Bilan de la guerre

6 09 2010

Pour commencer ce chapitre, le film « Allemagne Année Zero »

http://www.dailymotion.com/video/x33y1h

Ce ciné club le présente assez bien, resitue le film dans la trilogie et analyse les grandes lignes en citant le réalisateur, Rosselini.

J’ai donné mon analyse :

– Rosselini montre un monde matériellement détruit (les ruines de Berlin, le marteau cassé) mais qui se reconstruit (le tramway circule, les jeunes gens sont joliment vêtus).


– L’errance du jeune Edmund dans Berlin évoque un monde qui a perdu ses repères, suite au choc psychologique de la défaite pour les uns, de la découverte des camps pour les autres. Un des passages montre un homme qui joue de l’orgue dans une église détruite, laissant à penser que la religion n’est pas moins touchée par le désarroi.

– le frère, qui n’apparaît pas dans l’extrait mais qui se cache dans l’appartement tout le reste du film par crainte d’être arrêté comme ancien nazi, soulève le problème de la place des nazis, des collaborateurs bref, de ceux qui ont choisi le mauvais camp dans cette société qui se reconstruit.

– Le suicide d’Edmund est le signe (paradoxal) que tout n’est pas perdu : ce jeune garçon, poussé par son éducation nazie à éliminer son père à la fois pour le soulager de ses souffrances (comme il le réclame de temps à autre dans le film) mais aussi pour soulager la société et sa famille d’un poids mort, Edmund parricide a quand même conscience qu’il a fait quelque chose de mal. La morale existe encore dans ce monde détruit (enfin, il faut dire que le suicide n’est pas la seule solution à ce dilemne moral, mais que c’est celle qu’a choisie le réalisateur pour frapper les esprits).

Pour lire une analyse plus poussée de l’autre thème du film, cette envie de mourir filmée par Rossellini, voir la fiche du CNDP

Voici une autre analyse, plus pessimiste peut-être, qui suggère que Rossellini laisse à entendre que le nazisme n’est pas mort.