La carte de la qualité de vie dessine une France de l’Ouest privilégiée

9 10 2014

Peut-on mesurer le bonheur avec des chiffres?? Faut-il prendre en compte le taux de chômage, le pourcentage de succès au bac, les revenus moyens, la distance du domicile au travail, la mortalité??
Les experts de l’Insee se sont penchés sur la qualité de vie dans les territoires. Ils ont défini 27 indicateurs très larges, (accessibilité aux équipements, à la culture, aux sports, aux loisirs, les niveaux de diplôme, l’écart entre les salaires femmes-hommes, les revenus…) et les ont appliqué à l’échelle de 2.677 lieux de vie de France métropolitaine.
Leur conclusion est, bien sûr, que les territoires qui accueillent en moyenne les populations les plus favorisées cumulent souvent des niveaux de diplôme, des taux d’emploi et des revenus parmi les plus élevés. Ils se situent principalement dans les grandes métropoles. A l’inverse, les zones où se rencontrent les plus grandes difficultés économiques (fort taux de chômage de longue durée, bas revenus, moins bonne insertion professionnelle des plus jeunes) sont d’anciennes régions industrielles et des zones urbanisées du sud de la France. Sans oublier les zones rurales plutôt isolées. Les spécialistes évoquent l’effet «?cumulatif?», tant en positif qu’en négatif.

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Mais les différences de qualité de vie ne sont pas uniquement liées au niveau de richesse ou de qualité de l’environnement. L’Insee met en avant des contrastes sociétaux. «? Dans certaines régions, la cohésion sociale est plus forte à travers une plus grande implication collective dans la vie associative et citoyenne?», souligne-t-elle. Au niveau très local, la part des familles monoparentales est ainsi de 18?% à Paris et Metz, mais 10?% à Decazeville. Et celle des vingt ans ou plus ayant eu au moins le bac atteint 87?% à Paris contre 59?% à Drancy ou 44,2?% à Tonneins. Et si l’on recalcule par départements avec une batterie de 9 indicateurs, arrivent en tête l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire.
L’étude montre aussi que les territoires situés autour des villes moyennes offrent des emplois et des conditions de vie plutôt favorables. Ces territoires se situent dans l’Ouest et le Sud-Ouest et à proximité de certains grands pôles de l’Est.

Le document intégral de l’Insee est à retrouver ici.

D’après Les Echos.




Quelles régions pour demain ?

18 04 2014

Le Monde propose un jeu interactif pour redécouper le territoire français. Vous pouvez supprimer des régions, regrouper des départements avec votre nouveau découpage et même renommer ces nouvelles entités administratives.
Le logiciel recalcule la taille et les principales caractéristiques de vos créations.

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A vous de jouer ici.




Trente cartes pour une nouvelle géographie

27 01 2014

Tel est le sous-titre du livre du géographe Jacques Lévy.

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C’est un livre important qui revient sur plusieurs points. Par exemple, la France est donc urbaine et il faut arrêter de croire l’inverse même si une grande partie des Français continue de se raconter une histoire de cette France rurale éternelle.

L’Etat s’est construit comme un empire dont il doit gérer les composantes alors qu’il faudrait mettre en place une réelle décentralisation.  Il appelle à faire sauter le tabou du fédéralisme. Il propose une articulation du territoire en cinq niveaux. Il va même plus loin en proposant un dispositif pour ce qu’il appelle  » la mise en mouvement des territoires ».

Pour en lire un compte-rendu, c’est ici.




A quoi pourrait ressembler un redécoupage de la France ?

26 01 2014

Qu’est-ce qu’une région?

