Samsung, un Etat dans l’Etat
26 01 2014Souvent on parle de la Corée du Sud comme de la « République de Samsung ». Le puissant chaebol – conglomérat – occupe une place centrale dans son pays, pour le meilleur mais également pour le pire. Car si le succès de ses produits nourrit la fierté nationale, son fonctionnement comme le comportement de ses dirigeants alimentent une défiance réelle.
L’annonce, vendredi 24 janvier, par Samsung Electronics, fleuron d’un groupe qui emploie aujourd’hui plus de 400 000 personnes dans le monde, de ses performances pour 2013 en est l’illustration. De fait, Samsung est présent dans des activités aussi diverses que l’électronique, les services financiers, l’industrie lourde, l’hôtellerie, voire les parcs d’attractions. Ses revenus équivalent à 23 % du produit intérieur brut (PIB) de la Corée du Sud. Et les 89 sociétés incluses dans sa complexe structure capitalistique assurent 13 % des exportations du pays. Enfin, sa capitalisation à la Bourse de Séoul représente 28,5 % de la composition du principal indice boursier Kospi… Quand Samsung tremble, c’est toute l’économie du pays du Matin-Calme qui risque de vaciller. Samsung fascine par sa capacité à s’imposer dans les secteurs les plus innovants.
Le dirigeant actuel, Lee Kun-hee, 72 ans, successeur, en 1987, du fondateur, son père, Lee Byung-chul, a réussi à faire sortir le groupe de sa logique de production massive de produits de qualité moyenne. « Changez tout, sauf votre femme et vos enfants », avait-il lancé en 1993 au personnel du chaebol, ouvrant la porte à l’internationalisation de l’entreprise. En 2011, il a dévoilé les nouveaux objectifs du groupe pour 2020. « La majorité de nos produits d’aujourd’hui auront disparu dans dix ans », affirmait-il, soulignant l’importance de se lancer dans de nouvelles activités axées sur les technologies environnementales et médicales. Certains jugent que le fonctionnement de Samsung, devenu en quelques années le principal rival d »Apple dans la high-tech, reste archaïque. Trop hiérarchisé, avec quelques chefs décidant ce qu’une armée d’exécutants applique avec rigueur. Un « Etat » qui, au final, évoque plus une monarchie qu’une république.
D’après Le Monde.

Commentaires récents