Le nombre de lieux de rétention nazis en Europe réévalué à la hausse

4 03 2013

Des chercheurs du Holocaust Memorial Museum, aux Etats-Unis, ont publié cette semaine les résultats d’une étude minutieuse des ghettos, lieux de travail forcé, camps de concentration et d’extermination mis en place par les nazis à travers l’Europe. L’ampleur de leurs résultats surprend parmi les spécialistes de l’Holocauste.

Au total, les chercheurs ont recensé et documenté 42 500 sites, de la France à la Russie. La nouveauté de leur travail réside notamment dans l’attention méthodique portée aux sites de petite taille, relève le New York Times : jusqu’à une douzaine de prisonniers pour le camp de Munich-Schwabing, en Allemagne (par comparaison, au plus fort de son activité, le ghetto de Varsovie enfermait 500 000 personnes, selon le centre de recherche américain). A Berlin uniquement, les chercheurs ont identifié environ 3 000 camps et « maisons de juifs », selon la terminologie nazie, et 1 300 à Hambourg.

Au total, cette étude recense 30 000 camps de travaux forcés, 1 150 ghettos juifs, 980 camps de concentration, 1 000 camps de prisonniers de guerre, 500 bordels employant des esclaves sexuelles et des milliers d’autres camps destinés à l’euthanasie de prisonniers âgés, à des avortements forcés, à la « germanisation » de prisonniers ou à leur transport vers des centres d’extermination. Selon les estimations de cette équipe, entre 15 et 20 millions de personnes ont été tuées sur ces sites.

Les deux premiers volumes d’une encyclopédie rassemblant ces données ont été publiés par le musée, situé à Washington.

D’après Le Monde.




Un livre à redécouvrir d’Erika Mann sur l’Allemagne des années 30

21 02 2013

Erika Mann « Quand les lumières s’éteignent »

Dans ce document d’époque, unique en son genre, Erika Mann observe le destin des habitants d’une petite ville allemande, de l’arrivée au pouvoir de Hitler à la toute-puissance du régime nazi. En dix nouvelles entrelacées, toutes basées sur des faits réels, se dresse le tableau d’une société confrontée à la terreur, à la dénonciation et à l’antisémitisme. Parmi les histoires,  celle du commerçant qui falsifie ses comptes car son négoce n’est pas assez rentable et menace d’être fermé ; le riche industriel qui craint d’être considéré comme un traître dès lors qu’il apprend que sa secrétaire, qu’il vient de demander en mariage, est « demi-juive ».

Erika Mann voulait intituler son livre « Faits » car les histoires reposent sur des faits. Elle s’est laissée guider par deux principes : toutes les histoires devaient être typiques et ne pas traiter de crimes atroces, mais plutôt se consacrer aux gens ordinaires. De plus, en se limitant à dix histoires, l’auteur a su rendre le décor sombre dans lequel elles se déroulent. Erika Mann a pensé qu’il ne suffisait pas de retracer le quotidien  d’un « avocat » ou d’ « un hommes d’affaires ». Le lieu est toujours le même : une ville universitaire catholique du sud de l’Allemagne, avec cathédrale et hôpital, commissariat et prison, usine et immeuble. Des ruelles pittoresques et une place du marché moyenâgeuse évoquent l’atmosphère de solidité bourgeoise ou d’aisance typique des petites villes.

Un livre à lire absolument.




La fin de l’URSS

14 02 2013

Pour en savoir plus sur la fin de l’URSS, vous pouvez consulter le site suivant qui s’articule autour d’une chronologie et de biographies.

Cela vous donnera aussi un aperçu général sur l’histoire de l’URSS. Le site permet enfin d’accéder à la biographie de certains dissidents.

C’est à découvrir ici.

 

 

Une autre très bonne approche ici  sous forme de web documentaire;




L’influence des nazis sur l’archéologie

3 02 2013

Nos ancêtres les Germains est le fruit d’une méticuleuse enquête sur l’une des armes politiques du nazisme : l’archéologie. Laurent Olivier montre comment celle-ci s’est très vite structurée, outre-Rhin, comme instrument au service des projets et des idées du national-socialisme. Plus perturbant est le constat que la communauté archéologique allemande a participé très activement à ce projet. Dès la fin des années 1930, plus de 85 % des préhistoriens allemands sont membres du parti nazi. «  Cette politisation massive en fait l’un des corps les plus nazifiés d’Allemagne« , écrit Laurent Olivier.

Dans ses grandes lignes, l’histoire est connue. C’est celle d’une discipline mise au service du projet conquérant de l’Allemagne nazie, quitte à refonder le passé de l’Europe. Comment ? En cherchant à toute force, dans les archives du sol, les traces d’un peuple « indo-germain » venu du nord, vers le IIIe millénaire avant notre ère, pour déferler sur l’Europe et la faire passer de l’époque encore sombre du néolithique à l’âge brillant des métaux.

Il fallait pour cela, dès les années 1930, que les savants allemands nouent des contacts étroits avec leurs pairs des pays voisins, et en particulier les chercheurs français. Le coeur du travail de Laurent Olivier est une plongée dans les rouages de cette compromission, de cette collaboration intellectuelle et scientifique. Avec ses situations, ses correspondances, ses portraits. Le constat qu’il en tire est courageux et amer. C’est celui d’une communauté largement enrôlée dans le projet.

Y a-t-il un héritage ? Reste-t-il aujourd’hui, dans les pratiques ou dans les esprits, des lambeaux de cette racialisation de l’archéologie entreprise par les savants du Reich, avec le concours enthousiaste de leurs collègues français ? Le réflexe est toujours vivace  d’associer une   culture matérielle à une identité ethno-linguistique – le terme est moins inflammatoire que celui de « race » .

D’après Le Monde.