Les déchets électroniques intoxiquent le Ghana
30 12 2013Les cadeaux high tech offerts à Noël vont pousser à la poubelle une ancienne génération d’équipements. Et beaucoup de ces rebuts électroniques termineront dans des décharges à ciel ouvert dans les pays les plus pauvres de la notamment en Afrique.
Une étude, chapeautée par l’ONU prédit que les déchets électroniques mondiaux vont croître d’un tiers d’ici à 2017 pour chaque année une montagne de 65,4 millions de tonnes de détritus – soit près de 200 fois la masse de l’Empire State Building. Le Ghana est l’un des pays les plus touchés.
« Après Noël, beaucoup de ces produits vont arriver ici. Pour l’instant, on dépend du secteur informel pour les trier Les fils électriques vont être brûlés, les polluants se déverser au sol. Les niveaux de plomb, d’arsenic, de cadmium sont très élevés dans les décharges », explique Sampson Atiemo, spécialiste ghanéen des déchets électroniques, qui travaille à Accra, la capitale du pays, au département environnement de la Commission à l’énergie atomique. Joint par téléphone, il prend immédiatement pour exemple le marché d’Agbogbloshie, dans la banlieue d’Accra – véritable catastrophe sanitaire – où se trouve l’une des plus grandes décharges de produits électroniques au monde.
Les enfants, dont beaucoup sont chargés de brûler le matériel pour en récupérer le cuivre et les autres matières premières, sont très exposés. « Les gens ne se sentent pas de responsabilité quand ils jettent leur matériel, s’indigne Margaret Bates, de l’université de Northampton. Et plus personne ne répare rien. Les choses bougeront quand le grand public comprendra ce qu’il en est. » Selon l’étude de mi-décembre, réalisée par StEp (Solving the e-waste problem), un partenariat d’organisations onusiennes, d’industriels, de gouvernements, d’ONG et de scientifiques, 48,9 millions de tonnes de déchets électriques et électroniques ont été jetées en 2012, soit 7 kg par habitant.
Le Nigeria oblige désormais les importateurs de biens électroniques à s’enregistrer, ce qui facilite le suivi des produits. Au Ghana, après cinq années de batailles législatives, une interdiction complète des réfrigérateurs, congélateurs et climatiseurs de seconde main vient d’entrer en vigueur.
D’après Le Monde.

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