Auschwitz en marionnettes ?

18 09 2013

La proposition peut susciter un certain sentiment d’incrédulité, voire de malaise. La compagnie néerlandaise Hotel Modern l’a osé, pourtant, en un spectacle extraordinaire et bouleversant, Kamp, créé à Rotterdam en 2005 et qui, depuis, ne cesse de tourner dans toute l’Europe.

Kamp, c’est donc le camp d’Auschwitz reconstitué dans ses moindres détails, en une vaste maquette qui occupe l’espace de la scène. Les baraquements, la ligne de chemin de fer, les barbelés, le portail où s’affichaient les mots « Arbeit macht frei » (« Le travail rend libre »), et même les chambres à gaz et les fours crématoires. A l’intérieur, trois mille figurines de 8 centimètres de haut, représentant les déportés et leurs gardiens, manipulées par trois marionnettistes de la compagnie.

Le spectacle montre la machine de mort industrielle à l’œuvre, en une journée « ordinaire », si l’on peut  dire , du camp. Le génie des trois animateurs de la compagnie, Herman Helle, Pauline Kalker et Arlène Hoornweg, c’est d’avoir trouvé, grâce à la marionnette, une forme de représentation à la fois véridique et abstraite, proche et distanciée. Autrement dit, qui peut susciter une forme d’identification retenue et réflexive, loin de toute émotion facile. Un peu comme Art Spiegelman l’a fait avec Maus – mais de manière très différente.

Le deuxième coup de génie des créateurs d’Hotel Modern, c’est la manière dont ils jouent sur le macro et le micro. Le regard du spectateur embrasse à la fois l’ensemble du camp, avec ces figurines qui ont juste la taille nécessaire pour qu’on les distingue depuis la salle, et de multiples détails filmés en direct sur le plateau et projetés sur l’écran de fond de scène, en des images tremblées, nocturnes, spectrales.

En 2014, on pourra voir un peu partout en France La Grande Guerre, autre spectacle remarquable, sur la guerre de 1914-1918, signé par les créateurs d’Hotel Modern.

D’après Le Monde.

Un extrait du spectacle à découvrir  [youtube]http://youtu.be/oCWNQ2g9bLk[/youtube]




Des transactions à la vitesse de l’éclair

18 09 2013

Depuis l’informatisation complète des transactions boursières, l’arme suprême des spéculateurs est la vitesse. Les programmes d’achat et de vente ultrarapides, basés sur des algorithmes toujours plus complexes et tournant sur des ordinateurs toujours plus puissants, sont devenus des outils décisifs.

On assiste à une féroce course à l’armement entre opérateurs. En 2008, plus du quart des transactions boursières aux Etats-Unis ont été réalisées grâce à des algorithmes. Le temps de latence (délai entre l’émission d’un ordre et sa réalisation) est de l’ordre de la milliseconde, et les profits ainsi réalisés se chiffrent en milliards de dollars par an. Les superordinateurs scannent des dizaines de plates-formes en quelques millisecondes, pour détecter les tendances du marché, puis passent des ordres à la vitesse de la lumière, laissant sur place les investisseurs traditionnels, beaucoup plus lents. Ils peuvent aussi détecter le cours plafond fixé par un acheteur (prix au-dessus duquel il arrête d’acheter un titre).

Aussitôt, ils raflent toutes les actions disponibles avant que l’acheteur légitime ait eu le temps d’agir, et les lui revendent plus cher, généralement au cours maximal – c’est-à-dire 1 centime en dessous de son plafond.

D’après Le Monde.