Histoire/Educ. civique

Œuvre étudiée avec les 3B, 3C, 3D

Euge?ne DELACROIX, La Liberte? guidant le peuple, 1830Eugène DELACROIX, La Liberté guidant le peuple, 1830

Identification de l’œuvre :

La Liberté guidant le peuple est un tableau (260 X 325) peint par Eugène Delacroix en 1830.
Il met en scène une allégorie de la liberté représentée sur une barricade parisienne lors de la Révolution de 1830.
Il est conservé au musée du Louvre de LENS.

Delacroix est le chef de file du romantisme dans la peinture française. Témoin de la Révolution de 1830, il adhère aux idées libérales. Il réalise son tableau après avoir écrit à son frère « si je n’ai pas vaincu pour la patrie, au moins peindrai-je pour elle ».

Contexte :

Les ordonnances prises par le roi Charles X le 26 juillet 1830 réduisent la représentation politique du peuple (elles renforcent le caractère censitaire du vote) et suppriment la liberté de la presse.
Ces mesures entraînent une révolution qui débute quand la police royale détruit les presses du journal « Le Temps ».
Après trois journées de combats (« les Trois Glorieuses » des 27,28 et 29 juillet 1830), durant lesquelles Paris se couvre de barricades, Charles X doit abdiquer.

Description :

Delacroix choisit de traiter le thème de la barricade.
La violence des combats est soulignée par la foule en armes (sabres, pistolet, fusils), les cadavres au premier plan et la fumée de l’arrière-plan.
Les vêtements montrent que l’on trouve parmi les émeutiers des bourgeois (redingote et chapeau haut de forme), des ouvriers ou artisans (chemise et casquette), des étudiants (on reconnaît le bicorne d’un polytechnicien) et même un enfant du peuple (qui inspirera à Victor Hugo le personnage de Gavroche, dans les Misérables, en 1862).
L’allégorie est une femme au profil grec (front et arête du nez rectilignes) et à la poitrine dénudée (comme dans les statues antiques) : on ne peut se tromper, ce n’est pas une émeutière anonyme (elle ne serait pas ainsi dévêtue), c’est la liberté. Elle est d’ailleurs parée de symboles issus de la Révolution de 1789 : le bonnet phrygien et le drapeau tricolore. On retrouve le bleu, le blanc et le rouge déclinés à plusieurs endroits du tableau.
La scène centrale s’inscrit dans un triangle dont la base correspond aux corps du premier plan et le sommet au poing de la liberté brandissant le drapeau. L’allégorie et le jeune garçon sont mis en valeur par le fond clair (la fumée).
Le jeu des couleurs et l’attitude des personnages suggèrent le mouvement et donnent ainsi sa force au tableau.

Intérêts historique et artistique :

Le peintre veut montrer l’union des diverses catégories sociales composant le peuple lors de ces journées révolutionnaires de 1830.
Le Romantisme se caractérise par la dominance de la sensibilité et de l’émotion. Les artistes peignent en affirmant leurs idées et en laissant apparaître sentiments personnels. Les lignes du dessin, les courbes et contre-courbes, soulignent le mouvement. Les couleurs traduisent la passion des sentiments et des idées.
Ici, Delacroix met en mouvement les personnages de la barricade ainsi que l’allégorie. Il souligne leur héroïsme au service d’une révolution dont il partage les objectifs.

Mise en perspective :

UntitledAprès les attentats de janviers 2015, où la liberté de la presse a été mise en cause, non plus par le pouvoir d’Etat mais par l’extrémisme religieux, le dessinateur Plantu, dans un dessin publié par l’hebdomadaire l’Express du 9 janvier s’est inspiré du tableau de Delacroix. Ici la liberté et les autres personnages ne brandissent pas des armes mais des crayons symbolisant la création artistique des dessinateurs gisant sur le sol au premier plan, victimes de la folie meurtrière des fanatiques.

Œuvre étudiée avec les 3A

Sans titre-1

Sans titre-2

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