Exposition Félix Vallotton à Paris

6 10 2013

Félix Vallotton (1865-1925) est un artiste unique qui garde sa vie durant un style à la fois très personnel et résolument moderne. Il adopte ainsi des cadrages audacieux et des perspectives aplaties empruntées aux estampes japonaises et à la photographie. Reconnaissables entre toutes, ses toiles se distinguent par des couleurs raffinées et un dessin précis découpant la forme qu’il met également au service de la gravure. Travailleur acharné, il s’essaie à tous les genres : portrait, nu, paysage, nature morte et même peinture d’histoire.

A moins de trente ans, l’artiste a déjà acquis une notoriété grâce à ses gravures sur bois, en noir et blanc, à l’ironie décapante. Il rejoint en 1893 le groupe des Nabis, qui le surnomme « le Nabi étranger ». Anarchiste dans l’âme, il n’aime pas les policiers, ni l’injustice sociale, et n’hésite pas à le montrer par ses illustrations. A sa mort, Vallotton, naturalisé français dès 1900, laissera plus de 1.700 peintures, 250 gravures, des centaines d’illustrations, un nombre « incalculable » de dessins.

Vallotton veut combattre durant la 1ère Guerre mondiale, mais il est jugé trop vieux. En 1917, il participe à une mission sur le front comme peintre aux armées. Tout en restant figuratif dans son principe, son tableau s’organise autour de faisceaux colorés qui s’entrecroisent au-dessus d’une terre en feu envahie par la fumée des incendies et les nuages de gaz. Par-delà le témoignage visuel, Vallotton a cherché à donner une image synthétique de la guerre, d’où, c’est remarquable, toute présence humaine a disparu.