Le « David » de Michel-Ange menace de s’écrouler

5 05 2014

Le musculeux David de Michel-Ange, incarnation de l’idéal masculin de la Renaissance italienne et symbole de la ville de Florence, menacerait de s’effondrer sous son propre poids. Pas celui qui se dresse actuellement devant le Palazzo Vecchio, à Florence, qui en est une réplique, mais l’original, dévoilé en 1504 et abrité depuis 1873 à l’Académie des Beaux-Arts, la Galleria dell’Accademia.
La sculpture en marbre blanc de Carrare de plus de 5,5 tonnes et de 5 mètres de haut souffrirait de « micro-fractures » dans les jambes, et notamment dans sa cheville gauche, explique le quotidien italien La Repubblica. La souche d’arbre sculptée qui apparaît au pied du colosse et supporte en grande partie le poids de la statue serait également touchée par ces craquelures, selon les résultats d’une étude récente du Conseil national de recherche italien et de l’université de Florence.
Après une série de tests réalisés avec des répliques en plâtre de 10 cm, les scientifiques ont également diagnostiqué une faiblesse aux chevilles, qui seraient trop fines pour supporter le colosse. Les fisssures qui ont été recouvertes de plâtre au fil du temps ont d’ailleurs tendance à réapparaître.
La fragilité de la statue, sculptée par Michel-Ange en trois ans, remonterait à sa conception : elle serait due à la mauvaise qualité du bloc de marbre, à son poids et à sa pose décentrée, rapporte La Gazzetta del Sud. Mais les chercheurs suspectent que les altérations se sont développées lorsque David fut exposé, plus de trois siècles durant, sur la grande place de la ville, la Piazza della Signora, avant d’être remplacé par une copie. La sculpture aurait alors été trop penchée en avant.

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Ce n’est pas le premier ennui de santé de la statue. Elle avait en effet été touchée lors d’une bataille entre le peuple florentin et les troupes des Médicis, en 1527. Son bras gauche s’était alors brisé en trois morceaux, avant d’être restauré une quinzaine d’années plus tard. Au début du XIXe siècle, l’état de dégradation causé par son exposition en plein air avait suscité des inquiétudes. Or, les traitements choisis pour la protéger n’ont fait que l’endommager : encaustique, puis acide chlorhydrique ont détruit sa patine d’origine, d’où le choix de la placer dans un musée.

Aujourd’hui, un tremblement de terre ou les vibrations d’un chantier alentour pourraient lui être fatals, affirment les scientifiques. Ces derniers préconisent de placer la sculpture dans une pièce protégée des tremblements de terre, en sous-sol, ou de la déménager dans un site hors de la ville.
D’après Le Monde.


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