Traité sur la tolérance (1763) de Voltaire : lecture analytique n° 15 : « De la tolérance universelle »

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UNE ANALYSE DU TEXTE PAR VOTRE PROFESSEUR :

LECTURE EXPRESSIVE DU TEXTE :

LE TEXTE :

Chapitre XXII – De la tolérance universelle (extrait)

Il ne faut pas un grand art, une éloquence bien recherchée, pour prouver que des chrétiens doivent se tolérer les uns les autres. Je vais plus loin : je vous dis qu’il faut regarder tous les hommes comme nos frères. Quoi! mon frère le Turc ? mon frère le Chinois ? le Juif ? le Siamois ? Oui, sans doute ; ne sommes-nous pas tous enfants du même père, et créatures du même Dieu ?

Mais ces peuples nous méprisent ; mais ils nous traitent d’idolâtres ! Hé bien! je leur dirai qu’ils ont grand tort. Il me semble que je pourrais étonner au moins l’orgueilleuse opiniâtreté d’un iman ou d’un talapoin, si je leur parlais à peu près ainsi :

« Ce petit globe, qui n’est qu’un point, roule dans l’espace, ainsi que tant d’autres globes; nous sommes perdus dans cette immensité. L’homme, haut d’environ cinq pieds, est assurément peu de chose dans la création. Un de ces êtres imperceptibles dit à quelques-uns de ses voisins, dans l’Arabie ou dans la Cafrerie : « Ecoutez-moi, car le Dieu de tous ces mondes m’a éclairé : il y a neuf cents millions de petites fourmis comme nous sur la terre, mais il n’y a que ma fourmilière qui soit chère à Dieu; toutes les autres lui sont en horreur de toute éternité; elle sera seule heureuse, et toutes les autres seront éternellement infortunées. »
Ils m’arrêteraient alors, et me demanderaient quel est le fou qui a dit cette sottise. Je serais obligé de leur répondre : « C’est vous-mêmes. » Je tâcherais ensuite de les adoucir; mais cela serait bien difficile.
Je parlerais maintenant aux chrétiens, et j’oserais dire, par exemple, à un dominicain inquisiteur pour la foi : « Mon frère, vous savez que chaque province d’Italie a son jargon, et qu’on ne parle point à Venise et à Bergame comme à Florence. L’Académie de la Crusca a fixé la langue; son dictionnaire est une règle dont on ne doit pas s’écarter, et la Grammaire de Buonmattei est un guide infaillible qu’il faut suivre; mais croyez-vous que le consul de l’Académie, et en son absence Buonmattei, auraient pu en conscience faire couper la langue à tous les Vénitiens et à tous les Bergamasques qui auraient persisté dans leur patois ? »

L’inquisiteur me répond : « Il y a bien de la différence; il s’agit ici du salut de votre âme : c’est pour votre bien que le directoire de l’Inquisition ordonne qu’on vous saisisse sur la déposition d’une seule personne, fût-elle infâme et reprise de justice; que vous n’ayez point d’avocat pour vous défendre; que le nom de votre accusateur ne vous soit pas seulement connu; que l’inquisiteur vous promette grâce, et ensuite vous condamne; qu’il vous applique à cinq tortures différentes, et qu’ensuite vous soyez ou fouetté, ou mis aux galères, ou brûlé en cérémonie. Le Père Ivonet, le docteur Cuchalon, Zanchinus, Campegius, Roias, Felynus, Gomarus, Diabarus, Gemelinus, y sont formels et cette pieuse pratique ne peut souffrir de contradiction. »

Je prendrais la liberté de lui répondre : « Mon frère, peut-être avez-vous raison; je suis convaincu du bien que vous voulez me faire; mais ne pourrais-je pas être sauvé sans tout cela ? ».


Voltaire, Traité sur la tolérance (1763), chapitre XXII.

