Le président serbe demande pardon pour le massacre de Srebrenica

26 04 2013

Une semaine après avoir paraphé un accord normalisant les relations entre son pays et le Kosovo, ancienne province serbe, le président serbe, Tomislav Nikolic, a franchi un nouveau pas, majeur, sur le chemin de la réconciliation régionale et de l’adhésion à l’Union européenne.

Selon les extraits d’un entretien accordé à la télévision bosnienne, M. Nikolic a demandé pardon au peuple bosniaque pour l’exécution par les troupes serbes de Bosnie, en 1995 à Srebrenica, de près de 8 000 Musulmans. « Je m’agenouille et demande que la Serbie soit pardonnée pour le crime commis à Srebrenica », y déclare le président serbe, au pouvoir depuis mai 2012. Cette déclaration est aussi historique qu’inattendue de la part d’un homme qui a fait l’essentiel de sa carrière politique dans le camp ultranationaliste. En juin 2012, en contradiction avec les conclusions du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et celles la Cour internationale de justice, il avait estimé que le massacre de Srebrenica ne constituait pas un génocide.

le président serbe, M Nikolic.

Sur ce point, l’évolution est minime. Répondant à la journaliste bosnienne qui souligne que, selon toute évidence, il y a bien eu un génocide à Srebrenica, le président serbe assure que « tout ce qui s’est passé en ex-Yougoslavie présente les caractéristiques d’un génocide ». Tout juste sa langue fourche-t-elle lorsqu’il évoque le « génocide » de Srebrenica, avant de se reprendre rapidement : « le crime de Srebrenica ». Les autorités de Sarajevo n’ont pas immédiatement réagi aux propos de M. Nikolic. La volte-face de M Nikolic semble répondre à deux objectifs. Il s’agit d’abord de contribuer à apaiser les légères tensions survenues dans la région depuis le départ de M. Tadic de la présidence serbe. « Mais plus encore qu’à Sarajevo et au reste de la région, ce nouveau discours s’adresse à l’Union européenne », estime, à Belgrade, le politologue M Kaksic. En signant le 19 avril avec le Kosovo un accord formalisant et normalisant pour la première fois les relations entre les deux voisins, la Serbie a obtenu un satisfecit de Bruxelles, la Commission recommandant immédiatement l’ouverture des négociations d’adhésion de Belgrade. Dès lors, le geste consenti envers Sarajevo constitue une nouvelle démonstration de la bonne volonté de Belgrade à s’engager sur la voie de l’Union européenne.

D’après Le Monde.


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