Près de la moitié de la croissance urbaine se fait dans les bidonvilles.

26 01 2015

Le mouvement d’urbanisation galopante que connaît le monde n’est pas prêt de ralentir. Depuis 2008, plus de la moitié de l’humanité vit en ville, selon les Nations unies. Et, en 2050, la planète comptera 6,4 milliards d’urbains, soit plus des deux tiers de la population mondiale qui atteindra alors 9 milliards. Or « 40 % de la croissance urbaine se fait dans les bidonvilles », souligne le rapport du Forum économique mondial de Davos. Ce rapport, qui dresse chaque année la liste des risques qui menacent la planète, consacre pour la première fois un chapitre entier à « l’urbanisation rapide et incontrôlée ».
Sous la pression de la croissance démographique et de l’exode rural, l’urbanisation dans les pays émergents entraîne un étalement urbain peu contrôlé, caractérisé par le développement de quartiers composés d’habitats sommaires, surpeuplés et non reliés aux réseaux d’eau potable et d’assainissement. Selon l’ONU-Habitat, plus d’un milliard de personnes, soit un tiers de la population urbaine, vit dans des bidonvilles. En Afrique subsaharienne et en Asie du Centre et du Sud, ce sont respectivement 62 % et 43 % des urbains qui habitent dans des quartiers précaires.
Ce phénomène de « bidonvillisation » concentre à lui seul plusieurs des risques considérés comme ayant un fort impact pour la planète dans les années à venir : instabilité sociale, épidémies, crise de l’eau, adaptation insuffisante au changement climatique.

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Le risque sanitaire est sans doute l’un des plus préoccupants. L’insalubrité et la densité de certains grands centres urbains favorisent la diffusion rapide de maladies infectieuses, difficiles à contenir et créant un risque d’épidémies internationales. Comme l’a montré l’épidémie du virus H1N1 qui a émergé en 2009 au Mexique ou plus récemment, celle d’Ebola, qui s’est propagé en 2014 à une vitesse fulgurante en Afrique de l’Ouest, tout particulièrement au Liberia, en Guinée, en Sierra Leone, où les bidonvilles ont été fortement touchés.
Les grandes métropoles sont aussi particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Selon le rapport, quinze des vingt mégapoles (comptant plus de 10 millions d’habitants) au monde sont situées en zones côtières, menacées par la hausse du niveau de la mer et les cyclones. La surpopulation et la faiblesse des infrastructures ne font souvent qu’accentuer les risques de catastrophes naturelles à l’origine d’importants dommages. « Les villes doivent non seulement s’adapter au changement climatique, elles ont aussi un rôle majeur à jouer pour en limiter les effets », insistent-ils. Le développement urbain tend à produire d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES), le béton et les matériaux servant à la construction des habitations et des infrastructures ayant une forte empreinte carbone. La croissance économique et l’urbanisation des pays en développement sont déjà aujourd’hui à l’origine chaque année des deux tiers des émissions de GES.

D’après Le Monde.


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