PRÉSENTATION ET SITUATION DU PASSAGE

Dans ce XXIIème chapitre, juste avant la célèbre Prière à Dieu, Voltaire donne une portée universelle « au principe de la tolérance ». Il ne s’agit plus seulement du rapport entre catholiques et protestants ou entre telle religion ou telle autre. C’est sur le principe de fraternité que va s’établir le principe de tolérance.
Voltaire va défendre également l’idée de relativisme comme fondement de la tolérance, opposée au dogmatisme qui est source d’intolérance.

Il imagine un dialogue entre lui et différents interlocuteurs, différentes religions (bouddhisme, chrétienne…). Il met en scène des personnages appartenant à des religions différentes : un imam pour les musulmans et un talapoin (moine bouddhiste de Thaïlande ou de Birmanie). Puis il écrit le discours d’un inquisiteur (en rapport direct avec l’affaire Calas).

Voltaire écrit au conditionnel, ce qui confère au texte une certaine irréalité.

PROBLÉMATIQUES

Comment à travers un dialogue Voltaire construit-il et met-il en scène l’intolérance religieuse ?

Que dénonce Voltaire ici ?

Le choix d’un dialogue vous semble-t-il efficace ici ?

Analysez la stratégie argumentative de Voltaire.

AI-JE BIEN LU ?

1. Qui prononce les phrases suivantes :

a. « Quoi ! mon frère le Turc ? mon frère le Chinois ? le Juif ? le Siamois ? » (ligne 3) ?

b. « Ecoutez-moi, car le Dieu de tous ces mondes m’a éclairé : il y a neuf cents millions de petites fourmis comme nous sur la terre… » (lignes 13-14) ?

c. «  »Mon frère, vous savez que chaque province d’Italie a son jargon, et qu’on ne parle point à Venise et à Bergame comme à Florence. » (lignes 20-21) ?

d. « Il y a bien de la différence ; il s’agit ici du salut de votre âme » (ligne 25) ? 

2 a. Quel exemple Voltaire prend-il, des lignes 20 à 24 ?

b. Quel rapport y a-t-il entre cet exemple et l’intolérance religieuse ?

3. a. Qui est désigné par l’expression suivante : « Un de ces êtres imperceptibles » (lignes 11-12) ?

b. Comment se nomme cette figure de style ?

4. a. D’après vous, qui sont les personnages énumérés par l’inquisiteur, aux lignes 28-30 :  » Le Père Ivonet, le docteur Cuchalon, Zanchinus, Campegius, Roias, Felynus, Gomarus, Diabarus, Gemelinus » ?

b. Sont-ce des personnes connues ?

c. Quel point commun y a-t-il entre six de ces noms ?

DES AXES

I. L’organisation argumentative du texte.

II. Un dialogue entre un tolérant et des intolérants.

III. Un plaidoyer en faveur de la tolérance.

LES NEUF IDÉES ESSENTIELLES

1. Voltaire imagine un dialogue avec plusieurs interlocuteurs : le lecteur, un imam ou un talapoin, puis un inquisiteur.

2. Il insère un apologue : un habitant de l’Arabie ou de la Cafrerie prétend que seule sa région est digne de Dieu.

3. Voltaire rappelle que l’homme ne représente pas grand-chose dans le cosmos.

4. Voltaire démonte les arguments insensés des intolérants.

5. Mais il ne parvient pas à les faire changer d’avis.

6. Voltaire établit un parallèle entre les langues et les religions : on doit respecter les différences religieuses, comme on respecte les différences linguistiques dans un même pays.

7. L’inquisiteur énonce tous les châtiments, mais ne les justifie pas.

8. La thèse de Voltaire est que tous les hommes sont frères puisqu’ils sont tous fils d’un même père.

9. Ce texte montre la forte résistance des intolérants et la difficulté éprouvée par Voltaire à convaincre ses opposants.

LES PROCÉDÉS

Il ne faut pas un grand art, une éloquence bien recherchée, pour prouver que des chrétiens doivent se tolérer les uns les autres. Je vais plus loin : je vous dis qu’il faut regarder tous les hommes comme nos frères. Quoi ! mon frère le Turc ? mon frère le Chinois ? le Juif ? le Siamois ? Oui, sans doute ; ne sommes-nous pas tous enfants du même père, et créatures du même Dieu ?

