Un « colonial tour » dans Paris
1 03 2013L’hôtel de la Marine, le siège de la Caisse des dépôts et consignations, le quartier de la Goutte d’Or… la première édition du « Colonial tour » s’est écartée des circuits touristiques traditionnels de la capitale. A la manœuvre, Louis-Georges Tin, le président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN).
Pour lancer la huitième édition de la Semaine anticoloniale et antiraciste, il a imaginé ce tour conduisant une vingtaine de journalistes devant des lieux emblématiques et parfois méconnus de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. Le départ a lieu place des Victoires où se réunissait à la fin du XVIIIe siècle la société des colons de Saint-Domingue. Les historiens Pascal Blanchard ou Gilles Manceron, auteur de Marianne et les colonies (La Découverte), jouent les guides pour ce tour de la mémoire.
Non loin de là, rue Vivienne, se trouvait le siège de la Compagnie des Indes. Fondée en 1664, la Compagnie était l’un des acteurs du commerce esclavagiste dans l’océan Indien. Le bus s’arrête devant l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde. « C’est là qu’était géré le système colonial », signale l’historien Marcel Dorigny. Auteur d’un atlas de l’esclavage, il prépare actuellement un livre sur le Paris colonial.
« On aurait également pu aller à Vincennes pour se remémorer les expositions coloniales et les zoos humains qui étaient mis en place à Paris pour divertir et raconter les colonies », lance l’historien Pascal Blanchard devant les Invalides. Si les organisateurs ont choisi de stationner devant le monument qui abrite le tombeau de Napoléon Bonaparte, c’est parce qu’« il avait rétabli l’esclavage en 1802 », souligne Louis-Georges Tin. « A La Réunion, il y a une expression qui dit : ‘Vos héros sont nos bourreaux.' »
D’après Le Monde.

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