiellement)

Pensez-vous que la littérature puisse et doive avoir pour mission d’élever sa voix contre les injustices ?

 

en gris : intro et concl générales du devoir.

en rouge : mini-intro/concl de partie = en mini-intro, la thèse, en mini-concl, récapitulation.

en bleu : les arguments et leur développement.

en vert : les exemples, dont vous noterez qu’ils sont développés largement à l’appui de l’idée, et pour bien en manifester l’intérêt et la pertinence.

 

 

[INTRODUCTION]

         La littérature présente le paradoxe inhérent au fait qu’elle soit à la fois art et langage, de s’inscrire dans une dimension universelle mais aussi actuelle. Nombre de polémiques ont eu lieu, sur la fonction qu’elle devait ou non adopter, d’être utile ou d’être seulement expression artistique, sans autre légitimité que d’exister. Théophile Gautier et les tenants de « l’art pour l’art » allaient jusqu’à refuser toute utilité à la littérature, proclamant que « tout ce qui est utile est laid », tandis que dans un cercle bien proche, un Victor Hugo multipliait les œuvres engagées ; Jean-Paul Sartre ira jusqu’à tenir « Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu'ils n'ont pas écrit une ligne pour l'empêcher ». C’est pourquoi il est légitime de se demander si la littérature peut et doit avoir pour mission d’élever sa voix contre les injustices.Nous verrons donc si la littérature engagée est efficace et nécessaire.Dans un premier temps, nous verrons qu’elle dispose de ressources qui lui donnent une efficacité toute particulière, avant d’envisager ce que sont aussi ses limites ; enfin, nous verrons qu’elle peut avoir une manière propre de s’engager dans la condition humaine, avec un message qui, par son universalité, peut trouver place dans toute actualité.

 

[1e PARTIE REDIGEE]

         Il a été souvent jugé nécessaire en littérature d’élever sa voix contre les injustices, et cela de manière efficace.

En effet, la littérature touche un public particulièrement varié, non seulement selon ses goûts, mais à travers les lieux et les époques. Le théâtre, le roman, l’apologue, la poésie sont autant de formes littéraires qui à la fois touchent un public très large et très varié, et permettent d’allier le divertissement ou le plaisir à une réflexion instaurée par l’auteur. Au XVIIe siècle, La Fontaine, sous couvert de fables pour les enfants, critiquait de manière plaisante et piquante la cour ou la société et les comportements humains en général ; le siècle des Lumières a usé encore plus de la diversité des formes littéraires : les contes philosophiques de Voltaire, aussi bien que des pièces comme le Mariage de Figaro de Beaumarchais, que L’Encyclopédie, dénoncèrent des injustices sociales, à chaque fois de manière tout à fait différentes, touchant ainsi des sensibilités différentes. Notons encore que leurs dénonciations de la guerre, du fanatisme, de l’intolérance, trouvent un retentissement puissant encore à notre époque : la littérature porte un message qu’elle peut rendre universel.

De plus, la littérature offre une variété de formes qui, en permettant de manier l’implicite ou l’explicite, multiplie les stratégies argumentatives. Une même idée peut être défendue de différentes manières, soit ostensiblement dans un texte purement argumentatif, comme dans un article de L’Encyclopédie, qui permet au message d’être clair et percutant, soit plus implicitement, ce qui demande au lecteur une participation plus vive pour comprendre le message. Candide de Voltaire aussi bien qu’une pièce comme Tartuffe de Molière, montrent dans leurs structures même qu’un enseignement peut nécessiter un parcours personnel pour que son destinataire trouve enfin à y adhérer. Candide est un personnage naïf prêt à croire le premier enseignement théorique qu’on lui livre, et qui n’apprendra véritablement que de ses expériences ;  de même, le lecteur est invité à recevoir le message de Voltaire non par un développement explicite, mais de manière implicite, en suivant le récit des aventures du personnage. Orgon, obnubilé par Tartuffe, ne comprendra jamais le message explicité de sa famille, et ne découvrira l’hypocrisie de son hôte que lorsque les siens mettront en place un stratagème qui lui dévoilera implicitement les manigances du dévot ; la pièce elle-même, sous couvert de divertissement, fait suivre le même chemin au spectateur, qui par l’implicite, apprend à se méfier des mensonges et des faux semblants. Cette variété de stratégies permet ainsi de toucher le lecteur différemment : ou bien l’auteur peut choisir de convaincre par des arguments qui font appel à la raison, comme dans « Autorité politique » de Dumarsais, ou bien il peut vouloir toucher le lecteur dans sa sensibilité, en utilisant l’ironie ou le rire, qui établissent une complicité entre l’auteur et le lecteur, comme le font Voltaire ou La Fontaine, ou en provoquant sa pitié ou sa colère, comme Victor Hugo quand il nous dépeint la misère de Fantine ou Cosette dans Les Misérables. Ainsi, non seulement la littérature se tourne vers un public varié, mais auprès des mêmes personnes, elle offre une rare diversité de moyens pour les atteindre et les marquer en profondeur.

        Enfin, la littérature se faisant l’écho des préoccupations humaines les plus profondes et les auteurs possédant la capacité de les éclairer et de les communiquer, on peut difficilement accepter qu’ils ne s’impliquent pas dans des causes sociales ou politiques. Victor Hugo, à la fois engagé en littérature et en action, au talent incontesté, condamne l’inaction de l’écrivain dans son poème « Fonction du poète » où l’on trouve les vers suivants :

« Honte au penseur qui se mutile

Et s’en va, chanteur inutile,

Par les portes de la cité »

Pour lui, action et poésie peuvent et doivent aller de pair, le poète a sa place dans la société (« la cité ») et ne doit pas s’enfermer dans une tour d’ivoire. Bien plus, devant certains événements, la littérature peut même être une urgence, ne serait-ce que pour les auteurs eux-mêmes. Suite à la seconde guerre mondiale, beaucoup d’auteurs ont connu la nécessité d’écrire sur l’horreur des camps de concentration, non seulement dans le but de les dénoncer, non seulement par devoir de mémoire et pour éviter que de telles exactions ne se reproduisent, mais encore pour tenter, pour ceux qui l’avaient vécue, d’exorciser un tel enfer. Ainsi, la littérature a-t-elle une valeur salutaire, pour la société et pour l’homme.