Mais ces peuples nous méprisent ; mais ils nous traitent d’idolâtres ! Hé bien ! je leur dirai qu’ils ont grand tort.

Dialogue avec le lecteur Voltaire se met lui-même en scène en tant que locuteur ; il est partout et se tourne vers les uns et les autres pour leur donner la parole, comme s’ils étaient réels. En réalité, ces personnages sont créés de toute pièce pour servir sa thèse.

Dans les deux premiers paragraphes, il y a un dialogue fictif où le « je » partisan de la tolérance s’oppose au lecteur à convaincre qui serait donc intolérant (« vous ») . Il n’y a aucune marque typographique de dialogue, seulement des incises, des exclamations et des interrogations : « quoi », « oui sans doute », « mais ».

La forme dialoguée a plusieurs avantages : elle implique le lecteur en lui donnant la parole, elle rend le texte plus vivant en le théâtralisant.

« Ce petit globe, qui n’est qu’un point, roule dans l’espace, ainsi que tant d’autres globes ; nous sommes perdus dans cette immensité. L’homme, haut d’environ cinq pieds, est assurément peu de chose dans la création. Un de ces êtres imperceptibles dit à quelques-uns de ses voisins, dans l’Arabie ou dans la Cafrerie : « Ecoutez-moi, car le Dieu de tous ces mondes m’a éclairé : il y a neuf cents millions de petites fourmis comme nous sur la terre, mais il n’y a que ma fourmilière qui soit chère à Dieu ; toutes les autres lui sont en horreur de toute éternité; elle sera seule heureuse, et toutes les autres seront éternellement infortunées. »

Je serais obligé de leur répondre : « C’est vous-mêmes. »

Dialogue avec un imam ou un talapoin Le deuxième dialogue fictif est un dialogue entre ce même je tolérant (Voltaire) et un imam ou un talapoin (prêtre bouddhiste). Voltaire reprend le même procédé, mais il précise son propos : cette fois, il ne s’agit pas de savoir si nous sommes frères ou si nous sommes méprisés par les autres peuples ; il s’agit cette fois de se moquer des peuples qui se croient au centre de l’univers. L’imam et le talapoin ne se reconnaissent pas dans l’histoire qu’il leur raconte.

« Mon frère, vous savez que chaque province d’Italie a son jargon, et qu’on ne parle point à Venise et à Bergame comme à Florence. L’Académie de la Crusca a fixé la langue ; son dictionnaire est une règle dont on ne doit pas s’écarter, et la Grammaire de Buonmattei est un guide infaillible qu’il faut suivre ; mais croyez-vous que le consul de l’Académie, et en son absence Buonmattei, auraient pu en conscience faire couper la langue à tous les Vénitiens et à tous les Bergamasques qui auraient persisté dans leur patois ? »

L’inquisiteur me répond : « Il y a bien de la différence ; il s’agit ici du salut de votre âme : c’est pour votre bien que le directoire de l’Inquisition ordonne qu’on vous saisisse sur la déposition d’une seule personne, fût-elle infâme et reprise de justice ; que vous n’ayez point d’avocat pour vous défendre ; que le nom de votre accusateur ne vous soit pas seulement connu ; que l’inquisiteur vous promette grâce, et ensuite vous condamne ; qu’il vous applique à cinq tortures différentes, et qu’ensuite vous soyez ou fouetté, ou mis aux galères, ou brûlé en cérémonie. Le Père Ivonet, le docteur Cuchalon, Zanchinus, Campegius, Roias, Felynus, Gomarus, Diabarus, Gemelinus, y sont formels et cette pieuse pratique ne peut souffrir de contradiction. »

Je prendrais la liberté de lui répondre : « Mon frère, peut-être avez-vous raison ; je suis convaincu du bien que vous voulez me faire ; mais ne pourrais-je pas être sauvé sans tout cela ? ».

