Se battre au Moyen Age : voilà comment !
15 12 2014Daniel Jaquet pourfend tous ces clichés sur les combats au Moyen Age. La vidéo se décompose en deux parties. La première montre la mobilité du chevalier en armure, et la seconde explique les différentes techniques de combat, reconstituées d’après un corpus de 52 manuscrits traitant du combat en armure, qui couvrent de la fin du 14e siècle jusqu’à la première moitié du 16e.
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L’armure ne contraint que très peu la mobilité « Je me suis débrouillé pour lever des fonds et faire construire l’armure que je porte dans cette vidéo, en utilisant des techniques les plus proches possibles de celles de l’époque », explique Daniel Jaquet. Cette carapace de métal a donc été fabriquée en acier « doux » c’est à dire sans traitement préalable, et avec un taux de carbone comparable à celui que l’on trouve dans les armures d’époque exposées dans les musées. Puis, cet acier a été battu à froid avant d’être chauffé puis trempé. « Au final, l’armure ainsi que les vêtements de maille et de tissu portés dessous pèsent 35 kilos », chiffre le chercheur. « Mais comme ce poids est extrêmement bien réparti sur tout le corps, la charge que cela représente n’est pas très différente de celle que porte un pompier équipé de sa combinaison anti-feu, ou de celle d’un soldat avec son gilet pare-balle sur le champ de bataille » rappelle le chercheur. Et comme on le voit dans la vidéo, le chevalier en armure n’avait aucun mal à se relever depuis une position allongée, et était tout à fait capable de grimper à une échelle. On peut même en voir un dans cette autre vidéo chuter de cheval et se relever presque instantanément. Pour les joutes en revanche, certaines parties de l’armure étaient rajoutées de manière à mieux protéger le cavalier des puissants impacts de lance et des chutes. L’armure pouvait alors peser jusqu’à 40 kilos mais les phases d’affrontement étaient beaucoup plus courtes », raconte le chercheur.

Les chevaliers tiennent leur épée à deux mains, une sur la garde, l’autre sur la lame. « Cela permet d’améliorer considérablement la précision des coups d’estocs qui visent les parties du corps non protégées par l’armure », raconte Daniel Jaquet. « C’est notamment à cet effet que les épées n’étaient pas affutées sur tout le long de la lame mais uniquement sur son dernier segment.
On est donc bien loin de l’imagerie épique et spectaculaire des films dans lesquels les héros sèment les membres et les têtes de leurs ennemis en armure à grand coups de moulinets d’épée. Le combat au 15e siècle comportait 5 phases et pouvait s’achever à tout moment en une fraction de seconde. On notera enfin que si l’épée est couramment représentée comme l’outil de prédilection du chevalier, ce n’est que l’une des quatre armes que le guerrier doit savoir manier. Les autres étant la lance, la dague et surtout l’arme reine dans les combats armure contre armure : la hache. Une arme terriblement efficace pour déformer les pièces de métal de l’armure et en fausser les pièces pour gêner le mouvement ou la vision de l’ennemi.
D’après Sciences et Avenir.
Pour en savoir encore plus, c’est ici.
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Catégories : Thème 4 : Sociétés et cultures médiévales

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