         La littérature se révèle donc une tribune opportune et efficace pour dénoncer les injustices et les méfaits de la société.

 

[PARTIE II]

         Cependant, il nous faut aussi constater qu’elle connaît ses limites pour se faire entendre, ce qui a autorisé certains auteurs, non sans droit, de juger qu’à cause de cela, la dénonciation ne serait pas sa principale fonction, ou qu’en tout cas elle n’est pas inhérente à sa nature, comme nous le verrons par la suite.

arguments

exemples

- La littérature n’est pas accessible pour tout le monde, et même en général c’est une minorité qui en est touchée : à certaines époques et certains endroits, tout le monde ne sait pas lire, ou alors, on ne la lit pas parce qu’elle ne plaît pas.

- Littérature des Lumières, ignorée du peuple, destinées aux classes pensantes et dirigeantes.

- La littérature présente un autre obstacle : son langage ne pouvant être simplement communication, il est souvent plus obscur.

- Les Fables de la Fontaine, les poèmes de Hugo…

- La littérature n’est plus de nos jours un moyen de communication des plus privilégiés, et souffre notamment de la concurrence des supports visuels.

- …

 

[PARTIE III]

         Cela peut nous amener à nous demander si elle se doit d’avoir pour fonction la dénonciation, et si elle ne peut pas aussi trouver une autre légitimité.

arguments

exemples

- La littérature plus que jamais semble perdre sa valeur de « communication », elle plus que jamais poétique (le langage pour le langage). Elle peut ainsi rester, plus qu’une évasion, un domaine artistique à part entière.

Gautier, l’art pour l’art : la littérature doit-elle être utile ?

- La littérature, même si elle ne semble pas s’impliquer explicitement dans l’actualité, exprime des choses qui touchent à l’homme et au monde en général, et qui sont fondamentales, immuables.

Rimbaud, qui sans faire de la littérature politique, renvoie l’écho révolté de la jeunesse de son époque (la Commune), et par là même, exprime la révolte de toutes les générations qui lui ont succédé.

- Ainsi, la littérature peut tendre à une vocation plus spirituelle, guidant l’homme de manière universelle, au delà de l’actualité d’une époque.

ex. : actualité de nos jours des préoccupations exprimées dans les textes des Lumières ou autres.

[CONCLUSION]

         C’est ainsi que nous pouvons dire que si la littérature a sa place dans le débat d’idées, et que même nous pouvons avoir des difficultés à imaginer qu’elle ne s’y engage pas du tout, elle peut revendiquer légitimement ne pas en avoir le devoir. En effet, sans aller jusqu’à prôner l’art pour l’art, nous avons vu que la littérature pouvait tenir une réflexion universelle, qui engage tout homme à mieux se connaître et ainsi à mieux se situer dans le monde et dans son rapport aux autres. Depuis deux siècles, des arts anciens comme la littérature ou la peinture se sont vus en quelque sorte relayés par d’autres supports, comme la photographie pour la peinture, ou le cinéma et les médias pour la littérature : l’une comme l’autre ont ainsi perdu peu à peu leur fonction « informative », c’est-à-dire purement figurative pour la peinture, et communicative pour la littérature. Ne peut-on pas dire que loin de les anéantir, ces mutations leur ont permis au contraire de faire un grand bond dans leur évolution, les dégageant, la littérature notamment, de toute contrainte « pratique », l’ancrant finalement plus que jamais dans une dimension universelle, au-delà de l’actualité immédiate ?

Annales

- objet d'étude : théâtre et représentation :

2012 : centres étrangers :

  • Dissertation
    Le personnage en proie à la folie, au désordre intérieur, apparaît fréquemment au théâtre. A votre avis, pourquoi le théâtre affectionne-t-il ce type de personnage ? Vous vous appuierez sur les textes du corpus, les oeuvres étudiées en classe et sur votre culture personnelle.

  • Dissertation
    Selon vous, les moments où l'indécision des personnages domine présentent-ils de l'intérêt dans la représentation théâtrale ? Vous répondrez à cette question en vous fondant sur le corpus, votre culture personnelle et votre expérience de spectateur.

2009 :

  • Dissertation
    Dans quelle mesure le spectateur est-il partie prenante de la représentation théâtrale ?
    Vous répondrez en faisant référence au corpus, aux œuvres étudiées en classe, et à celles que vous avez vues ou lues.

2009 : centres étrangers :

  • Dissertation
    Au théâtre, les personnages ne disposent-ils que des mots pour exprimer leurs sentiments ?
    Vous justifierez votre réponse dans un développement composé en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures personnelles, ainsi que sur les œuvres étudiées en classe.

2008 : centres étrangers :

  • Dissertation
    « Moi, je veux me fâcher et ne veux point entendre », dit Alceste dans Le Misanthrope. L'expression du conflit au théâtre peut-elle se passer de mots ?
    Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur le corpus, sur les œuvres que vous avez lues ou étudiées en classe, ainsi que sur les spectacles que vous avez pu voir.

2006 : centres étrangers :

  • Dissertation
    Selon vous, le succès de la représentation théâtrale est-il dépendant du respect de règles telles que celles qu'énonce Boileau ? Vous appuierez votre réponse sur les textes du corpus, sur d'autres pièces que vous connaissez ou sur des représentations dont vous avez l'expérience.

