De quoi meurt-on dans le monde ?

18 12 2014

L’homme vit toujours plus vieux, et ce partout dans le monde. L’espérance de vie mondiale a progressé d’un peu plus de six années entre 1990 et 2013, passant de 65,3 à 71,5 ans.
Le principal résultat, c’est donc que nous vivons plus longtemps, femmes (74,3 ans, 6,6 ans de plus depuis 1990) comme hommes (68,8 ans, 5,8 ans de plus). Une longévité qui s’est particulièrement accrue dans une dizaine de pays en développement, tels que le Népal, le Rwanda, l’Ethiopie, le Niger ou l’Iran, qui ont gagné plus de douze ans. Seule exception : le sud du continent africain (Afrique du Sud, Botswana, Namibie, etc.), où les ravages du sida ont amputé l’espérance de vie de cinq ans en moyenne et restent la première cause de décès prématurés.
Partout ailleurs, la mort intervient de plus en plus tard, sous l’effet du recul de certaines maladies chroniques dans les pays développés (la plupart des cancers ont diminué de 15 % et les maladies cardio-vasculaires de 22 % en vingt-trois ans) et celle des maladies infectieuses dans les pays en développement (maladies diarrhéiques, tuberculose ou pathologies néonatales). La mortalité infantile, en particulier, a quasiment été divisée par deux, passant de 7,6 millions d’enfants de moins de cinq ans morts en 1990 à 3,7 millions en 2013.
Si les trois premières causes de décès sont toujours les mêmes depuis 1990 (infarctus du myocarde, accidents vasculaires-cérébraux (AVC) et affections pulmonaires), un certain nombre de pathologies ont vu leur taux de mortalité augmenter : le cancer du foie causé par l’hépatite C (hausse de 125 %), la maladie d’Alzheimer, les maladies liées à l’usage de drogues (+ 63 %), l’insuffisance rénale chronique ou encore le diabète.
Nous sommes passés d’une prédominance des maladies infectieuses à un poids majoritaire de celles non transmissibles, sous l’effet du vieillissement de la population et des avancées dans le domaine sanitaire.  Un bilan qui ne tient toutefois pas compte de l’épidémie d’Ebola, qui a fait près de 7 000 morts en Afrique de l’Ouest.

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Au-delà des maladies, les accidents de la route (7e cause de mortalité au monde), les violences et les conflits tuent toujours énormément. La guerre est par exemple la première cause de décès prématurés en Syrie, avec 30 000 morts estimés en 2013. En Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique du Sud, les violences entre personnes sont parmi les cinq premières raisons de perdre la vie, et même la première en Colombie, au Venezuela et au Salvador.
En France, comme dans le reste du monde, l’espérance de vie connaît une hausse de 4,6 ans depuis 1990. Un bilan positif qui masque toutefois une réalité : un Français sur cinq meurt avant 65 ans. En cause : infarctus et AVC, comme en 1990, mais aussi maladie d’Alzheimer, dont la mortalité a doublé en vingt-trois ans, les cancers du poumon (+ 49 %) et les diabètes (+ 70 %).
« La progression de ces pathologies s’explique en partie par le vieillissement de la population, mais également par les conditions de vie : tabagisme et alcoolisme, hypertension artérielle, cholestérolémie, sédentarité et alimentation mal équilibrée, indique François Alla, professeur en santé publique à l’université de Lorraine et au CHU de Nancy. Ce sont des facteurs de risque évitables pour la majorité, grâce à de la prévention. » Et de regretter : « La France a réduit ces budgets avec la crise économique. Elle gagnerait pourtant à investir dans la prévention, pour limiter les dépenses de santé. »
D’après Le Monde.


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