Plus d’un milliard de touristes dans le monde

20 01 2014

Le secteur du tourisme mondial s’en sort mieux malgré la crise. Surtout attirés par l’Europe et l’Asie, les touristes voyageant à l’étranger ont été plus nombreux dans le monde en 2013, pour atteindre près de 1,1 milliard. Cela représente une hausse de 5 % selon l’OMT. soit 1,087 milliard de touristes soit 52 millions de plus que l’an dernier.

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L’OMT se montre également optimiste, prévoyant une croissance de 4 à 4,5 % du nombre de touristes cette année. Enfoncée dans la crise, l’Europe a surpris en 2013 en attirant 5 % de touristes de plus qu’en 2012, soit la plus forte croissance en valeur absolue (+ 29 millions) dans le monde, jusqu’au total de 563 millions de visiteurs. « C’est un chiffre particulièrement notable compte tenu de la situation économique régionale mais aussi du fait qu’il part de deux années, 2011 et 2012, d’une solidité considérable », poursuit l’OMT. La région  Asie-Pacifique affiche elle la plus forte croissance relative, avec + 6 % de touristes voyageant d’un pays à l’autre (14 millions), pour arriver au total de 248 millions de visiteurs. Avec ses célèbres plages et trésors culturels, l’Asie du Sud-Est affiche la progression la plus vigoureuse (+ 10 %) au sein de cette région.

L’Afrique a attiré 6 % de touristes internationaux de plus en 2013 (+ 13 millions), jusqu’au « nouveau record de 56 millions » de visiteurs, l’OMT y voyant le« reflet de la reprise en Afrique du Nord (+ 6 %) et de la croissance soutenue enregistrée dans les destinations sub-sahariennes (+ 5 %) ». La croissance a été plus molle dans la région Amérique (+ 4 %). Ebranlé par la crise économique, le tourisme mondial avait vécu en 2009 « sa pire année depuis soixante ans », selon l’OMT, avec une chute de 3,8 % des arrivées de touristes. Il a rebondi de 6,6 % en 2010, puis progressé de 5 % en 2011, et de 4 % en 2012, franchissant alors le cap du milliard de visiteurs.

D’après Le Monde.

 

 




Fukushima : trois ans après où en est-on ?

20 01 2014

Au bord des chemins, au milieu des champs, ou même dans la cour de récréation des écoles. De gros sacs bleus ou noirs, recouverts parfois d’une bâche. Ces « big bags », comme les appellent les Japonais, sont remplis de terre, de feuilles, de branches, de gravats. On y met, pêle-mêle, tout ce qui a été souillé par les retombées radioactives – césium 134 et 137 – de l’accident nucléaire de mars 2011. Chacun en contient une tonne et il y a des millions de ces sacs, disséminés dans des milliers de dépôts plus ou moins improvisés. Un amoncellement de déchets de faible ou moyenne activité, mais qui empoisonnent aujourd’hui la vie des habitants, semant la discorde entre communes, entre voisins, entre membres d’une même famille. Une quarantaine  d’entreprises spécialisées sont aussi intervenues, aux frais de Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima, pour décaper les sols sur cinq à dix centimètres. Mais, dans beaucoup d’autres communes, la décontamination prend du retard.

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A Iitate, un village de 6 000 habitants au nord-ouest de Fukushima, dont toute la population a été évacuée, elle vient juste de commencer. Iitate, explique le maire, Norio Kanno, est divisé en trois zones, en fonction de l’exposition à la radioactivité : verte, jaune et rouge. Selon que l’on vivait dans l’une ou dans l’autre, à un bloc de maisons seulement parfois, « le montant des compensations versées par Tepco est complètement différent ». Une inégalité devant le malheur qui « sème la confusion », crée des rancoeurs et des jalousies. Les volumes de terre et de végétaux à enlever sont vertigineux : entre 15 millions et 55 millions de m3 sans compter les forêts, qui couvrent les trois quarts de la région de Fukushima et qui sont fortement chargées en césium, mais que nul ne songe à raser.

Plusieurs entreposages géants sont prévus, pour remplacer la multitude de dépôts municipaux, avant la création d’un centre de stockage définitif. Mais aucune municipalité ne veut d’une décharge géante, même provisoire. Les tensions sont exacerbées par la disparité des indemnisations accordées par Tepco : « Un million de yens pour les déplacés des régions les plus proches du site nucléaire, 80 000 yens pour ceux qui en étaient un peu plus éloignés, rien pour les autres. » Dans ces conditions, la reconquête des terres perdues s’annonce difficile. Même dans les zones vertes (460 km2), où les villageois peuvent déjà revenir la journée – mais avec interdiction d’y dormir– et où le gouvernement pourrait autoriser le retour définitif l’an prochain. A fortiori dans les zones jaunes (300 km2), qui resteront inhabitables plusieurs années. Quant aux zones rouges (320 km2), elles ne retrouveront pas vie, ou pas avant des décennies.

D’après Le Monde.