Les Foodcowboys
7 12 2014Il y a deux ans, Richard Gordon était transporteur routier. Son frère, Roger, dirigeait une association. Aujourd’hui les deux frères sont à la tête d’une petite entreprise aux Etats-Unis. Grâce à Foodcowboys, ils vivent de la lutte contre le gaspillage alimentaire.
Leur gagne-pain consiste à mettre en relation des acteurs de la chaîne alimentaire qui s’apprêtent à jeter de la nourriture avec ceux qui en ont besoin. Via une application mobile, producteurs, grossistes, chaines de restauration, supermarchés ou transporteurs renseignent les « cowboys de la nourriture » sur les denrées dont ils disposent et sous combien de temps ils veulent s’en débarrasser. L’entreprise repère alors la banque alimentaire ou l’association la plus proche ayant la capacité de recevoir et de gérer ce stock.
Lorsqu’il était transporteur, Richard a dû jeter d’importantes livraisons car elles lui avaient été refusées. « Je n’avais juste pas d’autres solutions », explique-t-il au magazine américain The Economist. Des tonnes de nourriture partent ainsi à la poubelle pour une date de péremption trop proche ou un aspect qui ne correspond pas aux standards esthétiques de la grande distribution.Les deux frères font donc en sorte qu’il soit plus pratique, plus rentable et plus rapide pour les entreprises de faire don d’une cargaison que de la gâcher. « Le gaspillage alimentaire n’est pas une fatalité. »
Si leur entreprise ressemble à une association, elle n’en est pas moins rentable. Pour accéder au service, les entreprises s’acquittent d’un abonnement. Et pour les inciter à le faire, Foodcowboys a un argument de poids : des déductions fiscales. Chaque don permet de récupérer un peu d’argent. Toujours mieux que de payer l’accès à une décharge.Les associations contribuent aussi au succès financier de Roger et Richard. Mais elles y trouvent aussi leur compte. Pour chaque kilo de denrées reçues, elles versent une vingtaine de centimes à Foodcowboys. Soit environ un tiers de ce qu’elles déboursent habituellement pour collecter et acheminer des stocks.En deux ans, l’entreprise a sauvé plus de 500 tonnes de produits comestibles d’une fin certaine à la décharge.
D’après Le Monde.

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