  • Dissertation
    A quoi tiennent la réussite et la force d'une scène d'affrontement au théâtre ? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les textes proposés, ceux que vous avez étudiés en classe, ainsi que sur vos lectures personnelles. Vous veillerez à envisager le théâtre dans sa double dimension, écriture et mise en scène.

LANGUE : / 4

 ? ? J’ai soigné l’orthographe? Mes phrases sont correctement construites et j'ai utilisé des connecteurs logiques? J’ai évité les répétitions et j'’ai utilisé un vocabulaire riche, varié et précis

ORGANISATION : / 5

 ? J’ai fait des paragraphes et des alinéas? Mon introduction (6-8 lignes) est satisfaisante :

- j’ai amené le sujet, sans donner de détails inutiles

- j’ai présenté la problématique

- j’ai annoncé les trois parties du plan

? Les trois parties (une page, au minimum, pour chacune) du développement sont équilibrées et chaque partie commence par la thèse

? A chaque fois, mon argument est illustré par un ou deux exemples

? Ma conclusion (4-6 lignes) est satisfaisante :

- je reprends le plan

- j’ouvre de façon pertinente

 IDEES : / 5

 -Le sujet a été compris et respecté :??Mon plan est satisfaisant???Les arguments sont convaincants?? Les exemples sont empruntés :

au corpus

aux textes étudiés en cours (lectures analytiques, cursives) et à mes lectures personnelles

Pour aller plus loin et s'entraîner :

LES TYPES DE PLANS

DÉGAGER UNE PROBLÉMATIQUE

ÉTAYER UNE THESE

RÉFUTER UNE THESE

UTILISER UN CORPUS

Le sujet de bac ES 2009 : 2

 

SÉRIE ES /S

 

Objet d'étude : le théâtre, texte et représentation.
Textes :
Texte A : Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour, Acte II, scène 5, 1834.
Texte B : Georges Feydeau, Le Dindon, Acte I, scène 4,1896.
Texte C : Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte V, scène 5, 1897.
Texte D : Jean Giraudoux, Amphitryon 38, Acte I, scène 6, 1929.

Texte A : Alfred de Musset, On ne badine pas avec l'amour, Acte II, scène 5, 1834.

  [Camille est une jeune fille qui sort d'un couvent. Le père de Perdican a décidé de la marier à son fils qui vient d'achever ses études.]

PERDICAN : Tu as dix-huit ans, et tu ne crois pas à l'amour ?
CAMILLE : Y croyez-vous, vous qui parlez ? Vous voilà courbé près de moi avec des genoux qui se sont usés sur les tapis de vos maîtresses, et vous n'en savez plus le nom. Vous avez pleuré des larmes de joie et des larmes de désespoir ; mais vous saviez que l'eau des sources est plus constante que vos larmes, et qu'elle serait toujours là pour laver vos paupières gonflées. Vous faites votre métier de jeune homme, et vous souriez quand on vous parle de femmes désolées ; vous ne croyez pas qu'on puisse mourir d'amour, vous qui vivez et qui avez aimé. Qu'est-ce donc que le monde ? Il me semble que vous devez cordialement mépriser les femmes qui vous prennent tel que vous êtes, et qui chassent leur dernier amant pour vous attirer dans leurs bras avec les baisers d'une autre sur les lèvres. Je vous demandais tout à l'heure si vous aviez aimé ; vous m'avez répondu comme un voyageur à qui l'on demanderait s'il a été en Italie ou en Allemagne, et qui dirait : Oui, j'y ai été ; puis qui penserait à aller en Suisse, ou dans le premier pays venu. Est-ce donc une monnaie que votre amour, pour qu'il puisse passer ainsi de mains en mains jusqu'à la mort ? Non, ce n'est pas même une monnaie ; car la plus mince pièce d'or vaut mieux que vous, et dans quelques mains qu'elle passe elle garde son effigie.
PERDICAN : Que tu es belle, Camille, lorsque tes yeux s'animent !

Texte B : Georges Feydeau, Le Dindon, Acte I, scène 4, 1896.

LE DINDON (Feydeau/Cie du Berger) // spectacle intégral :

Compteur : 00:14:00

 [G. Feydeau s'est rendu célèbre en écrivant des vaudevilles, comédies légères, riches en rebondissements et qui mettent en scène des bourgeois dont les mœurs sont ridiculisées. Dans cet extrait du Dindon, Pontagnac est tombé amoureux d'une inconnue, Lucienne, qu'il suit et chez qui il finit par entrer. Or, elle est l'épouse de l'un de ses amis.]

