Traité sur la tolérance (1763) de Voltaire : l’affaire Calas

QUESTIONS DE L’EXAMINATEUR

Qui est Calas ?

Comment le procès s’est-il passé ?

En quoi cette affaire montre-t-elle l’intolérance religieuse ?

Pourquoi Voltaire s’est-il intéressé à cette affaire ?

JEAN CALAS.

Jean Calas appartient à une famille protestante à l’exception de sa servante, catholique, et d’un de ses fils, converti au catholicisme.

À la suite de la mort par suicide supposé de son fils aîné, la famille Calas se retrouve faussement accusée d’homicide volontaire.

LE PROCES.

La famille est mise aux fers et le père, à la demande populaire, et sur ordre de 13 juges, est condamné à mort malgré l'absence de preuves. Le contexte historique est alors encore fortement marqué par les guerres de religions françaises des siècles précédents.

VOLTAIRE.

C'est après en avoir entendu le récit par  Dominique Audibert, un marchand marseillais de passage, que Voltaire est touché par la sincérité avec laquelle Jean Calas semble avoir clamé son innocence. Le philosophe mène depuis plusieurs décennies une lutte impitoyable contre les religions et leur fanatisme. Il voit dans l'affaire Calas une démonstration parfaite de ce fanatisme, les juges toulousains ayant été aveuglés par leur haine des protestants.
Voltaire décide alors dès mars 1762 d'écrire aux diverses personnes influentes qu'il connaît pour en savoir plus sur l'affaire en elle même et les conditions du procès. Il reçoit à Ferney le fils Calas, Pierre, qui fait également le récit de l'histoire. De plus en plus convaincu qu'il y a eu injustice, Voltaire lance une grande campagne de communication pour soulever l'opinion publique. Il n'a aucune preuve et ses connaissances en droit ne sont pas suffisantes pour obtenir une révision du procès. Il constitue donc un comité d'enquête composé d'avocats, de banquiers, de pasteurs protestants et de négociants. Ces derniers accumulent preuves et renseignements pour étayer la défense de Jean Calas et gèrent les dons envoyés depuis tous les pays protestants d'Europe pour soutenir la famille Calas accusée à tort.
Voltaire se sert de sa plume pour attiser le débat, remporter l'adhésion de l'opinion publique et faire ainsi pression sur la justice.
Finalement et après une visite de la veuve Calas à la cour de Louis XV en mars 1763, le procès est rouvert à l'été 1764. Entre temps, Voltaire a publié de nombreux billets, articles, réquisitoires souvent anonymes et dont le plus célèbre Le Traité sur la tolérance bien qu'interdit connaît un succès immense.
Le Parlement de Paris est en charge de la révision du dossier et reprend l'instruction comme si le 1er procès n'avait jamais eu lieu. Tous les témoins sont donc appelés à comparaître, et le verdict tant attendu tombe enfin, Jean Calas est réhabilité par l'ordonnance du 9 mars 1765.