«Ce qui fait « région », analyse le géographe, ce n’est pas l’institution régionale mais les relations (économiques, sociales, culturelles) entre la capitale régionale et les territoires environnants. Ce sont en fait les grandes villes qui organisent le territoire régional et qui, de plus en plus, tendent à le fédérer.» La proposition de faire évoluer le périmètre et le nombre des régions prolonge donc logiquement la création de treize métropoles françaises au 1er janvier 2015, considérées dans le cadre de la mondialisation comme les centres économiques qui organisent le territoire et produisent la plus grande part de sa richesse:

Pour Jacques Lévy, professeur à l’Ecole polytechnique de Lausanne, directeur du Laboratoire Chôros et auteur de Réinventer la France, le découpage actuel des régions est problématique : «Au-delà des économies liées à des fusions d’institutions, c’est vrai que ces régions ne sont pas cohérentes par rapport à leurs missions, elles devraient coïncider avec ce qu’il appelle un «espace biographique», c’est-à-dire «qui offre des opportunités à l’échelle de la vie d’un individu, pour qu’il puisse développer sa vie individuelle sans avoir besoin de la quitter».

Pour lui, un grand «Bassin parisien» tiré par l’économie de la capitale pourrait intégrer les deux Normandie, la Picardie, une partie des Pays de la Loire, la Champagne-Ardenne, la Bourgogne –moins la Saône-et-Loire, qui rejoindrait plutôt la région Rhône Alpes– et s’étendre jusqu’au Centre. Une grande région Sud-Ouest regrouperait Poitou-Charentes, Limousin et Aquitaine, avec Bordeaux comme capitale, grignotant l’Aude et les Pyrénées-Orientales à la région Languedoc-Roussillon, tandis que l’Auvergne serait rattachée au territoire rhône-alpin. La Lorraine et la Franche Comté fusionneraient, Rennes et Nantes se retrouvent dans une grande région «Ouest Bretagne».

PACA et l’Est de Languedoc-Roussillon pourraient former une grande région Méditerranée, à la condition qu’Aix-en-Provence et Marseille se constituent déjà en métropole. Mais, avertit Jacques Lévy, remanier les limites des territoires est un art qui exige de respecter l’histoire et les identités régionales: «La Corse a peu de ressources, mais une forte identité. Le Nord-Pas-de-Calais, l’Alsace, la Bretagne, sont aussi des régions où la question de l’identité ne peut être ignorée.» Pour Philippe Estèbe, le fait d’agrandir les régions actuelles pose la question de la disparité du territoire: «Des périmètres très larges seraient en même temps peu denses, et gouverner un espace vide ne procure pas de véritable capacité à agir. La question pour moi est moins le périmètre que la ou les fonctions des régions dans le paysage politique. En réalité, on n’a pas besoin de régions partout, de la même façon qu’on n’a pas besoin de départements partout.»

Les départements pourraient se substituer aux régions dans les territoires peu denses et, inversement, ces départements disparaîtraient au profit de métropoles dans les zones très denses, comme dans le Grand Lyon.

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Le géographe Christophe Guilluy, considère lui aussi que «la question n’est pas de supprimer des échelons ou de faire ou non des regroupements, mais de savoir quelle est la pertinence de l’échelle de l’action publique en fonction des réalités économiques et sociales locales ». «La région Île-de-France doit se transformer en « région-métropole » susceptible de rivaliser avec les grandes métropoles mondiales et, inversement, le département apparait comme une échelle pertinente de l’action publique dans bon nombre de territoires ruraux et/ou industriels. En fonction du contexte, l’échelle sera donc la région, le département ou la métropole.»

«Je ne suis pas pour l’idée de supprimer systématiquement les départements. Sur certains territoires, ils restent la seule armature présente», renchérit Béatrice Giblin. C’est le cas, par exemple, dans des petits départements comme la Haute-Marne ou la Haute-Saône, mais aussi dans des territoires denses comme le Nord qui, bien qu’ayant sa métropole avec Lille, conserverait des compétences utiles à la population.

Au final, tous les géographes interrogés sont d’accord sur au moins deux points : l’ère de l’organisation territoriale à la carte est ouverte car les questions doivent être traitées en fonction des spécificités du territoire, et surtout, il ne faut pas, ou plus, découper en comité restreint mais bien partir des aspirations des habitants.

D’après Slate.fr