Un Roi sans divertissement (1947) de Jean Giono : Jean Giono, un écrivain qui dépeint la condition de l’homme dans le monde

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QUESTIONS DE L’EXAMINATEUR

Qui est Jean Giono ?

Comment lui est venue l’idée de Un Roi sans divertissement ?

En quoi le roman Un Roi sans divertissement délivre-t-il un message ?

ENREGISTREMENT DU PROFESSEUR

ENREGISTREMENT D’ELEVES

Gaëtan :

Clémence :

LA PROVENCE

Jean Giono est né à Manosque le 30 mars, au cœur de cette Provence, dans laquelle s’ancrera son œuvre. Il est d’origine italienne par son père et d’origine provençale par sa mère. Sa famille est modeste. Son père est un cordonnier à la fois humain et idéaliste. Sa mère est repasseuse.

1911 : Jean Giono doit quitter le lycée, en seconde, pour travailler et ainsi aider financièrement ses parents. Il devient employé de banque à Manosque. Il y restera, hormis la période de la première guerre mondiale, jusqu’en 1929.

LE TRAUMATISME DE 14 ET LA CELEBRATION DE LA NATURE

Mobilisé pendant plus de quatre ans, dont plus de deux au front dans l’infanterie – Verdun, le Chemin des Dames, le Kemmel, il en sort indemne mais viscéralement pacifiste.

Durant les années vingt, Giono écrit beaucoup.

1929 : publication en mars de Colline chez Grasset. Ce livre connaît un grand succès tant chez le public que chez les critiques. Giono peut quitter la banque et vivre de sa plume : Grasset et Gallimard se le disputent.

Giono va composer deux autres romans ( Un de Baumugnes et Regain) qui formeront avec Colline la Trilogie de Pan. Jusqu’au Chant du monde de 1934, premier de ses livres alpestres, tous ses romans, heureux et graves, finissent bien.

1930 : publication de Regain , un roman dont l’histoire se déroule à Aubignane, un village des Basses-Alpes abandonné par ses habitants et qui va revivre grâce à Panturle, un colosse sauvage et à la vieille Mamèche , une veuve qui a perdu son fils. Grâce à cette vieille dame, Panturle rencontrera Arsule, une femme maltraitée par son compagnon, le rémouleur Gédémus. A la fin du roman, Arsule attend un enfant de Panturle; naissance qui annonce la renaissance du village abandonné.
Regain sera adapté au cinéma par Marcel Pagnol en 1937.

1932 : la Société des Films Marcel Pagnol acquiert les droits exclusifs sur l’adaptation cinématographique de Colline, Regain, Un de Baumugnes, Le Serpent d’étoiles et Jean le Bleu.
Dans ces ouvrages, Marcel Pagnol retrouve des thèmes communs aux deux hommes : la nature, le combat entre l’homme et la nature, la tragédie humaine..

– Jofroi (1933)
Film réalisé d’après Jofroi de la Maussan, une nouvelle du recueil Solitude de la Pitié.

Angèle (1934)
Film réalisé d’après Un de Baumugnes de Jean Giono.

Regain (1937)
Film réalisé d’après Regain de Jean Giono.


- La Femme du Boulanger (1938)
Film réalisé d'après un court passage de Jean le Bleu (roman autobiographique) de Jean Giono.

GIONO LE PACIFISTE

De 1935 à 1939, l’éclairage change : le nazisme s’élève, la guerre menace. Pour la seule fois de sa vie, l’anarchiste Giono s’engage. D’abord pour la paix : il milite comme pacifiste intégral, et proclame que si un conflit éclate, il n’obéira pas. Proche des communistes pendant quelques mois, il s’en sépare bientôt : ils ne lui pardonneront pas.

Autour de Giono, à partir de septembre 1935, puis deux fois par an jusqu’en 1939, se tiennent au Contadour, sur les plateaux de Haute-Provence, des réunions d’esprits libres. Cela lui vaut une réputation de gourou injustifiée, car il ne prêche pas et garde sa simplicité et sa gaîté.

Mais la guerre éclate. C’est l’échec des efforts de Giono, l’effondrement de ses illusions. Désespéré de devoir être infidèle à son engagement, il se laisse mobiliser pour ne pas laisser sa famille sans ressources. Il est aussitôt arrêté et emprisonné pendant deux mois à Marseille pour pacifisme. Libéré, il abandonnera toute action et toute prédication, et prendra ses distances avec le Contadour.

La période de la guerre est difficile. Giono ne parvient à finir aucun des romans qu’il commence. Il est à court d’argent. Il aide et recueille des juifs, des communistes, des résistants pourchassés.

L'APRES-GUERRE, LA « SECONDE MANIERE »

Peu après la Libération, en septembre 1944, il est à nouveau arrêté : un hebdomadaire pro-allemand a publié un roman de lui, commencé avant-guerre et sans aucune implication politique.

Il passe cette fois cinq mois en détention, à Saint-Vincent-les Forts. Le Comité national des écrivains, dirigé par l’extrême-gauche, lui interdit toute publication : aucun livre de lui en 1944, 1945, 1946. Encore de 1947 à 1950, il est pratiquement mis en quarantaine. Il est classé, à tort, parmi les « collaborateurs », lui dont on ne peut citer un seul mot pour le nazisme ou pour Vichy. Il dédaigne de répondre aux accusations. Sa seule défense sera d’écrire pour remonter la pente.

