L’airpocalypse à Pékin

27 01 2013

« L’airpocalypse. » C’est ainsi que les Pékinois ont surnommé la situation dans la capitale chinoise, touchée par une pollution de l’air sans précédent. Lundi 19 janvier, la municipalité a lancé de nouvelles mesures pour lutter contre cette contamination, sujet de débats et de mécontement grandissants depuis plusieurs mois en Chine.

Ces règles systématisent des mesures déjà prises au coup par coup auparavant – fermeture d’usines, réduction des émissions de charbon, interdiction de certaines catégories de véhicules. Dans le détail, 180 000 véhicules anciens seront retirés de la circulation cette année et la croissance « excessive » des ventes de voitures neuves sera contrôlée – 6 millions de véhicules en 2015, contre 5,2 millions aujourd’hui. La circulation automobile pourra également se voir interdite en cas de pic de pollution.

Une nouvelle norme d’émissions, nommée Pékin 5, à l’image de la norme Euro 5 en Europe, sera adoptée le 1er février. Les conducteurs devront débourser des amendes de 3 000 yuans (360 euros) si leur véhicule dépasse les nouvelles limites d’émissions.

Les vendeurs de rue seront en outre passibles d’une amende de 5 000 yuans (600 euros) s’ils cuisent de la nourriture à l’aide de barbecues sur le bord de la route les jours de smog, détaille China Daily. Les usines se verront par ailleurs fermées lors des situations de pollution exceptionnelles.

La qualité de l’air à Pékin fait depuis quelque temps l’objet d’une attention particulière des autorités car elle focalise le mécontentement populaire sur les inégalités. Même les  médias d’Etat, d’accoutumée peu enclins à critiquer l’action du gouvernement, ne cachent pas leur scepticisme face à l’action du gouvernement. Le gouvernement chinois fait en outre face à une vive résistance des tentaculaires  sociétés d’Etat et les intérêts locaux dans sa tentative de lutter contre la pollution de l’air. Conséquence de décennies de croissance effrénée, les profonds problèmes environnementaux de la Chine, depuis les préoccupations sur la qualité de l’air à la raréfaction de l’eau en passant par la  consommation croissante de combustibles fossiles, sont aujourd’hui en effet considérés comme un obstacle potentiel à un fort développement économique du pays.

Diminuer les émissions sur le long terme impliquera de coûteuses mises à niveau des installations industrielles et des raffineries de pétrole, des investissements auxquels résistent les entreprises étatiques, incapables de répercuter les coûts sur les consommateurs, ainsi que les gouvernements locaux, qui dépendent de la production industrielle pour leur trésorerie.

D’après Le Monde.