Mobilisation pour l’Amazonie équatorienne, déchirée entre pétrole et biodiversité
27 02 2013Le gouvernement équatorien met aux enchères jusqu’en mai, onze blocs du sud-est du pays, soit une superficie de 4 millions d’hectares – l’équivalent des Pays Bas. Les réserves de brut y ont été estimées à entre 370 millions et 1,6 milliard de barils. Le socialiste Correa, fraîchement réélu président de la République le 17 février, avait poussé à la reconnaissance des droits de la Terre-mère (surnommée Pachamama dans les cultures indigènes) lors de sa première élection en 2006, allant jusqu’à l’inscrire dans la Constitution deux ans plus tard.
Au nom de la protection de l’environnement, il a par ailleurs décidé de défendre le projet Yasuni ITT (du nom des gisements d’Ishpingo, Tiputini et Tambococha dans l’Amazonie équatorienne), un ambitieux programme visant à renoncer à l’exploitation des gisements renfermés dans la réserve naturelle Yasuni en échange d’une indemnisation internationale de 3,6 milliards de dollars étalée sur douze ans, une somme qui représenterait pour l’Equateur la moitié du manque à gagner.
Le parc, qui s’étale sur 982 000 hectares, renferme en effet l’équivalent de 846 millions de barils de brut, soit pas moins d’un cinquième des réserves du pays. Mais il abrite dans le même temps 696 variétés d’oiseaux, 2 274 d’arbres, 382 de poissons, 169 de mammifères ou encore 121 de reptiles, soit l’une des plus grandes concentrations d’espèces au monde.
Selon des estimations scientifiques, un kilomètre de route entraîne la déforestation d’une centaine d’hectares. Le gouvernement équatorien a calculé que la non-exploitation des gisements de Yasuni permettrait d’éviter l’équivalent de ce que produisent par an par la France.
Malgré tout, l’industrie pétrolière poursuit son implantation, initiée dans les années 1980. Aujourd’hui, l’Equateur, plus petit membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), produit autour de 500 000 barils de brut par jour. Le pétrole est sa principale source de devises.
Il y a quelques mois, la communauté Kichwa de l’île Sani a alors appelé la communauté internationale à protéger la zone. S’en est suivi une pétition qui a dépassé la barre du million de signatures.
D’après Le Monde.

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