Sous quelle forme conserver le Colisée ?

5 11 2014

Les 6 millions de touristes qui visitent chaque année le Colisée à Rome peuvent le voir éventré, avec une vue plongeante sur ses sous-sols, tel que les fouilles systématiques des XIXe et XXe siècles l’ont laissé. Nulle trace ne subsiste de ce qui fut autrefois l’arène de 83 mètres de long sur 48 mètres dans sa plus grande largeur, qui le recouvrait et sur laquelle combattaient les gladiateurs. La construction du Colisée, ou l’amphithéâtre Flavien, s’est achevée en 80. Le plus grand amphithéâtre sous l’Empire romain (188 mètres sur 156, pour une hauteur de 48,50 mètres).
   
Partant du principe qu’on est prié de « laisser les lieux dans l’état où on les a trouvés », un archéologue, a suggéré de remettre le Colisée tel qu’il était, il y a encore un siècle lorsqu’une piste de sable recouvrait ses entrailles. Sa proposition a été relancée par un tweet dominical du ministre de la culture, Dario Franceschini. « L’idée de Manacorda, écrit-il, me plaît beaucoup. Il suffit d’un peu de courage ». Et d’un peu d’argent, pourrait-on ajouter alors que l’amphithéâtre Flavien, construit en l’an 72 de notre ère, ne doit sa restauration en cours qu’à la générosité de l’entrepreneur Diego Della Valle, le patron de la marque Tod’s.

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L’hypothèse de restituer un jour au Colisée sa scène originelle a ses partisans et ses contempteurs. Parmi les premiers, Giuliano Volpe, le président du conseil supérieur des biens culturels qui imagine déjà qu’on pourrait y jouer des spectacles, pendant que les visites continueraient dans les sous-sols rendus à leur obscurité subjective. Pourquoi d’ailleurs ne pas y reconstruire les « ascenseurs » à poulies qui permettaient de faire monter les fauves sur la piste ? En revanche, pour l’historien Tomaso Montanari, seule l’exposition permanente de l’hypogée permet au visiteur contemporain de se faire une idée de la « complexité » du monument et de « sa destination ». Il voit déjà avec horreur, se construire des gradins qui permettront aux spectateurs d’assister aux futurs spectacles de « sons et lumières de piètre qualité ».

D’après Le Monde.