PONTAGNAC : Tenez, avouez-le franchement, vous en aimez un autre.
LUCIENNE : Oh ! mais, savez-vous bien, monsieur, que vous devenez de la dernière impertinence ! Alors, vous n'admettez pas qu'une femme puisse être une épouse fidèle ! Si elle vous résiste, c'est qu'elle en aime un autre ! Il n'y a pas d'autre mobile ! Mais quelles femmes êtes-vous donc habitué à fréquenter ?
PONTAGNAC : Ecoutez, vous me promettez de ne jamais confier à personne ce que je vais vous dire ?
LUCIENNE : s'asseyant dans le fauteuil. Même pas à mon mari.
PONTAGNAC : s'asseyant sur le pouf. Je n'en demande pas davantage. Eh bien ! j'ai de la peine à croire que vous puissiez l'aimer.
LUCIENNE : En voilà une idée ! Reculez-vous donc.
Pontagnac rapproche encore le pouf.
LUCIENNE : Non, reculez-vous.
PONTAGNAC : reculant le pouf. Oh ! pardon !... Certainement c'est un excellent garçon ! Je l'aime beaucoup.
LUCIENNE : J'ai vu ça tout de suite.
PONTAGNAC : Mais, entre nous, ce n'est pas un homme capable d'inspirer une passion.
LUCIENNE : sévèrement. C'est mon mari !
PONTAGNAC : se levant. Là, vous voyez bien que vous êtes de mon avis.
LUCIENNE : Mais pas du tout !
PONTAGNAC : Mais si ! mais si I Si vous l'aimiez, ce qui s'appelle aimer — je ne parle pas d'affection —, est-ce que vous auriez besoin de motiver votre amour ? La femme qui aime dit : « J'aime parce que j'aime », elle ne dit pas : « J 'aime parce qu'il est mon mari ». L'amour n'est pas une conséquence, c'est un principe ! II n'existe, il ne vaut qu'à l'état d'essence1 ; vous, vous nous le servez à l'état d'extrait2.
LUCIENNE : Vous avez des comparaisons de parfumeur.
PONTAGNAC : Qu'est-ce que ça prouve, le mari ? Tout le monde peut être mari ! Il suffit d'être agréé par la famille... et d'avoir été admis au conseil de révision3 ! On ne demande que des aptitudes comme pour être employé de ministère, chef de contentieux4. (Se rasseyant sur le pouf.) Tandis que pour l'amant, il faut l'au-delà. Il faut la flamme ! C'est l'artiste de l'amour. Le mari n'en est que le rond-de-cuir5.
LUCIENNE : Et alors, c'est sans doute comme artiste de l'amour que vous venez.
PONTAGNAC : Ah ! oui !
LUCIENNE : Eh bien ! non, cher monsieur, non. Je vais peut-être vous paraître bien ridicule, mais j'ai le bonheur d'avoir pour mari un homme qui résume pour moi vos deux définitions : le rond-de-cuir et ce que vous appelez l'artiste de l'amour.
PONTAGNAC : C'est rare !
LUCIENNE : Je ne désire donc rien de plus, et tant qu'il n'ira pas porter ses qualités artistiques à l'extérieur...
PONTAGNAC : Ah ! vraiment, s'il allait porter...
LUCIENNE : se levant. À l'extérieur ! Ah ! ah I ce serait autre chose ! Je suis de l'école de Francillon6 et moi, alors, j'irais jusqu'au bout.
PONTAGNAC : se levant. Ah ! que vous êtes bonne !
LUCIENNE : II n'y a pas de quoi ! Jamais la première, mais la seconde... tout de suite !... comme je le disais dernièrement à...
PONTAGNAC : voyant qu'elle s'arrête. À ?
LUCIENNE : À une de mes cousines qui insistait beaucoup pour savoir si je ne me déciderais pas un jour.
PONTAGNAC : incrédule. À une cousine ?

1. essence : ici partie essentielle, la plus concentrée et la plus pure d'une substance, par opposition à l'extrait.
2. qui n'est qu'un dérivé..
3. conseil de révision : assemblée militaire chargée d'évaluer l'aptitude des jeunes recrues..
4. chef de contentieux : fonctionnaire en charge des affaires qui font l'objet d'un débat ou d'un litige.
5. rond-de-cuir : expression qui désignait les employés de bureau (par référence aux coussins de cuir ronds, appelés ronds-de-cuir, placés autrefois sur la chaise où ils passaient leurs journées de travail).
6. Francillon : héroïne de comédie qui avait promis à son mari de le tromper si jamais celui-ci lui était infidèle.

 

Texte C : Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte V, scène 5, 1897.

Cyrano De Bergerac (1990) Cyrano's Death scene :

Compteur : 04:30

 [En 1655, Roxane vit retirée dans un couvent depuis que Christian, jeune et beau soldat qui venait de l'épouser et qui servait dans la compagnie de son ami Cyrano de Bergerac, est mort à la guerre.
Cyrano, au physique ingrat mais à la plume talentueuse, a toujours aimé secrètement Roxane et c'est lui qui, généreusement, a proposé à Christian de l'aider à conquérir la jeune fille en écrivant lui-même les lettres qu'elle croyait recevoir du jeune homme.
Dans le parc du couvent, lors d'une visite qu'il lui rend chaque semaine depuis quatorze ans, alors qu'il est gravement blessé à la tête, Cyrano n'en dit rien à Roxane et lui demande seulement la permission de lire la dernière lettre que son ami Christian lui a remise avant sa mort et qu'elle garde en permanence sur elle en souvenir de lui.]

CYRANO, lisant.
« Roxane , adieu, je vais mourir !...»

ROXANE , s'arrêtant, étonnée.
Tout haut ?

CYRANO , lisant.
« C'est pour ce soir, je crois, ma bien-aimée !
« J'ai l'âme lourde encor d'amour inexprimée,
« Et je meurs ! jamais plus, jamais mes yeux grisés,
« Mes regards dont c'était...»

ROXANE
Comme vous la lisez,
Sa lettre !

CYRANO, continuant.
«...dont c'était les frémissantes fêtes,
« Ne baiseront au vol les gestes que vous faites ;
« J'en revois un petit qui vous est familier
« Pour toucher votre front, et je voudrais crier...»

ROXANE, troublée.
Comme vous la lisez, - cette lettre !
La nuit vient insensiblement.

CYRANO
« Et je crie
« Adieu !...»

ROXANE
Vous la lisez...

CYRANO
« Ma chère, ma chérie,
« Mon trésor...»

ROXANE, rêveuse.
D'une voix...

CYRANO
« Mon amour !...»

ROXANE
D'une voix...
Elle tressaille.
Mais... que je n'entends pas pour la première fois !
Elle s'approche tout doucement, sans qu'il s'en aperçoive, passe derrière le fauteuil se penche sans bruit, regarde la lettre.
— L'ombre augmente
.