Dialogue avec un inquisiteur chrétien Le troisième dialogue fictif concerne Voltaire et un inquisiteur chrétien. Il y a donc bien une progression entre le premier dialogue et ce dernier : il vise maintenant les responsables de l’intolérance religieuse en France, notamment lors de l’affaire Calas.

Voltaire laisse parler son adversaire longuement, afin de mieux le discréditer.

Pourtant, la suite montre que cette évidence ne s’impose pas aux interlocuteurs puisqu’il ne parvient pas à « adoucir » l’imam et le Talapoin bien qu’ils aient reconnu que l’intolérance était une sotise.
Il leur a raconté l’apologue de la fourmilière mais ils ne se sont pas reconnus dans cette histoire.
De même, le dialogue se heurte à une impasse dans le cas de l’inquisiteur qui reste persuadé qu’il pratique toutes ces atteintes aux droits de l’Homme pour le bien de l’âme.
L’auteur n’aura réussi à piéger ses interlocuteurs qu’un bref moment, quand ils admettent que l’intolérance des autres est une sotise, mais pas la leur (bien évidemment).

Un de ces êtres imperceptibles dit à quelques-uns de ses voisins, dans l’Arabie ou dans la Cafrerie : « Ecoutez-moi, car le Dieu de tous ces mondes m’a éclairé : il y a neuf cents millions de petites fourmis comme nous sur la terre, mais il n’y a que ma fourmilière qui soit chère à Dieu ; toutes les autres lui sont en horreur de toute éternité ; elle sera seule heureuse, et toutes les autres seront éternellement infortunées. »

Apologue Voltaire rapporte les propos d’un habitants d’Arabie de Cafrerie (Afrique du sud). Les guillemets introduisent un discours imaginaire d’un des voisins d’Arabie ou de la Cafrerie à l’intérieur du premier discours.

Cet apologue est destiné à dénoncer l’attitude de certains religieux, qui pensent que leur peuple est l’élu de Dieu. L’apologue leur montre que tous les peuples sont dans la même erreur : chacun pense être le seul à mériter l’estime de Dieu.

Ce petit globe, qui n’est qu’un point, roule dans l’espace, ainsi que tant d’autres globes

il y a neuf cents millions de petites fourmis comme nous sur la terre, mais il n’y a que ma fourmilière qui soit chère à Dieu ; toutes les autres lui sont en horreur de toute éternité ; elle sera seule heureuse, et toutes les autres seront éternellement infortunées.

Métaphores Ces deux images illustrent la conception qu’a Voltaire de la place de l’homme dans l’univers. Chaque homme est une fourmi, les peuples sont comme des fourmilières sur la surface du globe, ce dernier étant un point.
Le rôle de ces images est de montrer que le dogmatisme et l’intolérance traduisent une illusion d’optique : la méconnaissance de la place réelle de l’homme dans l’univers.
Ils confondent leur point de vue nécessairement limité et relatif avec le point de vue omniscient et absolu de Dieu.
L’image de la fourmi est également justifiée ; c’est un animal vivant dans une collectivité organisée, de même l’homme est fait pour vivre en société.
Voltaire utilise des métaphores pour confronter deux grandes religions monothéistes qui font du prosélytisme (propagande religieuse). Ainsi, le globe est apparenté à un point, les civilisations à des fourmilières et l’homme à un être imperceptible ; il donne même un nombre hyperbolique d’êtres humains (900 millions). Grâce à ces métaphores, Voltaire construit un apologue.
Les « petites fourmis comme nous » sont en nombre considérable mais elles ne sont égales qu’à un point. Puisque l’homme vit en société (fourmilière), il devrait donc entre tolérant.
Pourtant, l’homme est intolérant et considère que le bonheur et la révélation religieuse sont exclusivement réservés à sa société. L’adverbe « éternellement » souligne le caractère irrévocable de l’intolérance.

Un de ces êtres imperceptibles

Périphrase Voltaire utilise cette périphrase, qui désigne l’homme, afin de montrer que celui-ci représente finalement peu par rapport à l’univers. Il le ramène à sa vraie dimension et l’oblige à une certaine humilité.

