Les rapports hommes femmes : une étude de l’INED

10 12 2014

Aujourd’hui, dans les jeunes générations, les femmes sont désormais plus diplômées que les hommes. À la sortie du système éducatif, 31 % des femmes ont obtenu un diplôme de niveau bac + 3 ou plus contre 24 % des hommes en 2009-2011 Cependant, l’école, comme d’autres espaces de socialisation des enfants, reste un lieu de production d’inégalités de genre. Les garçons sont très largement majoritaires dans les filières de prestige aux débouchés plus nombreux et plus rémunérateurs, alors même qu’ils connaissent davantage de difficultés scolaires que les filles.

Sept ans après la sortie du système éducatif, les écarts de salaire entre les sexes varient de 8 % à 18 % selon le niveau de diplôme, toujours au détriment des femmes. À titre d’exemple, pour les titulaires d’un bac, le salaire féminin est 13 % inférieur à celui des hommes.

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Les femmes assument davantage les tâches domestiques et parentales, y compris au sein des couples sans enfant où les deux conjoints travaillent, et les différences se creusent dès l’arrivée des enfants. Les hommes ont certes accru leur implication auprès de leurs enfants au fil du temps, mais même dans les jeunes générations ils leur dédient encore moitié moins de temps que les mères.
Le nombre moyen de partenaires sexuels que les femmes disent avoir eus dans leur vie a plus que doublé entre 1970 et 2006 (de 1,8 à 4,4). Celui des hommes, plus élevé (11,6), n’a pas changé. Il est plus facile aujourd’hui pour les femmes d’avoir une vie sexuelle diversifiée et de le dire. L’idée que l’homosexualité est une « sexualité comme une autre » est désormais majoritairement approuvée, mais davantage par les femmes (60 %) que par les hommes (49 %) et par les jeunes (66 % chez les 18-24 ans) que par les plus âgés (36 % chez les 60-69 ans). Toutefois, envisagée en pratique, l’homosexualité suscite plus de réticences : même dans les jeunes générations (25-34 ans), 59 % des hommes et 41 % des femmes considèrent que cela leur poserait un problème « si l’un de leurs enfants leur déclarait qu’il est homo- sexuel ». C’est la cause principale de la surexposition des jeunes homosexuels aux risques de dépression et de suicide. Les hommes sont agressés dans la rue et les femmes dans la rue, la famille et le couple.
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Les femmes vivent plus longtemps mais en plus mauvaise santé. Les femmes ont longtemps davantage profité que les hommes des progrès en matière d’allongement de la vie. Jusqu’aux années 1990, l’écart entre leurs espérances de vie n’a cessé de se creuser, atteignant 8,3 ans. La tendance s’est alors renversée, l’écart n’était plus que de 6,3 ans en 2013 (soit des espérances de vie respectivement de 85,0 ans et 78,5 ans). Ce changement résulte de l’adoption par les hommes d’attitudes favorables à la santé jusque-là plus féminines (hygiène de vie, régime alimentaire…). Il tient également à la diffusion chez les femmes de certains comportements et d’expositions préjudiciables à la santé, jusque-là plutôt masculins, comme le tabagisme.

C’est à découvrir ici en détails.