CYRANO
« Mon cœur ne vous quitta jamais une seconde,
« Et je suis et serai jusque dans l'autre monde
« Celui qui vous aima sans mesure, celui...»

ROXANE , lui posant la main sur l'épaule.
Comment pouvez-vous lire à présent ? il fait nuit.
  Il tressaille, se retourne, la voit là tout près, fait un geste d'effroi, baisse la tête. Un long silence.
Puis, dans l'ombre complètement venue, elle dit avec lenteur, joignant les mains :

Et pendant quatorze ans, il a joué ce rôle
D'être le vieil ami qui vient pour être drôle !

CYRANO
Roxane !

ROXANE
C'était vous.

CYRANO
Non, non, Roxane , non !

ROXANE
J'aurais dû deviner quand il disait mon nom !

CYRANO
Non ! ce n'était pas moi !

ROXANE
C'était vous !

CYRANO
Je vous jure...

ROXANE
J'aperçois toute la généreuse imposture :
Les lettres, c'était vous...

CYRANO
Non !

ROXANE
Les mots chers et fous,
C'était vous...

CYRANO
Non !

ROXANE
La voix dans la nuit, c'était vous.

CYRANO
Je vous jure que non !

ROXANE
L'âme, c'était la vôtre !

CYRANO
Je ne vous aimais pas.

ROXANE
Vous m'aimiez !

CYRANO, se débattant.
C'était l'autre !

ROXANE
Vous m'aimiez !

CYRANO, d'une voix qui faiblit.
Non !

ROXANE
Déjà vous le dites plus bas !

CYRANO
Non, non, mon cher amour, je ne vous aimais pas !

ROXANE
Ah ! que de choses qui sont mortes... qui sont nées !
- Pourquoi vous être tu pendant quatorze années,
Puisque sur cette lettre où lui n'était pour rien,
Ces pleurs étaient de vous ?

CYRANO, lui tendant la lettre.
Ce sang était le sien.

ROXANE
Alors pourquoi laisser ce sublime silence
Se briser aujourd'hui ?

CYRANO
Pourquoi ?

 

Texte D : Jean Giraudoux, Amphitryon 38, Acte I, scène 6, 1929.

 [Jupiter qui est amoureux d'Alcmène, reine de Thèbes et épouse fidèle d'Amphitryon, décide de la surprendre sur son balcon à la faveur de la nuit. Il a pris l'apparence d'Amphitryon pour la séduire.]

JUPITER : Pourquoi ne veux-tu pas d'amant ?
ALCMÈNE : Parce que l'amant est toujours plus près de l'amour que de l'aimée. Parce que je ne supporte ma joie que sans limites, mon plaisir que sans réticence, mon abandon que sans bornes. Parce que je ne veux pas d'esclave et que je ne veux pas de maître. Parce qu'il est mal élevé de tromper son mari, fût-ce avec lui-même. Parce que j'aime les fenêtres ouvertes et les draps frais.
JUPITER : Pour une femme, tu sais vraiment les raisons de tes goûts. Je te félicite ! Ouvre-moi !
ALCMÈNE : Si tu n'es pas celui près de qui je m'éveille le matin et que je laisse dormir dix minutes encore, d'un sommeil pris sur la frange de ma journée, et dont mes regards purifient le visage avant le soleil et l'eau pure ; si tu n'es pas celui dont je reconnais à la longueur et au son de ses pas s'il se rase ou s'habille, s'il pense ou s'il a la tête vide, celui avec lequel je déjeune, je dîne et je soupe, celui dont le souffle, quoi que je fasse, précède toujours mon souffle d'un millième de seconde ; si tu n'es pas celui que je laisse chaque soir s'endormir dix minutes avant moi, d'un sommeil volé au plus vif de ma vie, afin qu'au moment même où il pénètre dans les rêves je sente son corps bien chaud et vivant, qui que tu sois, je ne t'ouvrirai point ! Qui es-tu ?
JUPITER : II faut bien me résigner à le dire. Je suis ton époux.
ALCMÈNE : Comment, c'est toi, Amphitryon !

 

I- Après avoir pris connaissance de l'ensemble des textes, vous répondrez d'abord à la question suivante (4 points) :

Ces extraits mettent en scène quatre situations amoureuses qui permettent à différentes conceptions de l'amour de s'opposer.
Exposez brièvement ces quatre situations et les conceptions qu'elles révèlent.

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des sujets suivants (16 points) :

  • Commentaire
    Vous ferez le commentaire de l'extrait du Dindon (texte B).

  • Dissertation
    Au théâtre, les personnages ne disposent-ils que des mots pour exprimer leurs sentiments ?
    Vous justifierez votre réponse dans un développement composé en vous appuyant sur les textes du corpus, sur vos lectures personnelles, ainsi que sur les œuvres étudiées en classe.

  • Invention
    « ROXANE
    Alors pourquoi laisser ce sublime silence
    Se briser aujourd'hui ?
    CYRANO
    Pourquoi ?...»
    Écrivez, en vers ou en prose, la suite de cette scène entre Cyrano et Roxane .

 

Dissertations d'élèves :

  • Maximilien B. :

Dans une pièce de théâtre, les acteurs utilisent les dialogues pour s'exprimer. Dans la pièce d'Alfred de Musset On ne badine pas avec l'amour, les personnages expriment leur sentiments grâce aux mots. On peut donc se demander si les personnages ne disposent-ils que des mots pour exprimer leurs sentiments. Ne peut-on pas dire que les personnages ne disposent que des mots pour exprimer leurs sentiments ? Ne peut-on pas dire que les personnages ne disposent pas que des mots pour exprimer leurs sentiments ?

