La pollution à Paris aussi nocive que le tabagisme passif

24 11 2014

L’image a de quoi faire frémir : le 13 décembre 2013, les rues de Paris étaient aussi polluées qu’une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs. La capitale subissait alors un épisode de pollution extrêmement dense, dû au trafic routier, au chauffage au bois et aux activités industrielles. A 18 heures, le ciel était chargé de 6 millions de particules très fines par litre d’air, 30 fois plus que la normale. L’atmosphère pour un Parisien était assimilable à du tabagisme passif.
Les particules ultra-fines, dont le diamètre est inférieur à 0,1 micromètre, sont extrêmement nocives pour la santé humaine, car elles pénètrent profondément dans les poumons, entrent dans la circulation sanguine et peuvent atteindre les vaisseaux du cœur.
Les particules sont classées depuis 2012 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme cancérogènes. L’OMS estime que plus de 2 millions de personnes dans le monde meurent chaque année du fait de l’inhalation de particules fines présentes dans l’air intérieur et extérieur – parmi les 7 millions de décès dus à la pollution globale de l’air.

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Malgré leur dangerosité, aucun seuil réglementaire d’émissions n’a été encore fixé pour les nanoparticules. Seules les plus grosses, les PM10, sont encadrées : depuis 2008, la directive européenne sur la qualité de l’air impose de ne pas dépasser 50 microgrammes par mètre cube d’air pendant plus de trente-cinq jours. La France, qui ne respecte pas ces normes, fait l’objet d’un recours devant la Cour de justice de l’Union européenne.

La lutte contre la pollution passe par l’éradication des moteurs diesel – l’une des principales sources de particules fines – dont la nocivité a été reconnue par l’OMS dès 1988. Pendant des années, malgré les alertes, la France a subventionné l’achat de ce type de moteur. Résultat, le pays compte le parc automobile le plus « diésélisé » au monde (61 %). La pollution de l’air n’est cependant pas une spécificité française.
D’après Le Monde.




Une nouvelle « route de la soie »

24 11 2014

Le 18 novembre, un train de fret est parti de la ville de Yiwu dans l’est de la Chine pour rejoindre Madrid 21 jours plus tard en passant par l’Asie centrale, ce qui en fait la ligne de chemin de fer la plus longue en service (13.000 kilomètres). La ville de départ est une place de marché où se négocient de nombreuses marchandises de petite taille produites dans les usines chinoises.
L’ouverture de cette ligne s’intègre dans un vaste plan de soutien étatique aux infrastructures et à la logistique de plusieurs milliards pour améliorer le transport de marchandises et d’énergie, plan qui porte le nom grandiloquant de « Nouvelle route de la soie ». Comme les caravanes qui emprutaient la route mythique, la nouvelle ligne de fret traverse le Kazhakstan, pays qui investit plusieurs milliards dans cette route pour réduire encore le temps de trajet. 

fret

Cette route commerciale moderne passe par un village près de Chongqing entouré d’entrepôts où les ordinateurs portables de Hewlett Packard et les produits Apple fabriqués par son sous-traitant Foxconn attendent, entre autres produits, d’être expédiés. Une ligne directe reliant Chongqing à Duisburg, en Allemagne, est par ailleurs déjà en service depuis 2011. La Chine veut ainsi progressivement gagner son autonomie dans le transport, secteur dominé par des entreprises occidentales.
L’expédition de marchandises par la mer est certes bien moins chère que le fret, mais à mesure que les usines chinoises se déplacent dans les terres, le temps du voyage en bateau s’est allongé pour approcher les 60 jours : une éternité pour expédier le dernier iPad, comme le note The Economist, alors que l’acheminement par rail prendra deux semaines.
Le magazine note que ce projet répond également à une demande croissante des Chinois pour les produits de luxe européens, qui pourront être expédiés au retour.

Les projets d’infrastructures du gouvernement chinois sont souvent pharaoniques, comme celui, annoncé en mai par la presse chinoise bien qu’encore à l’état de simple suggestion, qui consiste à percer un tunnel de 200 kilomètres sous le Pacifique pour relier le pays aux Etats-Unis en deux jours en train. 
D’après Slate.fr