Des projets de téléphérique

9 02 2014

C’est la nouvelle mode. A l’approche des élections municipales, tout le monde veut son téléphérique urbain. Dans le coeur des candidats, le câble a remplacé le tramway, vedette du précédent scrutin. La liste s’allonge tous les jours : Nancy, Poitiers, ou Port-Vendres (Pyrénées-Orientales). Souvent, le projet émane de candidats en mal de notoriété, désireux de donner d’eux-mêmes une image innovante à peu de frais.

Cela fait bientôt dix ans que le téléphérique essaie de descendre des montagnes pour s’installer en ville. Ses partisans, qui s’appuient sur des réussites à Medellín (Colombie) ou Nijni-Novgorod (Russie), parent le câble – électrique, silencieux et sûr – de multiples vertus écologiques. Il permet de  transporter presque 2 000 personnes par heure, certes moins qu’un tramway mais davantage qu’un bus. En outre, ajoutent certains sans le crier trop fort, un téléphérique n’empiète pas sur l’espace voué à l’automobile, contrairement au tramway. Ses défenseurs insistent aussi sur son coût.

 

Les experts, pour leur part, sont moins catégoriques. « Les coûts d’investissement et d’exploitation sont encore difficiles à estimer » car ils dépendent de l’aménagement architectural et des expropriations nécessaires pour implanter les pylônes. En attendant, le téléphérique moderne et urbain tient du serpent de mer, ou plutôt des airs ; on ne parle que de cela mais les travaux n’ont commencé nulle part. Seuls trois projets tiennent vraiment la corde. A Brest, le câble qui traversera la Penfeld, une rivière encaissée, doit être mis en service fin 2015. A Toulouse, l’aérotram reliera un centre de recherche médicale, un CHU, et une université. Dans le Val-de-Marne, le « Téléval » surplombera un entrelacs de rocades autoroutières et de noeuds ferroviaires entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges.

 

D’après Le Monde.