 

Pour exprimer leurs sentiment, les personnages utilisent principalement les dialogues qui occupe une place plus importante que les didascalies ( ''Elle tressaille – Mais […] que je n'entend pas pour la première fois !'' ). Cela montre que les personnages ont plus l’utilité des mots que des didascalies. Grâce aux monologues, aux apartés, le spectateur connaît les pensées et les sentiments du personnage. Dans Georges Dandin de Molière. Georges utilise des apartés dirigé vers le public pour confier ses sentiments. ( ''A part''). Pour finir les tirades sont nombreuses. Ce sont des moment important et apprécier pour le lecteur/spectateur ( ''Y croyez-vous, vous qui parlez ? […] Vous ne penser pas qu'on puisse mourir d'amour ? […] et dans quelques mains qu'elle passe elle garde son effigie.''). On voit que dans le texte On ne badine pas avec l'amour ; Camille à le sentiment de ne plus croire à l'amour.

 

Cependant, les personnages n'utilise pas que les dialogues pour exprimer leurs sentiments, ils utilisent aussi les gestes et les actions. Dans Les bonnes de Jean Genet, Claire imite sa maîtresse (''Son geste – le bras tendu-''). Sa manière de faire exprime une action ironique envers sa maîtresse. Ensuite les personnages utilisent aussi les décors, les mises en scènes, les lumières et les costumes. Dans la mise en scène de Simon Eine, suivant la tension qui règne sur la scène ; Camille n'avait pas la même tenue. Dans la scène 5 de l'acte II, au fil que la pièce se déroule, la lumière s'assombrit pour modéliser le jour et la nuit. Enfin les acteurs disposent de silences et de tons pour faire ressentir leurs pensées. Lucienne dans Le Dindon de Georges Feydeau, à une didascalie dans son texte (''sévèrement'' – C'est mon mari !''). Le ton lui permet de faire passer aux lecteurs et spectateurs sa colère.

 

Pour conclure, les personnages ont aussi bien besoins des mots et des dialogues que des gestes, des actions, des mises en scène et des silences pour exprimer leurs sentiments.

  • Ophélie L. :

Au théâtre que l'on soit lecteurs où spectateurs tout le monde n'ai pas d'accord sur certains points. En ce que concerne l'amour et plus particulièrement l'expression des sentiments certaines personnages pensent que les personnages disposent que des mots pour exprimer leurs sentiments tandis que d'autre pensent que le contraire.

On peut donc se demander si les personnages de disposent que de leurs mots pour exprimer leurs sentiments.

Certes au théâtre les personnages disposent seulement de leurs mots pour exprimer leurs sentiments : le dialogue occupe une place plus importantes que les didascalies, les tirades sont nombreuses dans une pièce de théâtre : ce sont des passages importants, appréciées et  grâce aux monologues, aux apartés, le lecteur/spectateur connait les pensées des personnages. Mais les personnages ne disposent pas que des mots pour exprimer leurs sentiments. Ils disposent également de leurs gestes, de leurs actions. De la mise en scène avec les décors, les costumes, les lumières, etc. Et de silences et de lettres.

 

Certes les personnages disposent de leurs mots pour exprimer leurs sentiments.

 

Tout d'abord nous pouvons remarquer que le dialogue occupe une plus grande place que les didascalies. Dans Le Dindon de Georges Feydeau dans la scène 4 de l'acte I Pontagnac est tombé amoureux d'une inconnue qui se prénomme Lucienne. Nous apprenons qu'il la suit et un jour il finit par rentrer chez elle. Il veut faire avouer à Lucienne qu'elle aime quelqu'un d'autre que son mari qui est un ami de Pontagnac. Mais celle-ci sait lui résister et lui prouver qu'elle n'a pas besoin d'amant et qu'elle aime son mari mais si tout de fois il irait voir ailleur elle en ferait de même. Même s'il y a des didascalies dans cette scène elles sont très minimes par rapport à la quantité du dialogue, elles nous renseignent sur leurs actions et le ton qu'ils emploient. Ainsi que dans les bonnes de Jean Genet dans lequel on raconte l'histoire de deux servantes qui sont sœur, Claire et Solange où Claire joue le rôle de sa maîtresse et Solange le rôle de Claire. Elles mettent en place une stratégie pour la tuer. Au moment où Solange qui a le rôle de Claire est sur le point d'étrangler Claire qui a le rôle de la maîtresse, le réveil sonne annonçant l'arrivée imminente de Madame. Elles retrouvent alors leurs vrais rôles de '' bonnes '' mais un élément vient d'arranger leur stratégie. L'homme de Madame qui devait être en prison appel pour signaler sa liberté provisoire. Mais Claire prend peur d'être découverte par rapport au fait qu'elle l'ai dénoncer. Elles décidèrent alors de tuer leur maîtresse en mettant du poison dans sa tisane, mais quand la femme arriva elle refusa de le boire et alla directement voir son mari. Les deux jeunes femmes reprirent leur jeu cette fois-ci en allant jusqu'au bout. Leur amour l'une envers l'autre les ont fait céder à la tentation de tuer leur maîtresse pour au final ne pas la tuer mais tuer Claire qui détenait le rôle. Ici aussi il y a très peu de didascalies pour un jeu de rôle. On peut donc conclure que le dialogue permet de connaître réellement les pensées et sentiments des personnages car ce sont eux même qui nous les faisons parvenir. Mais les didascalies permettent d’apporter un complément aux paroles, par exemples elles nous renseignent sur les expressions corporelle comme dans Dom Juan quand Sganarelle est gêné face à son maître. Mais le dialogue peut induire les gens en erreurs car dans Amphitryon Alcmène ne sait pas avec qui elle parle.

