Où en est la reconversion des sites des JO de Londres ?
1 04 2013Six mois après la fin des Jeux paralympiques, l’énorme reconversion des 226 hectares de la zone est en cours. En 2005, Londres avait obtenu les JO sur une promesse : utiliser l’événement sportif pour entièrement « régénérer » un quartier pauvre de l’est de la ville. L’événement était censé être utile, laissant en lieu et place d’une vieille zone industrielle à moitié désaffectée des installations sportives haut de gamme, des appartements flambant neufs à prix raisonnables et un parc agréable. Une véritable ville nouvelle qui possède son propre code postal, dans laquelle seront construits d’ici à 2030 jusqu’à 11 000 logements supplémentaires, des bureaux, des écoles… Alors, pari réussi ?
Sur le papier, les plans sont bien avancés : tous les stades ont désormais trouvé un usage postolympique. Le centre aquatique et ses deux piscines olympiques seront accessibles à tous, avec des billets d’entrée promis à seulement 5 euros. Le stade de handball va devenir un centre multisport. Point essentiel, le stade olympique a enfin trouvé repreneur : l’équipe de foot de West Ham. Londres évite ainsi de se retrouver avec de grandes infrastructures inutiles. Un succès qu’elle doit à sa prudence initiale : dès le début, les stades avaient été prévus pour être partiellement démontables. le stade olympique va passer de 80 000 à 54 000 places, et la piscine de 17 500 à 2 500 places.
Mais, à la sortie de la station de métro entièrement refaite, le vieux quartier de Stratford se situe sur la droite. Mais la plupart des panneaux pointent vers la gauche, pour conduire en premier lieu dans un immense centre commercial ultramoderne. Construit par la multinationale australienne Westfield, ce temple de la consommation sur quatre étages, qui sert de porte d’entrée au parc olympique, rencontre un succès fou. Le vieux quartier n’en récolte que quelques miettes.
L’autre grande difficulté sera de donner vie au parc olympique. L’endroit, immense, est pour l’instant vide, et il faudra du temps avant de créer un dynamisme local. La reconversion du centre de télévision est en cela typique : si l’entreprise British Telecom a signé un bail pour y installer les studios de ses chaînes de sport dès cet été, le reste du bâtiment n’accueille pour l’heure personne. De même, remplir les nouveaux logements ne sera pas forcément facile. Il faut rendre hommage aux organisateurs pour avoir sérieusement réfléchi à l’après-JO. Mais le pari est loin d’être gagné.
D’après Le Monde.

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