Pendant sept ans, délaissant essais et théâtre, il suit sa voie primordiale, le roman, en se renouvelant, en se refusant à « faire du Giono », en se centrant non sur la nature, mais sur les hommes, surtout sur les caractères d’exception :

  • la nature change : nous ne sommes plus en Provence, mais dans le Dauphiné, le Briançonnais, où les hivers sont rudes, les villages fermés sur eux-mêmes

  • il adopte une autre écriture : le récit n'est plus linéaire, mais devant un assemblage de témoignages

  • les textes sont plus noirs, plus pessimistes

  • les aventures des Chroniques relèvent du style oral : le narrateur parle et fait parler ses personnages

  • le récit est elliptique et lacunaire : tout n'est pas dit, le narrateur ne sait pas tout.

Simultanément, il donne deux directions à son œuvre :

  • C’est d’abord le cycle dit « du hussard », où un jeune aristocrate traversera la Provence en proie à une monstrueuse épidémie de choléra, avant d’aller se battre pour la liberté dans l’Italie de 1848. Suite de romans d’aventure sur fond d’horreur, de désagrégation sociale et d’égoïsme :

    • Mort d'un personnage, 1949

    • Le Hussard sur le toit, 1951

  • Le Bonheur fou, 1957

  • Angélo, 1958

  • C’est en second lieu l’ensemble des Chroniques romanesques, certaines situées au XIXe siècle comme le cycle du hussard (Giono s’écarte alors de son temps), d’autres de nos jours. Une série de livres dont chacun a son mode de narration propre, où tragique et comique se côtoient (Giono avait songé à les regrouper sous le titre d’ « Opéras bouffes ») mais où domine la noirceur, notamment dans Un roi sans divertissement (1947) et Les Âmes fortes (1950) : le mépris et la haine, autrefois inconnus de Giono, font désormais partie de son univers. Noé (1948), où, à Manosque et à Marseille, l’écrivain rêve de ses personnages passés ou possibles, occupe une place à part dans cette série et annonce le nouveau roman. Ces Chroniques complexes, parfois déroutantes, sont souvent aujourd’hui tenues pour ses chefs-d’œuvre.

APRES 1951

A compter de 1951, Giono a repris la place qui lui est due. Le Hussard sur le toit est salué comme un grand roman.

Il est élu à l’Académie Goncourt en 1954.

Il se permet désormais de voyager – Ecosse, Espagne, surtout Italie – et de faire des séjours à Majorque.

Il s’oriente vers le cinéma, écrivant des scénarios, des dialogues, faisant même de la mise en scène.

Mai 1961 : il préside le jury du Festival de Cannes.

1963 : François Leterrier réalise Un Roi sans divertissement, à partir d'un scénario écrit par Jean Giono lui-même.

UNE FASCINATION POUR LE CRIME.

1946 : Jean Giono se passionne pour les faits et gestes du docteur Petiot.

Le docteur Petiot est un médecin français qui, lors de la Seconde Guerre mondiale, fut accusé de meurtres, après la découverte à son domicile parisien des restes de vingt-sept personnes.

1954 : il assiste aux audiences, à Digne, du procès Dominici. Il publiera, en 1955, les Notes sur l'affaire Dominici.

L’affaire Dominici est une affaire criminelle survenue en France. Dans la nuit du 4 au 5 août 1952, trois Anglais sont assassinés près de leur voiture à proximité de La Grand'Terre, la ferme de la famille Dominici, sur la commune de Lurs dans les Basses-Alpes (actuelles Alpes-de-Haute-Provence). Le patriarche Gaston Dominici a été accusé du triple meurtre et condamné à mort sans que sa culpabilité ait jamais été clairement établie.

J'AI RETENU

1. Jean Giono est un auteur provençal.

2. Il a été employé de banque à Manosque jusqu'en 1929.

3. Mobilisé pendant la première guerre mondiale, il en sort pacifiste.

4. Pendant l'entre-deux-guerres, ses romans ont beaucoup de succès ; certains d'entre eux sont adaptés au cinéma par Marcel Pagnol.

5. De 1935 à 1939, il s’engage pour la paix ; quand la guerre éclate, il est aussitôt arrêté et emprisonné pendant deux mois à Marseille pour pacifisme.

6. A la Libération, il passe cinq mois en détention ; le Comité national des écrivains lui interdit toute publication.

7. Il écrit alors des œuvres d'une « seconde manière » : la nature change ; il adopte une autre écriture ; les textes sont plus noirs, plus pessimistes.

8. Simultanément, il donne deux directions à son œuvre : le cycle dit « du hussard »et les Chroniques romanesques.

9. A compter de 1951, Giono a repris la place qui lui est due.

10. Il est élu à l’Académie Goncourt en 1954.

11. En 1963, François Leterrier réalise Un Roi sans divertissement, à partir d'un scénario écrit par Jean Giono lui-même.

12. Jean Giono se passionne pour l'affaire Petiot et assiste aux audiences, à Digne, du procès Dominici.