Il me semble que je pourrais étonner au moins l’orgueilleuse opiniâtreté d’un iman ou d’un talapoin

Ils m’arrêteraient alors, et me demanderaient quel est le fou qui a dit cette sottise. Je serais obligé de leur répondre : « C’est vous-mêmes. » Je tâcherais ensuite de les adoucir ; mais cela serait bien difficile.

Je parlerais maintenant aux chrétiens, et j’oserais dire, par exemple, à un dominicain inquisiteur pour la foi :

Je prendrais la liberté de lui répondre :

Conditionnel présent Le dialogue de Voltaire est hypothétique : « si je leur parlais à peu près ainsi », il emploie le conditionnel.

« Mon frère, vous savez que chaque province d’Italie a son jargon, et qu’on ne parle point à Venise et à Bergame comme à Florence. L’Académie de la Crusca a fixé la langue ; son dictionnaire est une règle dont on ne doit pas s’écarter, et la Grammaire de Buonmattei est un guide infaillible qu’il faut suivre ; mais croyez-vous que le consul de l’Académie, et en son absence Buonmattei, auraient pu en conscience faire couper la langue à tous les Vénitiens et à tous les Bergamasques qui auraient persisté dans leur patois ? »

Exemple

Question oratoire

Voltaire compare la religion aux différents dialectes italiens : il serait absurde de punir par des mutilations ceux qui continueraient à parler ces langues régionales, sous prétexte qu’il existe une langue commune à tous les Italiens. L’avantage d’une langue permettant à tous les Italiens de communiquer ne justifie pas pour autant la destruction de ce qui fait leur différence.

S’agissant de la religion, cela reviendrait à dire que différentes religions peuvent co-exister dans le monde.

Voltaire s’en prend aux chrétiens intolérants. Il construit une analogie entre les langues et les religions, entre les dictionnaires de grammaire et les dogmes et entre le patois et l’hérésie.
Il en conclut que l’intolérance est absurde puisque l’on utilise la force pour empêcher les hérésies. La tolérance naturelle serait d’accepter les différents dogmes comme différents patois.

L’inquisiteur me répond : « Il y a bien de la différence ; il s’agit ici du salut de votre âme : c’est pour votre bien que le directoire de l’Inquisition ordonne qu’on vous saisisse sur la déposition d’une seule personne, fût-elle infâme et reprise de justice ; que vous n’ayez point d’avocat pour vous défendre ; que le nom de votre accusateur ne vous soit pas seulement connu ; que l’inquisiteur vous promette grâce, et ensuite vous condamne ; qu’il vous applique à cinq tortures différentes, et qu’ensuite vous soyez ou fouetté, ou mis aux galères, ou brûlé en cérémonie. Le Père Ivonet, le docteur Cuchalon, Zanchinus, Campegius, Roias, Felynus, Gomarus, Diabarus, Gemelinus, y sont formels et cette pieuse pratique ne peut souffrir de contradiction. »

Enumération L’ironie intervient dans le discours de l’Inquisiteur lorsqu’il dit « Il y a bien de la différence ; il s’agit du salut de votre âme » ; ensuite il énumère des choses injustes et inacceptables comme la délation, l’impossibilité de se défendre, l’anonymat de l’accusateur, le manquement à la parole donnée, le droit de donner la mort, de torturer et de mettre les condamnés au bûcher et qu’il présente comme chose normale.

Il prétend que tout cela est fait « pour votre bien ».

Le Père Ivonet, le docteur Cuchalon, Zanchinus, Campegius, Roias, Felynus, Gomarus, Diabarus, Gemelinus

Enumération

Noms propres

L’inquisiteur énumère les noms d’autorités ecclésiastiques à la fin de sa réponse. Ce sont des noms inconnus d’absurdes théologiens qui contrastent avec l’énorme pouvoir qu’on leur accorde.
Les noms à consonance latine rappellent ceux des médecins dans les comédies de Molière. Voltaire ridiculise les prétentions des hommes.