Derrière la tempête, la menace de l’érosion du littoral

8 01 2014

A Soulac-sur-Mer (Gironde), une zone particulièrement fragile, l’océan a gagné quatre mètres de dunes ces derniers jours, menaçant à terme quelques habitations dont un immeuble,  désormais à 20 mètres à peine d’une falaise de sable, contre 200 m au moment de sa construction dans les années 1960. Un ballet de camions et de pelleteuses est orchestré depuis la semaine dernière à marée basse pour tenter de protéger la résidence de l’écroulement. Si le littoral est aujourd’hui si vulnérable, c’est en raison de l’élévation du niveau des mers liée au changement climatique, mais surtout des phénomènes d’érosion des côtes et de submersion marines. Aujourd’hui, un quart du trait de côte métropolitain, soit 1 720 km, recule du fait de l’érosion marine, alors que moins d’un dixième « s’engraisse » en gagnant des terres sur la mer.

« L’érosion est un phénomène naturel millénaire qui s’est aggravé ces dernières décennies en raison des activités humaines, explique Sébastien Colas, de l’Observatoire du littoral et de la mer. La région la plus touchée est l’Aquitaine. En Aquitaine, la côte sableuse longue de 238 km, recule ainsi en moyenne de 1 à 3 mètres par an (m/an), avec des pointes de 6 à 10 m/an. Conséquence : les risques de submersion sont en hausse. « Avant, quand les tempêtes touchaient la côte, elles inondaient surtout des marais ou des zones agricoles, note Patrick Bazin. Aujourd’hui, l’urbanisation en dur s’est accélérée sur le littoral avec son attrait grandissant, ce qui a accru les risques d’inondations des habitations et des équipements. »

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Selon le CGDD, 153 000 logements étaient à moins de 250 mètres de côtes en recul en 2006 (en augmentation de 7 % depuis 1999) et 800 000 personnes habitaient en zone basse, essentiellement dans le Nord-Pas-de-Calais. Depuis le passage de la tempête Xynthia, de nouvelles actions ont été menées pour  enrayer l’érosion du trait de côte. Un plan digue a été mis en place en février 2011. Fin décembre 2012, cinq collectivités locales de métropole et d’outre-mer ont également été retenues par un appel à projets du ministère de l’écologie, pour mener des démarches pilotes de relocalisation des activités et des biens menacés par les risques littoraux.  Le problème, c’est qu’au nom d’une loi de 1807, l’Etat n’a pas d’obligation de protéger le trait de côte – même s’il peut se décider à intervenir. Ce sont à ceux des propriétaires qui bénéficient d’une protection de payer.

D’après Le Monde.