Ensuite les tirades sont nombreuses dans l’extrait de la scène 5 de l'acte II de On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset Camille prononce une longue tirade à Perdican. Elle s'adresse à lui avec colère par rapport au faite qu'il méprise les femmes. Camille lui demande si il croit à l'amour car elle sort d'un couvent et lui a eu déjà le temps d'avoir plusieurs maîtresses. Elle lui reproche de répondre comme s'il parler de voyages alors qu’ils parlent d'amour. C’est la scène la plus longue du livre durant laquelle les deux personnages argumentent sur l'engagement amoureux ou religieux et ne cesse de prononcer des tirades. Ainsi que dans le Cid de Corneille de nombreuses tirades sont prononcées entre Rodrigues et Chimène. L'amour entre eux est normalement impossible car Rodrigues à tuer le père de Chimène. Rodrigue vient demander à Chimène de le tuer. Il préfère mourir de son coup d'épée que de subir sa haine à vie. Elle lui montre à quel point elle l'aime malgré l'assassinat de son père et lui demande de partir discrètement. Dans cette scène Rodrigue et nt Chimène prononce tout deux des tirades pour se déclarer leur amour. En conclusion dans les pièces de théâtre que ce soit en spectacle ou dans les livres les tirades permet de diminuer le rythme de la pièce de théâtre. Il est plus facile pour les personnages de déclarer leurs sentiments à l’aide de tirades que de stichomythies car celles-ci ne sont que de courtes répliques et ne permettent pas aux personnages d’exprimer leurs sentiments. C’est pour cela qu’elles sont nombreuses dans les pièces de théâtre et mise en scène d’amour c’est pour cela qu’elles sont nombreuses, importantes et appréciées des lecteurs/spectateurs.

Enfin grâces aux monologues et aux apartés le lecteur/spectateurs connaît les pensées des personnages. Dans On ne badine pas avec l’amour Perdican prononce un monologue. C’est dans la scène 3 de l’acte III dans laquelle il y a Perdican et Rosette. Perdican ne cesse de débiter son monologue qui est destiné à Camille qui est cachée derrière un arbre. Il fait sa déclaration d’amour à Rosette sans tenir compte de ses stichomythies. Il fait tout cela pour rendre Camille jalouse. Ainsi que dans Dom Juan dans la scène 2 de l’acte II où Dom Juan courtise Charlotte qui est une paysanne. Au milieu de la scène Sganarelle le valet de Dom Juan prononce un aparté critiquant le comportement de son maître, ainsi que dans la scène 4 du même acte ou cette fois Dom Juam se retrouve face à Charlotte et Mathurine à qui il avait promis de se marier. A la fin de cette scène Sgnarelle prononce une fois de plus un aparté dénonçant le comportement de son maître aux deux femmes pour leur faire comprendre de ne pas l’écouter. Et une fois que Sgnarelle aperçoit son maître il redit tout le contraire. Nous pouvons déduire quand grâce aux monologues et aux apartés on connaît les pensées des personnages car les personnages sont libres de dire ce qu’ils pensent car ils sont seuls et ils peuvent dire ce qu’ils veulent sans avoir peur d’être entendu quelques fois.

 

Cependant les personnages ne disposent pas seulement de leurs mots pour exprimer leurs sentiments.

 

Premièrement les personnages disposent de leurs gestes et de leurs actions. Dans le Dindon de Georges Feydeau les didascalies ne renseignent sur les gestes et les actions. Nous avons à faire à un jeu envers entre les deux personnages. Quand Pontagnac avance vers Lucienne celle-ci recule car elle ne veut pas de lui en tant qu’amant. Nous avons aussi le ton qu’ils utilisent. Ainsi que dans la mise en scène de On ne badine pas avec l’amour de Simon Eine nous arrivons mieux à voir les actions des personnages et donc leurs expressions du visages etc car des éléments ont étaient ajouter par rapport au livre afin que nous comprenons mieux les sentiments entre Camille et Perdican. Dans Les amoureux de Carlo Goldoni si où Fulgence et Eugénie sont éperdument amoureux l’un de l’autre mais sont très jaloux. Eugénie ne peut supporter la belle-sœur de Fulgence et croit que Fulgence et croit qu’il est attiré par elle. Fulgence lui croit avoir un rival. Si dans la scène 13 de l’acte II nous n’aurions pas de didascalies nous ne comprendrions pas du tout le jeux des actions. Elles sont ici indispensables pour comprendre leurs gestes et actions. En conclusions les gestes et actions de personnages sont très importantes afin que nous comprenions mieux les sentiments des personnages car parfois des passages seraient très confus.

Deuxièmement dans les mises en scène les décors, costumes et lumières sont nécessaires. Dans la mise en scène de Simon Eine les décors sont mis en relations avec le rapport des scènes. L’oratoire qui est un lieux religieux est utilisé comme scène finale par la vraie déclarations d’amour entre Camille et Perdican et la mort de Rosette. Les lumières permettent de mettre en avant ce qui se passe dans la scène. Par exemple il y a un orage quand la situation entre Camille et Perdican devait s’arranger et finalement non. Ainsi que les costumes dans le dernier acte Camille n’est plus habillée en religieuse mais dans une robe qui la met en valeur. C’est dans cette robe qu’elle décide d’avouer son amour. Ces éléments permettent de mettre en avant la situation, et pour que l’on comprenne encore mieux ce qu’il se passe.

