Le boom de l’énergie menace les ressources en eau

23 03 2014

Pour rendre  l’eau accessible – c’est-à-dire la pomper, la traiter, la  transporter, la  distribuer – il faut de l’énergie. Et, pour  fournir de l’énergie, il faut de l’eau, beaucoup d’eau même : 600 milliards de mètres cubes par an. Ces deux ressources sont intrinsèquement liées « pour le meilleur et pour le pire », prévient l’ONU dans son cinquième rapport mondial sur « La mise en valeur des ressources en eau.

Les Nations unies ont décidé de se concentrer sur l’interdépendance eau-énergie, annonçant des « défis majeurs. Certes, l’agriculture reste de loin l’activité la plus consommatrice d’eau puisqu’elle capte 70 % de la ressource, à comparer aux 10 % destinés aux usages domestiques. Mais cette proportion pourrait diminuer à condition, insistent les spécialistes, de  réaliser des progrès dans l’irrigation notamment, pour  limiter les gaspillages. En revanche, croissance mondiale oblige – démographique et économique –, l’industrie est appelée à  peser de plus en plus lourd sur les prélèvements hydriques. Or les trois quarts des 20 % d’eau qui lui reviennent servent à  produire de l’énergie.

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Qu’il s’agisse d’extraire charbon, gaz, pétrole ou d’irriguer maïs et colza destinés à être transformés en agrocarburants, ou encore de refroidir des centrales thermiques et nucléaires qui fournissent 80 % de l’électricité mondiale, l’industrie va devoir composer avec une ressource qui se raréfie. Dans plusieurs régions du globe, des nappes phréatiques ont vu leur niveau baisser ou leurs eaux devenir saumâtres.

Dans le monde, absence d’eau et d’énergie se cumulent souvent. 50 milliards de dollars par an (36 milliards d’euros) seraient nécessaires pour que chacun ait l’électricité. Il faudrait le double pour que chacun ait accès à l’eau.

D’après Le Monde.




Keystone, l’oléoduc qui embarrasse Obama

4 02 2014

L’oléoduc Keystone XL, qui doit permettre d’acheminer chaque semaine des millions de barils de pétrole extrait des sables bitumineux, du  Canada vers le Golfe du Mexique, soulève des questions économiques et environnementales, alors que le président américain Obama pressé par les républicains, doit prochainement se prononcer sur son avenir.

Qu’est-ce que Keystone XL ?

C’est un projet d’oléoduc géant entre le Canada et les Etats-Unis, lancé en 2008. D’un coût de 4 milliards d’euros, il a pour objectif d’acheminer 830 000 barils par jour de brut extrait des sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries texanes du golfe du Mexique.

Son tracé, d’une longueur d’environ 1 900 km dont 1 400 km sur le territoire américain, doit relier Hardisty (Alberta) à Steele City (Nebraska) avec des connexions vers d’autres pipelines existants ou en projet. Le but est de raccourcir de moitié le trajet actuel de l’oléoduc Keystone qui relie depuis 2010 l’Alberta à des terminaux pétroliers dans l’Illinois.

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Quels risques pose-t-il pour l’environnement ?

Les écologistes critiquent toujours les risques de pollution des nappes phréatiques en cas de fuite, mais également l’origine du pétrole acheminé. Les sables bitumineux de l’Alberta, ces poches de pétrole non conventionnel visqueux et lourd, nécessitent une extraction bien plus énergivore et consommatrice d’eau que les hydrocarbures traditionnels. Surtout, elle génère un grand volume de gaz à effet de serre.

Quelles seront ses retombées économiques ?

En transportant 830 000 barils de brut par jour, Keystone XL permettrait de réduire la dépendance énergétique américaine de 40 % envers le Venezuela et le Moyen-Orient. Les opposants, eux, disent que Keystone n’aura aucun impact sur l’autonomie énergétique des Etats-Unis car la majorité du pétrole acheminé vers les raffineries sera en réalité exporté vers l’Europe et l’Amérique Latine.

Où en est le projet ?

TransCanada a annoncé, le 22 janvier, le début de l’exploitation du tronçon sud de l’oléoduc, entre l’Oklahoma et les raffineries du Texas. Cette portion de l’oléoduc, longue de 780 km et située entièrement en territoire américain, ne faisait pas l’objet de controverses importantes.

D’après Le Monde.




Fukushima : trois ans après où en est-on ?

20 01 2014

Au bord des chemins, au milieu des champs, ou même dans la cour de récréation des écoles. De gros sacs bleus ou noirs, recouverts parfois d’une bâche. Ces « big bags », comme les appellent les Japonais, sont remplis de terre, de feuilles, de branches, de gravats. On y met, pêle-mêle, tout ce qui a été souillé par les retombées radioactives – césium 134 et 137 – de l’accident nucléaire de mars 2011. Chacun en contient une tonne et il y a des millions de ces sacs, disséminés dans des milliers de dépôts plus ou moins improvisés. Un amoncellement de déchets de faible ou moyenne activité, mais qui empoisonnent aujourd’hui la vie des habitants, semant la discorde entre communes, entre voisins, entre membres d’une même famille. Une quarantaine  d’entreprises spécialisées sont aussi intervenues, aux frais de Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima, pour décaper les sols sur cinq à dix centimètres. Mais, dans beaucoup d’autres communes, la décontamination prend du retard.

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A Iitate, un village de 6 000 habitants au nord-ouest de Fukushima, dont toute la population a été évacuée, elle vient juste de commencer. Iitate, explique le maire, Norio Kanno, est divisé en trois zones, en fonction de l’exposition à la radioactivité : verte, jaune et rouge. Selon que l’on vivait dans l’une ou dans l’autre, à un bloc de maisons seulement parfois, « le montant des compensations versées par Tepco est complètement différent ». Une inégalité devant le malheur qui « sème la confusion », crée des rancoeurs et des jalousies. Les volumes de terre et de végétaux à enlever sont vertigineux : entre 15 millions et 55 millions de m3 sans compter les forêts, qui couvrent les trois quarts de la région de Fukushima et qui sont fortement chargées en césium, mais que nul ne songe à raser.

Plusieurs entreposages géants sont prévus, pour remplacer la multitude de dépôts municipaux, avant la création d’un centre de stockage définitif. Mais aucune municipalité ne veut d’une décharge géante, même provisoire. Les tensions sont exacerbées par la disparité des indemnisations accordées par Tepco : « Un million de yens pour les déplacés des régions les plus proches du site nucléaire, 80 000 yens pour ceux qui en étaient un peu plus éloignés, rien pour les autres. » Dans ces conditions, la reconquête des terres perdues s’annonce difficile. Même dans les zones vertes (460 km2), où les villageois peuvent déjà revenir la journée – mais avec interdiction d’y dormir– et où le gouvernement pourrait autoriser le retour définitif l’an prochain. A fortiori dans les zones jaunes (300 km2), qui resteront inhabitables plusieurs années. Quant aux zones rouges (320 km2), elles ne retrouveront pas vie, ou pas avant des décennies.

D’après Le Monde.




La situation energétique en 2030

8 03 2013

Voici quelques notes sur la vidéo vue ensemble tirée de l’émission  » Le dessous des cartes » sur Arte.

2030

N’oubliez pas d’identifier les facteurs puis les exemples et enfin les lieux.