Chine et Afrique : où en sont vraiment les relations ?
30 03 2013Le président chinois Xi Jinping a entamé vendredi 29 mars la dernière étape de sa tournée africaine à Brazzaville, en République du Congo. Durant les deux jours, il devrait signer des accords, notamment pour le financement de plus de 500 km d’autoroute entre Brazzaville et la capitale économique Pointe-Noire. La présence chinoise croissante en Afrique provoque polémiques et interrogations en Occident.
Percée chinoise en Afrique ?
L’un des facteurs de l’avancée chinoise en Afrique est le retrait des Occidentaux. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne les entreprises.
Matières premières ?
La Chine achète des matières premières à l’Afrique et lui vend des produits manufacturés. Elle met également la priorité sur les infrastructures, alors que les Occidentaux, non seulement conditionnaient leurs aides et crédits, mais laissaient aux acteurs privés ce genre de projets. Cependant, la structure du commerce bilatéral « n’est pas viable sur le long terme », a mis en garde le président sud-africain Jacob Zuma.
Main-d’oeuvre ?
Les entreprises chinoises ne feraient pas appel à la main-d’oeuvre locale et Pékin en profiterait pour permettre à une partie de sa population de trouver du travail. La Chine se défend en mettant en avant le chiffre de 819 000 Chinois travaillant à l’étranger, la plupart en Afrique. Et surtout en soulignant qu’elle a de plus en plus besoin de la population active à l’intérieur de ses frontières, car le pays vieillit.
Accaparement des terres ?
C’est, selon la plupart des spécialistes des relations sino-africaines, une « légende » nourrie par certains articles. Mais, sur le terrain, les faits ne permettent pas d’étayer la réalité de l’accaparemment de terres par Pékin. Si on regarde la base de données du réseau International Land Coalition (ILC), en Afrique subsaharienne, la Chine est derrière les pays du Golfe et les pays européens. Une enquête effectuée dans plusieurs pays africains par le CIRAD pour le compte de l’AFD confirme cet état de fait, indique M. Gabas. « Si l’accaparement foncier est trop compliqué, les Chinois trouvent une autre solution », relève-t-il. Et quand les projets réussissent, la production est surtout destinée au marché local et régional. « C’est un tremplin pour des secteurs plus stratégiques comme les infrastructures ou les mines », affirme le chercheur du CIRAD.
D’après Le Monde.

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