Le parti du nationaliste hindou Narendra Modi a remporté une victoire éclatante en Inde
18 05 2014Ministre en chef de l’État du Gujarat depuis 2001, Narendra Modi, 63 ans, est issu d’une famille pauvre. Vendeur de thé durant son enfance, il devient dès l’âge de 8 ans membre de la Rashtriya Swayamsevak Sangh (Organisation volontaire nationale, RSS), un groupe fondamentaliste hindou. Après un mariage de convenance à l’adolescence, il délaisse sa femme pour se consacrer à temps plein à la propagation des idées du RSS, une tâche qui exige le célibat.
L’organisation le délègue ensuite au Parti du peuple indien (BJP), la branche politique de la famille hindouiste. Il gravit les échelons jusqu’à être nommé à la tête du gouvernement de son État natal. Crédité pour le «miracle économique» du Gujarat, il est réélu pour un troisième mandat en décembre 2012. Graduellement, sa popularité dépasse les frontières du Gujarat.
En juin 2013, le BJP le déclare candidat au poste de premier ministre pour les prochaines élections, malgré l’opposition de certains patriarches du parti qui craignent son autoritarisme. Devant la faiblesse de son adversaire du Congrès, Rahul Gandhi, la campagne électorale se transforme en plébiscite sur le programme et la personnalité de Narendra Modi. Sa victoire retentissante d’hier lui donne les coudées franches pour diriger le pays.

En 2002, des émeutes antimusulmanes éclatent au Gujarat, faisant au moins un millier de morts, principalement parmi la minorité musulmane. Les autorités sont accusées d’inaction, voire de complicité avec les émeutiers hindous. Le ministre en chef refuse depuis d’être tenu responsable ou de s’excuser. En 2012, Modi est blanchi par la justice, mais plusieurs de ses proches collaborateurs sont envoyés en prison.
Son programme pour l’Inde ? : «Les toilettes en premier, les temples plus tard», a lui-même résumé Modi en octobre dernier. En d’autres mots, le développement (la moitié des Indiens n’ont pas accès à des installations sanitaires adéquates) doit passer avant l’hindouisation de la société.
«C’est un administrateur très efficace, très orienté sur l’entrepreneuriat et les investissements. Il a su éradiquer la corruption [au Gujarat] et diminuer la bureaucratie». Modi a d’ailleurs obtenu l’appui de plusieurs grands industriels du pays. Ses détracteurs croient toutefois que si jamais le nouveau premier ministre n’arrive pas à relancer l’économie, il pourrait se tourner vers son «plan B», l’hindouisation.
Avec 283 sièges sur 543, le Parti du peuple indien (BJP) est la première formation depuis 1984 à obtenir à elle seule une majorité à la Lok Sabha (Chambre basse).
D’après lapresse.ca
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