Troisièmement, les silences et les lettres permettent aussi d’exprimer leurs sentiments. Dans la mise en scène de Simon Eine les silences de Camille permettent de faire savoir qu’elle a des sentiments envers Perdican. Dans Cyrano de Bergerac de Edmond Rostand. Cyrano sachant faire de très belles lettres en envoyait à Roxane qu’il aime secrètement. Mais celle-ci penser recevoir des lettres de Christian un jeune et beau soldat qu’elle venait d’épouser. Un jour Cyrano lisait un lettre à Roxane. Au fur et à mesure de la lettre Roxane se rendit compte que la lettre venait de Cyrano qui lui traduisait son amour par des lettres. Dans Il ne faut juger de rien d’Alfred de Musset Valentin qui se met le défi de séduire Cécile car son oncle lui dit qu’il le déshéritera s’il ne sa mari pas. Il décide alors de se rendre incognito chez elle, avec l’excuse d’avoir eu un accident. Mais au fur et à mesure Valentin se fait prendre à son propre jeu. Mais comme la mère de Cécile n’est pas d’accord ils s’écrivent pour se dire leur amour et réussir à se retrouver.

 

Au théâtre les personnages peuvent utiliser les mots : les dialogues, les tirades, les monologues et apartés. Mais ils ne sont pas nécessaires. Les gestes et les actions, les décors, les costumes et les lumières peuvent être utilisés dans les mises en scène ainsi que les silences et les lettres sont des éléments tout autant convainquant pour exprimer des sentiments. Mais généralement lors de déclarations d’amour les deux sont combinés. Lors des mises en scène quand il y a un dialogue il y a des gestes…

Mais il n’y a pas que cela pour exprimer des sentiments, les disputes par rapport à de la jalousie expriment de l’amour. L’amour peut aussi amener à trahir car quand un personnage est déçu il va parfois être amené à prendre un amant/une maîtresse. Il y a aussi les larmes qui traduise de l’amour.

  • Océane L. :

Les quatre extraits qui nous sont présentés appartiennent au genre théâtral :-Alfred de Musset, ’On ne badine pas avec l’amour’, scène 5,2 (1834) ;-Georges Feydeau, ‘Le Dindon , scène4,1 (1896 ) ;-Edmond Rostand, ‘Cyrano de Bergerac’ , scène5,5 (1897) ;-Jean Giraudoux, ‘Amphitryon 38’ ,scène6,1 (1929).Cependant ces textes sont liés et ont des similitudes , ce sont des scènes parlant des sentiments d’un personnage. Puis nous avions étudiés la structure de la pièce de ‘on ne badine pas avec’. Nous nous demanderons ; si les personnages ne disposent-ils que des mots pour exprimer leurs sentiments. Dans un premier temps nous verrons qu’au théâtre le dialogue est appréciés pour exprimer les sentiments et enfin nous montrerons que les personnages ne disposent pas que des mots mais également de différents moyens.

Tout d’abord ; le dialogue dans une pièce de théâtre est apprécié pour exprimer les sentiments. Le dialogue occupe une place plus importante que les didascalies. Dans les textes ‘On ne badine pas avec l’amour’ et ‘Amphitryon 38’ il n’y a que les didascalies initiales ; cependant les sentiments sont comprises dans ces textes, que dans les textes ; ‘Le Dindon’ et ‘Cyrano de Bergerac’ ou l’auteur introduit des didascalies très courtes décrivant les réactions des personnages :’reculant, se levant, lisant’. Grâce aux monologues, aux tirades, le lecteur ou spectateur connait les pensées des personnages. Ce sont des développements assez long d’un même thème par le personnage comme dans ‘on ne badine pas avec l’amour’ Camille récite une longue tirade et nous retrouvons le thème de l’amour infidèle :’vos maitresses ; des larmes du désespoir, femme désolées ; mourir d’amour, leur dernier amour’ et puis dans le texte :’Amphitryon 38’ ; tirades d’Alcmène , la première parle d’amour infidèle :’l’amant ; ma joie que sans limites , mon abandon, de tromper son mari’ et la deuxième est une description de son mari. Nous pouvons constater que le personnage nous montre son point de vue dont ces sentiments.

Enfin les personnages ne disposent pas que des mots mais également de différents moyens comme leurs gestes et leurs actions. Dans ‘on ne badine pas avec l’amour’ ; Perdican jette la bague dans l’acte III, scène 3 ; il montre à Camille qu’il met fin à leur relation mais en revanche en la jetant il ne referme pas définitivement la porte à Camille, en sachant que Perdican sait qu’elle a vu cette action. Mais aussi dans cette comédie il y a une scène d’amour :’il l’a prend dans ces bras. Il l’embrasse’. Camille et Perdican s’avouent leur amour. De plus dans ‘Cyrano de Bergerac’ Cyrano est anéanti que Roxane ai découvert que c’était lui qu’il l’aimait et non Christian. Le lecteur est sûre de sa réaction, grâce à la didascalie :’fait un geste d’effroi, baisse la tête’. Puis la mise en scène dans le film ‘on ne badine pas avec l’amour’ ; le metteur en scène introduit plusieurs lieux : fontaine dans un bois, lieu romantique ou se situent les deux rendez-vous de Perdican avec Camille et puis après Rosette. Par ailleurs Perdican et Camille ne sont jamais d’accord donc se parlent aux mauvais endroits et au mauvais moment. Dans une mise en scène la lumière à un rôle important. La nuit est souvent utilisée pour qu’un personnage dévoile ces sentiments à un autre. Le texte ‘Amphitryon 38’ ; Jupiter surprend Thébès dans la nuit pour séduire et prendre l’apparence d’Amphitryon, le mari de Thébès. Enfin Musset se sert d’un dégradé de lumière entre Perdican et Camille, quand Camille dévoile ses sentiments à Perdican pendant que la nuit commence à tomber.

En conclusion, nous avons montré qu’au théâtre le dialogue est apprécié pour exprimer les sentiments, il sert plus pour les spectateurs, même si il y a des moments dans le théâtre qui montre les sentiments des personnages comme les lieux romantiques, publics, naturels. Cependant les didascalies servent plus pour les lecteurs , qui ne voient pas les réactions physiques du personnages , en revanche moins il y a de didascalies et plus c’est facile de mettre en scène la pièce.

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