Une autre façon d’aborder la question des révoltes paysannes dans la France de l’époque moderne

19 02 2013

Ce livre a pour cadre les Landes et traite des révoltes populaires qui ont secoué la France au XVIIe siècle. Jean Harambat  a choisi ce lieu car c’est celui où il habite et que son personnage était moins connu que Mandrin. Il s’agit donc d’un épisode assez méconnu.

Son personnage est un ancien gentilhomme entouré d’une trentaine d’insoumis. La communauté rurale soutient la révolte. Il avait très peu de sources, il s’est donc rendu aux archives, a lu les historiens et a développé une correspondance avec Yves Marie Bercé qui a relu le scénario. Il souhaitait aussi réaliser une sorte de western crépusculaire. Il a choisi aussi de ne pas être trop didactique et par exemple renoncé à expliquer des réalités comme la gabelle. Il y avait aussi un défi majeur à relever à savoir représenter visuellement le XVII e siècle. Parmi les œuvres utilisées également par Jean Harambat, il faut signaler les gravures de Jacques Callot. Il a essayé la couleur mais finalement non.

 

Un des angles de l’ouvrage, c’est de choisir  trois femmes et donc trois positions sociales et finalement trois regards sur la même histoire. Ce procédé narratif se révèle très efficace. Il souligne aussi la dimension de Cyrano post moderne car le héros est un ancien soldat qui rentre au pays au moment des soulèvements. Il revient de la guerre et se méfie donc de la violence. Le cadre chronologique est un entre deux guerres avec l’imposition de la gabelle ou la montée en puissance du pouvoir royal contre les privilèges aristocratiques. La France de Louis XIV est plus qu’un arrière-plan.

Le personnage choisi par Jean Harambat est un meneur classique car c’est un vétéran, un petit noble ou hobereau qui a une expérience du combat. Ce n’est pourtant pas le seul profil existant car il y eut également des prêtres, des artisans pour mener la contestation. La bande dessinée permet aussi de se rendre compte du rythme des saisons. On voit les travaux des champs et la condition paysanne. Cela permet aussi à Jean Harambat de donner la notion du temps qui passe car il a renoncé à ce que l’on appelle les récitatifs. Plusieurs vignettes permettent de voir la faux, la faucille, la charrue à versoir. On rencontre le personnage du colporteur qui est un vecteur de communication capital. Cela permet là aussi d’éviter les récitatifs. Des vignettes abordent la question de la justice qui est exemplaire et régulatrice. On voit un cérémonial public et théâtralisé des corps punis. A l’époque la répression augmente.

 

Durant l’ouvrage, la guerre est omniprésente et elle scelle le destin du héros. La répression est finalement assez inefficace. Dans ce que l’on appelle les émotions populaires l’origine est souvent la rumeur, on rencontre aussi une opinion publique embryonnaire.

Pour en savoir davantage, c’est ici.